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Mes 10 km – avril 2021 – # 11

En ce beau jour de printemps et de vacances, Milizac s’active. Le bourg, chef-lieu de la nouvelle commune Milizac-Guipronvel (fusion effectuée en 2017), est en ébullition avec des travaux routiers ; on a démoli de vieux bâtiments au centre-bourg et des tracteurs passent à toute berzingue autour de l’église Saint-Pierre. Un édifice daté de 1652, orné de vitraux colorés et particulièrement lumineux en cette fin de matinée. Les paroissiens n’ont aucune excuse pour rater l’heure des offices : en effet, au-dessus de Saint-Pierre et sa clé (du paradis), trône un magnifique cadran solaire, associé à l’horloge du clocher.

Capitale mondiale du cri du cochon, le bourg de Milizac se trouve au carrefour de plusieurs routes du Bas-Léon.

Ici, on sait tout de suite que la commune a signé la charte Ya d’ar brezhoneg, car les bâtiments publics, mairie et médiathèque, les panneaux routiers, sont exprimés dans les deux langues. Même le drapeau européen a du mal à se faire une place entre le tricolore et le gwenn ha du !

Mais ce qui surprend le plus, c’est l’humour dont font preuve certains habitants : le bar-PMU-tabac-presse-jeux du bourg annonce la couleur dans son enseigne, le MiliZinc où je suppose que les fumeurs qui roulent peuvent acheter du papier à cigarettes ZigZag. L’auto-école s’appelle même Mil Zig Zag, un pari risqué cependant : on espère que les jeunes conducteurs choisissent quand même de respecter à la lettre le code de la route, de A à Z. Une épreuve sportive à VTT est aussi organisée dans la commune tous les ans depuis des années, la Mil Zig Zac, probablement pas une épreuve en ligne ! Par contre, je n’ai pas réussi à trouver la piste de slalom, la station de ski étant probablement fermée pour cause de confinement.

Et ce n’est pas tout ! On pratique aussi l’humour noir à la Mairie qui a fait apposer un panneau d’information sur l’épidémie de Covid, où ça, je vous le demande ? Eh bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais ils n’ont pas trouvé mieux que sur le mur du cimetière qui entoure l’église. Et, en face, les lapins n’ont qu’à bien se tenir, le SHOOT les attend de pied ferme !

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Mes 10 km – avril 2021 – # 10

Porzh Meur, le plus à l’ouest des sept ports de Plougastell (le Passage, Keralliou, le Caro, Porzh Meur, l’Auberlac’h, le Four à Chaux, le Tinduff), est situé sur le versant nord de la pointe de l’Armorique, près du village de Larmor. Le plus important de Plougastel au XIXe siècle, il reste encore aujourd’hui un petit port d’échouage protégé des vents d’ouest par une petite jetée. Il n’est plus fréquenté que par des plaisanciers.

Le petit port de Porzh meur, près de Larmor, au nord de la pointe de l’Armorique à Plougastell

La partie basse de Larmor est constituée de champs et prairies, servant essentiellement à des résidences secondaires de vacances. Le littoral est bordé d’une grève de galets, largement ouverte sur l’Île Longue, la pointe des Espagnols et la rade de Brest, offrant une vue magnifique sur la Ville Blanche, les infrastructures du port de commerce, grues jaunes et silos émergeant entre les divers cargos, méthaniers ou pétroliers en réparation et paquebots en escale ou en carénage.

“La pointe de l’Armorique, face à l’île Ronde, est un site géologique d’intérêt international, pour son récif corallien (falaise de calcaires bleus du dévonien), unique récif fossile de coraux et d’éponges du Praguien d’Europe. Une présence militaire y est attestée depuis la fin du XVIIe siècle. Un fort occupe une partie de la pointe ; il est encore aujourd’hui propriété de la marine nationale et son accès est interdit au public.

À 600 m à l’est de l’Île Ronde, se trouvent deux ducs-d’Albe construits par l’Occupant lors de la seconde Guerre mondiale. Destinés à accueillir le cuirassé Bismarck, coulé avant d’avoir pu atteindre la rade de Brest, ces caissons ne semblent pas avoir eu une utilisation intensive, les courants de marée rendant difficiles les manœuvres d’accostage à cet endroit.

