Archives de catégorie : GV

Histoire d’une épidémie en 1885 au Guilvinec

A lire : un article datant de 1892 particulièrement éclairant sur une terrible épidémie au travers du rapport de Henri Monod, tout juste nommé Préfet du Finistère en 1885.

Le département du Finistère ne se distingue pas seulement par sa position géographique toute spéciale, il offre à l’économiste un spectacle curieux. C’est un des trois départements de France où la mortalité est la plus élevée et un des trois où l’excédent des naissances sur les décès est le plus fort. Nulle part la misère n’est plus grande et nulle part elle n’est supportée avec plus d’insouciance, on pourrait dire d’inconscience. L’instruction, l’assistance publique, l’hygiène sont rudimentaires. Par contre avons-nous besoin d’insister? la consommation de l’alcool y est effrayante.

On comprend qu’un pareil terrain soit propice aux épidémies. Toutes les épidémies de choléra qui se sont abattues sur la France ont frappé le Finistère et, en certaines communes, terriblement. Le Guilvinec est de celles-là.

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Une famille de 147 enfants …

En 1908, on peut lire dans le journal Le Finistère un article consacré à une situation exceptionnelle : celle d’une famille particulièrement nombreuse vivant dans le port de pêche du Guilvinec !

« Au Guilvinec vit une vénérable veuve, Mme Le Cléac’h, âgée de 87 ans, dont le nombre des enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et enfants des arrière-petits-enfants s’élève au nombre de 147.

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La Marie Catherine

La Marie Catherine est une chaloupe armée au quartier maritime de Quimper, syndicat de Pont-l’Abbé, allant au Pilotage extérieur. Jaugeant 5,08 Tx, elle a été construite en l’an 1846 à Quimper et appartient à Jean Etienne Le Cléach de Plomeur (Guilvinec), 40 ans, patron ayant le brevet de Pilote lamaneur.

Le rôle d’équipage de 1855 nous indique que 9 marins (8 présents au débarquement) ont été embarqués à bord de la Marie Catherine :

Jean Louis Coïc, 35 ans, de Treffiagat, matelot

Hervé Le Cléach, 32 ans, de Plomeur, frère du patron, matelot

Louis Durand, 32 ans, de Plomeur, matelot

Jacques Le Cléach, 36 ans, de Plomeur, frère du patron, matelot

Jean Stéphan, 45 ans, de Plomeur, matelot

Tudy Stéphan, 17 ans, de Plomeur, fils du précédent, novice

Jean Vincent Le Cléach, 11 ans, de Plomeur, mousse (taille : 1,20 m!)

Sébastien Le Brun, 18 ans, de Plomeur, matelot

Louis Le Quéméner, 24 ans, de Plomeur, matelot

Du 14 septembre au 23 novembre 1855, la Marie Catherine a fait la pêche à la sardine à Douarnenez.

En 1859, la Marie Catherine sera remplacée par la Marie Annette, toujours sous le commandement de Jean Etienne Le Cléach.

Source : SHD Brest 3P7 14 1856

La Marie Jeanne Mauricette

Registre d’armement de la chaloupe La Marie Jeanne Mauricette (Doc SHD Brest 3P7 1 1845)

La Marie Jeanne Mauricette est une chaloupe de pêche de 3 Tx, non pontée, construite en 1834 à Concarneau, appartenant à Jean Etienne Le Cléach de Guilvinec, commune de Plomeur, et immatriculée au quartier maritime de Quimper, syndicat de Pont-l’Abbé. Son équipage, à l’armement de 1845, est composé de 5 hommes :

Le Cléach Jean Etienne, 30 ans, patron

Berrou Jean Joseph, 43 ans, matelot,

Le Cléach Jacques, novice,

Le Cléach Joseph, mousse,

Berrou Jean, mousse,

A la fin du mois d’août, une partie de l’équipage est débarquée et trois nouveaux matelots embarquent :

Cléach Joseph, matelot,

Le Gall Louis, novice,

Tanneau Jacques, mousse.

Le document indique également que le bateau sera définitivement désarmé en janvier 1846 avant d’être détruit. C’est la confirmation que la durée de vie des chaloupes, à cette époque, dépasse rarement les 10 ans.

