Archives de catégorie : Actualité

Paul Bloas, “Faire Rouge” aux Capucins

Du 26 novembre 2021 au 27 février 2022, Paul Bloas présente sa nouvelle exposition “Faire Rouge”.

Connu notamment pour ses géants éphémères, dont les peintures se dégradent et s’effacent sous l’effet des intempéries ou de la griffe humaine, Paul Bloas troque ici le papier contre des plaques d’aluminium et choisit ainsi de fixer ses portraits dans le temps.

Quinze portraits de chaudronniers en grands formats (230 X 150 et 800 X 400) surplombent la Place des Machines. Avec cette exposition, l’artiste rend hommage à la culture ouvrière de Brest au cœur d’un bâtiment qui en fut longtemps l’épicentre.

Les œuvres dans la Salle des Machines

Leurs études préparatoires seront également visibles dans une salle annexe. Paul y sera présent une fois par mois pour rencontrer les visiteurs

Performance «Ligne de front» :

Le samedi 4 décembre à 17 heures, place des machines, le public pourra assister à une performance artistique et musicale unique. Deux portraits géants seront peints en direct par Paul Bloas, accompagné à la guitare du musicien renommé, Serge Teyssot-Gay ( Noir Désir/ Zone Libre/ Interzone).

Plus de détails sur le site des Capucins

Les Ateliers des Capucins, 25 rue de Pontaniou, 29200 Brest

Des jardins extraordinaires

Jardins extraordinaires de Brest au port de commerce, rue Amiral Troude

La rue Amiral Troude, à l’arrière des zones de bureaux et d’activités du port, longe l’ancienne falaise, au lieu-dit Poullic an Toull. Un lieu qui ne paye pas de mine, au premier abord, mais qui abrite un petit trésor.

Un groupe de citoyens, constitués en association, ont déposé une contribution au concours de projets initié par la Ville de Brest dans le cadre d’un budget participatif pour créer, entre ce lieu de passage et une autre voie plus surélevée, la rue de Poullic al Lor, des jardins extraordinaires.

Cet ancien site ayant déjà été par le passé occupé par des maisons construites à flanc de falaise, agrémentées de jardins en terrasse, est en train de reprendre vie grâce au travail des bénévoles qui travaillent la terre, aménagent et replantent.

Voir des images anciennes du site, prises dans les années 1990.

Voir les images actuelles, d’octobre 2021.

Kenavo Yves-Marie Péron

Une rencontre amicale sur les quais de Brest en 2012 lors des Fêtes maritimes : Yves-Marie et Françoise avec Henry Kérisit (Photo Claude Péron)

Yves-Marie Péron vient de nous quitter à l’âge de 82 ans. Même si nous n’étions pas de la même famille, rien ne nous empêchait de nous appeler réciproquement “cousins”.

Pierre Péron, le père d’Yves-Marie, était le peintre de la marine aux multiples talents connu de tous les brestois.

Pierre Péron, mon père, était marin-pêcheur au Guilvinec et peignait son bateau en bleu une fois l’an.

Voilà pour le point commun.

Je me souviens de la première fois où j’ai fait connaissance avec «la famille», en 1988. Je présentais mes photos à la librairie «Ar Bed Keltiek», dans la galerie du Quartz. Le mercredi, je passais en général une heure ou deux avec le regretté Bernez Boulc’h pour accueillir mes visiteurs (mais aussi ses clients ou futurs clients).

Une dame arrive avec des affiches pour une exposition de peinture : «C’est mon mari qui expose, il est le fils de Pierre Péron.» Je lui réponds dans la foulée : «Mais moi aussi, je suis le fils de Pierre Péron et j’expose mes photos ici.» Et depuis ce jour, nous sommes devenus «cousins»!

Puis, de rencontres en rencontres, nous avons sympathisé tranquillement.

Je me souviens aussi de dédicaces amicales, comme celle qui a eu lieu à la libriarie de la Cité rue de Siam, juste avant sa fermeture, en 2002 ou 2003, lors de la sortie de «P. Péron de A à Z» (Coop Breizh). En témoignent ces quelques phrases :

Pour en savoir plus sur son parcours d’artiste, l’article du Télégramme

Guirec Soudée à Brest : rencontres improbables

Auteur d’une double traversée transatlantique à la rame en solitaire en moins d’un an, Guirec Soudée vient de rejoindre Brest le vendredi 1er octobre.