Aujourd’hui désaffectés, ces cubes de béton sont devenus un havre pour la faune et la flore. Y nichent par exemple des sternes pierregarins, depuis qu’ils ont été rendus inaccessibles (échelles déposées).” (d’après Wikipédia)

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Mes 10 km – avril 2021 – # 9

Lieu plein d’histoire et de légende, cet ancien manoir de Milizac, en lisière de Saint-Renan, dont les premières fondations remonteraient au XIIIe ou XIVe siècle, c’est aujourd’hui un restaurant boîte de nuit, qui subit de plein fouet, comme tous ceux de sa catégorie, l’impact des mesures réglementaires prises pour combattre la pandémie de coronavirus.

Reconstruit au XXe siècle, en 1935, sur les ruines de celui du XVIe, édifié vers 1526, le manoir du Curru d’origine, construit selon la légende en une nuit, aurait appartenu à la famille Faramus ou Pharamus (Kastell Roue Faramus, 1238), puis aux vicomtes du Curru, “puissants seigneurs ayant juridiction sur Guipavas, Lambézellec, Gouesnou, Bohars et Tresnuez, trêve du prieuré des Sept-Saints de Brest. Le manoir aurait été habité par une famille du nom de Mac-Grégor”, plus probablement un “marquis de Grégo, lequel possédait Le Curru au XVIIIᵉ siècle.” (Site Info-Bretagne)

Le manoir du Curru à Milizac

Le Curru se situe dans un environnement fait d’eau et de bois. La vallée, qui remonte vers Milizac, autrefois appelée la vallée des seigneurs, pourrait aussi être nommée vallée des moulins, dont la plus grande partie a disparu. Des chemins creux permettent au promeneur de circuler tranquillement, loin du bruit et de l’agitation, dans un cadre arboré en plein renouvellement.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 8

Propice à la balade pour tous, l’étang de Breignou près de la Grande Île, à l’entrée de la commune de Bourg-Blanc en venant de Gouesnou, est le cadre idéal pour les familles, les grands-parents et leurs petits-enfants, les marcheurs et les joggeurs, les cyclistes, la promenade du chien, les pique-niqueurs ainsi que les pêcheurs à la ligne.

L’étang de Breignou

Un vrai paradis pour la tranquillité, me direz-vous ? Oui, mais, ce jour-là, la commune de Bourg-Blanc avait programmé des travaux d’élagage des arbustes, comme on peut le voir faire au bord des routes. Une camionnette, trois tracteurs, ça fait du bruit et, comme me le faisait remarquer un pêcheur à la ligne, la période était plutôt mal choisie, en pleine période de nidification des canards colverts le long des mêmes berges où poussent ces saules.

Et de me faire remarquer, à juste raison, qu’on ne voyait plus que les mâles, les dames colverts étant “confinées” au nid pour couver les œufs. Adepte du “no kill”, il m’a montré sur son téléphone une photo de lui avec, dans les bras, une grosse carpe de 10 kg, aussitôt relâchée. Lors de notre conversation, un insecte volant est venu se poser sur ma sacoche photo ; je ne l’avais jamais vu sous sa forme adulte, seulement sous forme larvaire : il s’agissait d’une phrygane dont la présence, tout comme celle des libellules, est le signe d’une eau de qualité.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 7

Loin de tout, cette petite chapelle, pourtant très ancienne, arbore fièrement son clocher à double flèche dans la campagne plouzanéenne ou, plutôt, au milieu d’une large zone marécageuse plate abritant plusieurs carrières d’extraction de sables divers, les sablières de Bodonou.

En ruines au début du XIXe siècle, elle fut restaurée vers 1823 et réduite de moitié. Il faut imaginer alors un édifice double de celui que nous voyons aujourd’hui, le clocher étant situé en son milieu.

La chapelle dédiée à Notre-dame de Bodonou à Plouzané (XVe siècle ou début du XVIe)

Le site Brest.fr conseille un parcours propice à la randonnée dans les parages de Bodonou:

“Un circuit emprunte chemins et petites routes dans un paysage de bocage parsemé de fermes construites en granit, typiques de la région. Les rivières Ildut et Allégouet, après avoir pris naissance sur ce territoire, prennent une direction différente au hameau Kériel. Tandis que l’Ildut s’élance vers la mer en direction du nord-est, l’Allégouet se dirige à l’est pour devenir affluent de la Penfeld, en empruntant une vallée très ancienne. En effet, il y a 30 millions d’années, alors que la rade de Brest n’existait pas, l’Ildut prenait sa source dans les montagnes du centre Bretagne, empruntait l’estuaire de la Penfeld, la vallée de l’Allégouet, et gagnait la mer par la vallée actuelle. Les sables alluvionnaires de ces deux vallées sont aujourd’hui exploités pour l’obtention de granulats de très haute qualité, granulats nécessaires à la fabrication de bétons spéciaux.”