1912, un Titanic bigouden au Guilvinec

Petit rappel : au début du mois de juin 1911, tous les journaux d’Europe et d’Amérique font leurs gros titres sur le plus grand bateau du monde. Le Titanic, dernier-né de la flottille de paquebots de la White Star Line vient d’être lancé à Belfast, le 31 mai.

A la fin mars 1912, sous le commandement de son premier « pacha », le Capitaine Haddock (James Herbert), on procède aux essais techniques du navire. Celui que les ingénieurs ont baptisé l’« insubmersible » est déclaré « bon pour le service ».

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1865 Vente aux enchères au village de Guilvinec

Un investissement va se concrétiser après une période d’essai concluante pour celui qui, le premier, a imaginé, anticipé et accompagné le développement de la pêche au Guilvinec ; un embryon d’industrie polyvalente qu’il a mis en place va se révéler porteur d’avenir et permettre l’expansion d’une industrie essentiellement basée sur la pêche du maquereau ainsi que, dans une moindre mesure, de la sardine et d’autres espèces, poissons et crustacés.

« Me Le Déliou, notaire à Pont-L’Abbé, va procéder, ce jour, 31 mars 1865, à la vente aux enchères par extinction de feux sur la mise à prix de 1 500 francs, le fonds d’une tenue sise au village de Guilvinec, en la commune de Plomeur.
Ce terrain était loué à M. Pichot depuis le 28 février 1861 et jusqu’au 29 septembre 1869. On peut penser que, les affaires prospérant et étant appelées à se développer encore plus depuis l’arrivée du train à Quimper, le presseur-mareyeur-armateur voulait pérenniser son implantation au port du Guilvinec sur ce terrain idéalement placé et pouvoir y construire en dur des bâtiments adéquats à son industrie, sans dépendre d’un bail.

IMG_4638 vivier pichot 1870 st1p

Ce terrain correspond au bâtiment construit plus tard, figurant sur ce plan de 1870 (AD 29)

Lors de la 1ère enchère (une bougie), les enchères montent à 2 200 francs. Plusieurs autres bougies seront allumées et la mise à prix est portée à 4 200 francs par M. Bohan Hervé, pharmacien à Pont-L’Abbé, adjudicataire pour Mr Louis Thomas Pichot, négociant et propriétaire, demeurant à Concarneau.
Pendant que deux nouvelles bougies se sont éteintes, personne n’a surenchéri et Mr Pichot emporte la mise. »

Doc AD 29

Guilvinec, « La priorité, c’est la pêche ! »

Les membres du collectif Au Nom du Ster(*) ont pris connaissance avec un grand intérêt du compte-rendu de la table-ronde qui s’est tenue au Guilvinec mardi 3 novembre, à l’initiative de la CCI, et qui réunissait les professionnels de la filière pêche.
C’est bien parce que les 4 associations qui composent le collectif pensent également et depuis le début de leur action que « La priorité c’est la pêche ! » qu’elles maintiennent leur opposition au projet de port de plaisance dans l’arrière-port du Guilvinec.
Leurs analyses convergent très largement avec celles du milieu professionnel. L’une des activités premières du pays Bigouden, de la Cornouaille, c’est la pêche. Ce secteur, avec les emplois directs et indirects qu’il génère, pèse très lourd dans l’économie locale. Le tourisme, trop saisonnier, ne peut être qu’une activité d’appoint, un complément économique, en ne perdant pas de vue, qu’il est en grande partie lié à la pêche et que son attractivité repose sur l’image positive que donnent les produits de la mer.
Ces évidences doivent être rappelées au moment où le monde de la pêche est sans doute à un tournant de son existence, dans un contexte budgétaire très défavorable : les collectivités – communes du Guilvinec et de Treffiagat, Conseils Départemental et Régional – n’ont-elles mieux à faire avec plus de 20 millions d’euros hors-taxes ? (c’est le coût – hypothèse basse ! – du projet de port de plaisance dans l’arrière port commun aux deux communes).