D’abord d’Est en Ouest, des Canaries à St Barthélémy, il va parcourir plus de 5000 km en 74 jours à la force des bras (fin 2020 – février 2021). Il repart en juin du Massachusetts (États-Unis) pour une traversée d’Ouest en Est.

Le “canot” de Guirec Soudée au ponton de la marina du Château de Brest. (photo Claude Péron)

Cette fois-ci, il va ramer 107 jours dans l’Atlantique nord et couper la ligne d’arrivée fictive au nord d’Ouessant le jeudi 30 septembre 2021 à 10 h 49.

Tous les médias, journaux, radios et TV ont raconté en long et en large l’arrivée du navigateur, les péripéties de son épopée héroïque, les rencontres qu’il a faites ainsi que les dangers auxquels il a réussi à échapper.

Par contre, aucun n’a fait mention de deux personnalités venues saluer à leur manière l’exploit de Guirec Soudée.

Jean-Yves Le Fourn, l’artiste créateur du concept des poules de Brest et Guirec Soudée, le navigateur à la poule Monique, à la sortie du ponton (photo Claude Péron)

Même si la poule Monique n’avait pas embarqué pour ces nouvelles aventures transatlantiques, il était écrit que ces deux-là devaient se rencontrer un jour ou un autre. Guirec s’est vu offrir par Jean-Yves, en guise de cadeau pour décorer le “canot”, une poule noire réalisée au pochoir sur fond blanc, une copine brestoise pour Monique !

Owen Andro, jeune prodige du bagad Cap Caval, venu spécialement de Penmarc’h, donne une aubade de cornemuse pour le retour de Guirec (photo Claude Péron)

Déjà champion de Bretagne des moins de 12 ans, le jeune Penmarchais, obtient le titre de champion de Bretagne de cornemuse solo des moins de 15 ans, à 13 ans seulement en 2017 à Ménez Meur. Par la suite, Owen va intégrer le bagad Cap Caval, plusieurs fois champion de Bretagne des bagadoù. Il est entraîné par Hervé le Floch, professeur de grande qualité, enseignant depuis 1996 à Sonerion. Passionné aussi de musique écossaise, Hervé Le Floc’h participe au championnat du monde de musique écossaise avec le bagad en formation « Pipe band ». (Informations : Ouest-France et Breizh-Music)

Pour honorer le retour du navigateur, Owen a interprété Green Lands, une mélodie composée par Dan Ar Braz. Ecouter

Voyage au pays de Bilal

Un petit coup de blues ? Bilal vous accueille au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau

Enki Bilal nous emmène à la découverte de son univers, à la croisée des arts, des cultures, des temps et des sociétés, réels ou fictionnés.
Maîtrisant les supports artistiques les plus diffusés, du cinéma à la bande dessinée, en passant par la peinture, l’artiste a largement participé à l’éveil politique d’une génération. Il observe avec lucidité, depuis les années 1980, l’état du monde et nous interroge aujourd’hui sur l’avenir d’une humanité qui aurait confié sentiments et libertés à des robots et des algorithmes.
Entre réalisme et fantastique, Enki Bilal exprime une conception du monde en résonance avec les grandes expressions qui ont jalonné l’histoire de l’art et ponctuent le parcours de l’exposition.


Michel-Edouard Leclerc

Un univers multiformes et multitechniques de création artistique
Autoportrait renversant au milieu des œuvres de Bilal

Cahiers de l’Iroise 236 : en passant par Brest et le Finistère

Au sommaire :

CISSÉ Gérard – La Tour Tanguy de main en main DE KERSAUSON Rémi – Étonnant Tonnerre de Brest VOLAND Annie – Chronique scolaire de Saint-Pierre-Quilbignon (1820-1893) KERNEIS Marie-Paule et Bernard – Mais qui était Julien Prioux (1821-1900) alias Californie ? CHEVILLOTTE Jean-Paul – Une banque brestoise : le Comptoir du Finistère (1853-1890) GUENGANT Jean-Yves – Le naturien Hervé Coatmeur (1849-1944), une rupture radicale avec la société CADIOU Georges – Huelgoat, une des premières municipalités communistes en Bretagne en 1921 CHAURIS Louis – Le labyrinthe du Portzic à Saint-Pierre-Quilbignon LAOT Albert – La découverte de la pointe Saint-Mathieu