Mais, contrairement à la publicité qui est faite de ce lieu, on attend toujours la mise en service de nouveaux sentiers permettant la découverte naturaliste de la biodiversité de ce milieu particulier, fait de prairies humides, de landes et de trous d’eau.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 6

Dominant la campagne de Saint-Renan, à plus de 80 m d’altitude, au nord de Plouzané, un drôle d’édifice retient l’attention des promeneurs qui cherchent des itinéraires de découverte originaux. Il s’agit d’un bâtiment isolé, au milieu d’un petit bois squatté par quelques dizaines de corbeaux freux très bruyants, connu sous le nom de “Chapelle des voleurs”. En réalité, selon les historiens et les spécialistes locaux du patrimoine, son identité n’est pas si évidente que son appellation le suggère.

La chapelle des voleurs ou, plutôt, l’oratoire/pavillon de chasse du manoir de Lesgongar.

À l’origine, pavillon de chasse construit en 1870 par le propriétaire du manoir voisin de Langongar (situé à quelques centaines de mètres à l’ouest), il n’a jamais été lieu de culte, mais tout au plus oratoire. L’aspect d’une chapelle provient du fait qu’on a utilisé des éléments de l’ancienne chapelle du XVIe siècle comme matériaux de réemploi (voussures gothiques de la porte d’entrée et encadrement de la fenêtre à l’étage).

Quant à la mention des voleurs, l’auteur d’un ouvrage sur le patrimoine des Pays d’Iroise, l’explique de la manière suivante : “Cette appellation fait évidemment croire que le bois fut le rendez-vous de bandits de grand chemin. Il n’en est rien : la chapelle portait autrefois sur son pignon ouest « trois pinacles surmontés de croix, au centre celle du Christ, et sur les côtés les deux voleurs ». Après l’écroulement du pinacle central, on peut supposer que les statues restantes auraient donné son nom à l’édifice et au bois qui l’entoure. Pays d’Iroise, sites et découvertes Jean Lescop).

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Mes 10 km – avril 2021 – # 5

Tout au nord du bourg de Guipavas, il est possible de passer de l’autre côté de la N 12 par un tunnel. La route nous amène immédiatement, après quelques cubes abritant des entreprises, vers des champs cultivés et des prairies peuplées de vaches qui n’ont pas, comme l’on pense habituellement, de train à regarder passer. Ici, à part quelques véhicules, des engins agricoles, des randonneurs et des cyclistes qui trouvent un espace relativement épargné par le torrent automobile de la quatre-voies, ce sont surtout les avions qui font l’objet de l’attention des ruminants. Entre nous soit dit, un point commun les rassemble, pas négligeable pour l’avenir de notre planète bleue, c’est, après digestion, le rejet de gaz à effet de serre. Les deux réunis, ça ne sent pas vraiment bon, mais ici ça fait partie du paysage.

Hop ! Hop ! Hop ! SOS ! SOS !

L’aéroport, c’est un coffre-fort. Partout, des barrières, des grilles, des fils électrifiés, des barbelés sur la prairie ! Des panneaux d’interdiction répétés interpellent le promeneur. Ici et là, on peut voir apparaître la tour de contrôle, des bâtiments, divers équipements destinés à diriger les avions. Et si l’on veut faire le tour complet du site, les pistes extérieures n’ont rien à envier à celles de feu le Paris-Dakar à travers le désert!

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Mes 10 km – avril 2021 – # 4

Mon périple “tro Brest Meurgêr” (métropole) m’a conduit à Guipavas, à l’est-nord-est, mais la moisson s’est avérée peu fructueuse. J’ai quand même une photo à proposer, en guise de bienvenue aux coureurs du Tour de Frañce (Merci Paul Molac pour cette nouvelle orthographe !), en leur souhaitant d’être plus vigilants que ce malheureux cycliste local qui a dû quitter le peloton avec perte et fracas ! Probablement avait-il absorbé des louzoù (médicaments) un peu trop forts, ou alors, peut-être s’agirait-il d’un effet secondaire de la vaccination à la margarine, tant décriée ces temps-ci ?

Ce qu’on appelle en breton un lamm chañch-tu, cul par-dessus tête !