Montage Virginie Théry Collectif Au nom du Ster

L’argent public ne doit-il pas aller en priorité au soutien à la pêche ? Pour le collectif, poser la question, c’est y répondre.
Sans compter que les questions de fond posées depuis des années, ne reçoivent aucune réponse satisfaisante de la part des porteurs du projet qui n’ont probablement pas mesuré à sa juste valeur l’impact de l’augmentation du nombre de plaisanciers sur la zone côtière et qui ne manquerait pas d’accroître les tensions qui existent déjà sur la gestion des ressources halieutiques en zone littorale.
Quant au rôle fondamental des zones humides littorales vis à vis de l’écosystème marin, il est tout simplement ignoré Il est pourtant communément admis aujourd’hui que la baisse de la productivité de la chaine alimentaire dans les écosystèmes marins résulte pour partie de la dégradation des habitats côtiers tels que les zones humides littorales.
A un moment où le secteur “pêche” doute et manifeste de l’inquiétude pour son avenir, il semble que les élus locaux seraient mieux inspirés de travailler avec acharnement à conforter cette activité plutôt que donner à croire que la pêche n’a plus d’avenir en s’investissant dans la plaisance.
Cette stratégie risque de se payer au prix fort dans les années à venir car la plaisance ne pourra jamais constituer une activité de remplacement, sa complémentarité étant par ailleurs très problématique et discutable.
Il y a de la grandeur à reconnaitre que l’on s’est trompé, ou que l’on a vu trop grand, ou tout simplement que le contexte économique et budgétaire a changé : n’est-il pas temps pour les élus des communes de Guilvinec et Treffiagat de mettre fin à la fuite en avant, de renoncer publiquement à ce projet pharaonique et coûteux, et de le dire clairement à leurs concitoyens ?
Le collectif réaffirme la nécessité de donner la priorité à la pêche et demande l’abandon du projet de port de plaisance.

(*) Associations Sur un air de Terre, Sauvegarde du Littoral du Guilvinec,

Bretagne Vivante-SEPNB Pays bigouden et Eau et Rivières de Bretagne

1869 Elections, manoeuvres et réclamations

L’activité croissante du port du Guilvinec n’est pas sans laisser indifférents les différents camps qui s’affrontent lors des élections cantonales de 1869 ; en voici un éloquent témoignage :

“Je passe à une autre manœuvre, et voici ce que je lis signé d’un homme fort honorable, témoin des faits :
« La pêche du maquereau attire dans chaque saison au petit port de Guilvinec (commune de Plomeur) un grand nombre de marins. Il s’est créé là par cette affluence un centre commercial d’une certaine importance pour l’exportation du poisson, mais qui, jusqu’à ce jour, par l’indifférence de l’administration, est resté dépourvu des conditions les plus élémentaires d’aménagement.
Les commerçants et marins du Guilvinec ne savaient, au commencement de cette année, quelle était la suite donnée à leurs réclamations, quand, dans la période électorale, ils furent visités à plusieurs reprises par des conseillers de préfecture, et notamment un jour par le secrétaire général accompagné d’agents des ponts et chaussées qui promirent hautement pour cette année le commencement des travaux.
Peu après, les agents de M. du Couëdic y firent circuler une lettre du ministre des travaux publics à ce député, lettre que nous avons vue et qui annonçait que les avant-projets étaient terminés et qu’on allait procéder à la rédaction du projet définitif. Cela voulait dire en bon français, ou plutôt en français administratif, qu’il n’y avait encore rien de fait. »
C’était, par conséquent, un démenti donné aux affirmations téméraires des agents de la préfecture. Mais pour les habitants du Guilvinec peu au courant de la procédure administrative, cela avait une autre signification ; ils n’en pouvaient conclure qu’une chose, la confirmation des assurances qui venaient de leur être données.
Cette pièce donnait à leurs espérances, qui jusque-là n’avaient été éclairées par aucun renseignement officiel, une véritable consistance. Tel était le but poursuivi par les agents de M. du Couëdic ; ils ont inévitablement spéculé sur l’interprétation qu’on ne manquerait pas de donner à ce document après la visite des agents préfectoraux, et sur ce qu’on ne manquerait pas aussi d’attribuer à leur patron l’honneur du bienfait que l’on voyait ainsi annoncé par son entremise.”

Journal officiel de l’Empire français 1869/12/24