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse de la SEBL

Le chien jaune de Sant Riwall

Près du Yeun Elez, selon les légendes anciennes qu’on racontait autrefois lors des veillées dans ce coin perdu des Monts d’Arrée – Menez Arez –, se trouve l’une des portes de l’Enfer. Située à l’est, au pied du Menez Mikel, le mont Saint-Michel de Brasparts, elle est au coeur des tourbières, dans un marais sans fond, le Lenn ar Youdig – littéralement le lac à la petite bouillie – d’où tout être vivant qui y tombe n’a aucune chance de sortir. Dans le pays, parmi toutes ces légendes, on raconte facilement des histoires de korrigans, d’Ankou, de diable, de loups et de chiens. Des chiens noirs ou encore des chiens jaunes, c’est selon.

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Adieu Gérard Fromanger

Le Rouge de Gérard Fromanger, présenté au salon UAPB du Guilvinec en 1975

Voici comment le Centre Pompidou annonçait, en février 2016, l’exposition qu’il consacrait au peintre, décédé le 18 juin 2021, à l’âge de 81 ans :

Le nom de Gérard Fromanger, aussitôt prononcé, provoque pêle-mêle des images et des références, des thèmes et des figures : Mai 68, des silhouettes rouges, des scènes de rue, Prévert, Godard, Deleuze, Foucault, le photoréalisme, la peinture et la politique. Ces associations recomposent le décor et recréent l’atmosphère dans laquelle l’œuvre de Gérard Fromanger gagne une large reconnaissance dans les années 1970. Elles ne suffisent pas à définir le projet qui, par-delà les mutations fréquentes que l’œuvre a connues, et tout au long d’un demi-siècle, affirme sa permanence : une peinture ouverture sur le monde et en même temps pleinement consciente d’elle-même.

En Bretagne, on se souvient de la première du Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture, à Landerneau qui avait proposé au public une rétrospective intitulée Périodisation, 1962-2012, du 24 juin au 28 octobre 2012. Visiteur de cette exposition, j’ai réussi à saluer Gérard Fromanger lors d’une animation. Je lui ai demandé s’il se souvenait encore de son passage dans le Finistère en 1975 — ce que peu de gens savent — lors du Salon d’art contemporain du Guilvinec organisé par l’Union des Arts Plastiques Bretagne (présidée par Claude Cléro).

Et effectivement, il n’avait pas oublié cet épisode de son riche parcours artistique, où une partie de ses œuvres avait été exposée dans un lieu improbable, au château de Kergoz, dont les salles étaient mises à disposition de l’Amicale Laïque pour son “club des jeunes”. Et pour marquer sa présence dans ce lieu, les montants d’une fenêtre de l’étage avaient été peints en rouge par les organisateurs. Scandale ! Le bâtiment étant classé aux monuments historiques, l’architecte des bâtiments de France fut saisi et la fenêtre dut retrouver sa (banale) couleur blanchâtre !

J’ai retrouvé le catalogue du Salon d’où j’ai extrait le passage suivant, écrit par Michel Foucault en février 1975 et intitulé la “Peinture photogénique”.

Les tableaux de Fromanger ne captent pas d’images : ils ne les fixent pas ; il les font passer Ils les amènent, les attirent, leur ouvrent des pas sages, leur raccourcissent les voies, leur permet tent de brûler les étapes et les lancent à tout vent La série photo-diapositive-projection peinture, qui est présente dans chaque tableau, a pour fonction d’assurer le transit d’une image. Chaque tableau est un passage ; un instantané qui. au lieu d’être prélevé par la photographie sur le mouvement de la chose, anime, concentre et intensifie le mouvement de l’image à travers ses supports successifs. La peinture comme fronde à images.

Voir aussi la page Wikipédia de Gérard Fromanger