Mes 10 km – avril 2021 – # 3

Toujours à l’est sur les rives de l’Elorn, mais cette fois-ci du côté sud de la rivière, sur la commune aux 157 villages de Plougastel-Daoulas, voici Saint-Jean, Sant Yann, et sa chapelle éponyme à trois kilomètres au nord-est du bourg.

En quittant la commune, après la zone commerciale située au nord de la N 165, on peut rejoindre Landerneau. N’en faites rien — la lune attendra — et prenez à gauche juste à la sortie. La descente vers Saint-Jean vous offre, à travers champs et arbres, une magnifique vue plongeante sur l’Elorn, le Relecq-Kerhuon et Guipavas. Ne prêtez pas trop attention aux énormes serres industrielles qui produisent fraises et tomates à la chaîne, car l’essentiel se niche tout en bas, dans un petit village près d’un camping.

La chapelle Saint-Jean de Plougastel au bord de l’Elorn


Sa construction est datée du XVe siècle et son calvaire en Kersanton porte de curieuses gargouilles.
Le pardon a lieu le 24 juin, jour de la Saint-Jean, et l’ancien rite païen du tantad (feu de la Saint-Jean) a été longtemps respecté ici. Une croyance populaire veut qu’on invoque Saint Jean contre les maux d’yeux. Sa fontaine, annoncée comme étant druidique, se situe sur la grève et est recouverte à chaque marée.

Le long de la côte, pas vraiment de sentier de randonnée aménagé, mais un cheminement le long de l’estran permet de découvrir l’Elorn et ses berges, avec en fond, côté ouest, les ponts Albert Louppe et de l’Iroise, confondus en un patchwork graphique qui domine l’embouchure. Abandonnés en haut de la grève ou parmi la végétation, un ancien bateau et de nombreuses annexes en plastique ; l’une d’elle, la bien nommée le Zouave, doit probablement appartenir à un Parisien du quartier de l’Alma venu se confiner à Plougastel.

Quelques maisons, des bâtiments en ruines, des blocs de rochers complètent le tableau de ce paysage qui s’étend jusqu’à la Forêt-Landerneau au nord-est. Peu de monde, quelques promeneurs et deux ou trois familles avec de jeunes enfants venus partager leurs œufs de Pâques et jouer au ballon dans le placître de la chapelle.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 2

Après le goulet à l’ouest, me voici maintenant rendu à l’opposé, sur la commune de Guipavas, au sud du quartier du Douvez, dans une série d’anses accrochées aux rives de l’Elorn. Pouldu et Poul ar Vilin sont des ports d’échouage et de mouillage léger. Le substrat est plutôt vaseux, mais propice au nourrissage des oiseaux limicoles. Ce sont aussi des havres de paix pour ses riverains et un lieu de promenade dominical abrité des vents de nord et d’est pour les guipavasiens, nombreux en ce dimanche pascal.

Quelques maisons anciennes datant parfois du XVIIe siècle bordent le rivage et leurs propriétaires ont profité de ce microclimat favorable, abrité et bien exposé au sud, pour agrémenter leurs jardins de plantations d’agrumes divers, tel ce magnifique citronnier dans son grand pot couleur fuchsia.

L’anse du Pouldu

Ce secteur discret de Guipavas a cependant connu une riche histoire et de nombreux témoins en attestent encore aujourd’hui :

  • un manoir du XVIe siècle ayant appartenu à la famille de Rohan qui percevait à l’époque une taxe sur les bateaux remontant l’Élorn
  • quelques demeures construites sur les bords de l’Élorn, sur le Douvez, par le couple Rosalie Léon, la petite guipavasienne devenue chanteuse et comédienne très connue à Paris, et son prince russe Pierre de Jain-Wittgenstein
  • le «château» de Poul-ar-Velin et sa chapelle
  • un moulin à eau au Pouldu

L’anse du Pouldu abritait également, au début du siècle dernier, un chantier de construction navale, le chantier Hily qui aura construit près de cinq cents bateaux kerhors entre 1826 et 1926.

On m’a aussi raconté l’histoire mystérieuse, jamais élucidée, de l’assassinat, le 26 mars 1944, de l’amiral Jean-Baptiste Lucien Le Normand, ancien Préfet maritime.

Tous les gens que j’ai rencontrés, résidents, natif du lieu, ou amateurs d’histoire m’ont tous cité une référence incontournable pour connaître l’histoire du patrimoine de Guipavas, l’association Guipavas identité et patrimoine (Agip) et, en particulier, Michel Boucher, auteur, avec d’autres membres, d’ouvrages bien documentés à lire sur le sujet.

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