Kenavo Hervé

Hervé Grall au port de commerce de Brest Photo Claude PERON

Hervé Grall, expert de la mer et passionné de bateaux du patrimoine, est décédé ce mercredi 13 mai 2026 à Brest, à l’âge de 86 ans.

Je l’avais rencontré pour une interview en 2016 un peu avant les Fêtes maritimes de Brest. Je vous livre ci-dessous l’intégralité de l’article (consulté plus de 10 000 fois depuis cette date) que je lui avais consacré dans Wiki-Brest.

Né en 1940 à Brest dans une famille de marins, un milieu qui va conditionner ses envies et ses choix, Hervé Grall n’a jamais connu son père, victime du drame de Mers-el-Kébir (3 juillet 1940).

Une vocation de marin contrariée et des études supérieures

Élève du lycée de Brest en baraques, il a suivi les cours d’Histoire de Yves Le Gallo , fondateur de l’Université à Brest, un professeur qui l’a fortement marqué. Sa vocation de marin, contrariée par un problème de daltonisme et d’essais non concluants en machine comme mécanicien, l’amènent à une formation universitaire en Histoire-Géographie à Rennes de 1959 à 1962 (licence libre).

Là, il va suivre les cours d’un autre professeur, très influent, Michel Phliponneau, connu comme le « père » de la géographie appliquée, auteur de « Debout, Bretagne ! » et membre du CELIB. Il complètera cette formation par un DESS de gestion des entreprises, toujours à Rennes, à l’Institut d’Administration des Entreprises.

Une activité professionnelle diversifiée, essentiellement liée à la mer

Après son service militaire, il est embauché à la Fédération des Coopératives maritimes du Finistère dont le siège était à Concarneau, comme directeur, poste qu’il occupera pendant 5 ans. Au total, il passera 15 ans dans la Coopération maritime.

Son parcours l’amène ensuite en Rade de Brest où il prend la tête d’un groupement de 4 coopératives maritimes (Plougastel, Logonna, Brest et Le Conquet) pour l’ostréiculture. Cette union est créée suite à une forte baisse du stock de coquilles Saint-Jacques, due à la surpêche.

Il devient ainsi le gestionnaire du premier groupement ostréicole en Europe ; l’esprit de l’époque, qui se caractérisait par l’envie de faire aboutir des projets, n’est plus du tout le même à Bruxelles aujourd’hui.

Mais une épizootie touchant les huîtres plates mettra à mal le projet : en trois mois, ce seront 1000 tonnes d’huîtres qui seront perdues. Un essai de diversification au niveau du passage de la pêche à l’aquaculture , en lien avec l’UBO et le professeur Albert Lucas, sera entrepris.

Après l’arrêt de cette activité, lors de la reprise de la concession du port de plaisance du Moulin Blanc par la Ville de Brest, Hervé en devient le directeur, faisant passer la capacité de 385 à 1250 places. Il occupera cette fonction pendant 14 ans ; les trois dernières années, de 1991 à 1994, il se verra confier, outre celle du port, la direction d’Océanopolis.

Gestion de dossiers européens et expertise

Quelques années plus tard, il change à nouveau de direction, intégrant une structure de développement local du pays des Abers. Son premier dossier consiste , lors de la fermeture de l’EAM (École d’Apprentissage Maritime) de l’Aber-Wrac’h, à en imaginer la reconversion. Le projet, s’appuyant sur la Brittany Ferries, réside dans la formation des marins à la sécurité. Après des voyages qui le mènent en Grande-Bretagne et en Finlande pour étudier leurs pratiques en la matière, le projet ne connaîtra pas de suite.

Ensuite, il se spécialise dans les dossiers européens. Chargé de mission par les élus du Pays des Abers et 3 communautés de communes (Lesneven, Plabennec et Ploudalmézeau), il se met au service de leurs quelque 80 000 habitants comme chargé de la coopération transnationale dans le cadre du programme Leader, qui concerne les zones rurales.

Là aussi, son activité l’amènera à voyager dans plusieurs pays : Italie, Irlande, Grande-Bretagne, Pays-Bas, … Ce qui caractérise cette carrière très diversifiée, c’est sa situation, principalement au bord de l’eau, un choix assumé, par affinité et par volonté. En 2002, Hervé prend officiellement sa retraite, mais garde une activité en libéral en tant qu’expert du domaine nautique et des ports de plaisance (faisabilité, audit,…).

Les bateaux et le patrimoine maritime

Hervé Grall a possédé plusieurs bateaux. Le premier était un ancien cotre maquereautier de Saint-Malo. Trop grand, il l’a vendu et s’est contenté par la suite de bateaux en plastique plus petits, avant de faire construire au chantier de l’Enfer à Douarnenez le Karreg Gwenn (nom d’un rocher situé à l’entrée du port de Brignogan), cotre de Carantec.

La rencontre avec le patrimoine maritime va se faire au Moulin Blanc ; sa sensibilité historique, héritée de son milieu et de sa formation universitaire, va l’attirer vers les bateaux anciens en bois. Hervé Grall, présent au tout premier rassemblement des vieux gréements à Pors Beac’h (Logonna-Daoulas) en 1980, va rencontrer les pionniers des Fêtes maritimes ainsi que l’équipe qui va fonder le Chasse-Marée. De fil en aiguille, il est convaincu qu’il y a quelque chose à créer et au début des années 80, il se rapproche de ces personnes. L’association Lenn Vor est créée en 1983 pour la rénovation du Général Leclerc ; Hervé en est le premier président.

En 1988, lors du salon « Les Océanides » au port du Moulin Blanc, a lieu le lancement du Général Leclerc. A cette occasion, l’Amiral Préfet maritime va donner son accord pour accueillir à Brest les Fêtes maritimes, à l’étroit à Douarnenez, car victimes de leur succès.

L’idée d’un bateau du patrimoine pour Brest

En 1989, naît à Douarnenez l’idée de la construction de la Recouvrance. Lors de l’annonce du Concours des bateaux des côtes de France, Hervé se retrouve dans l’« annexe » du Chasse-Marée avec, entre autres, Bernard Cadoret et Jakez Kerhoas. Comme les fêtes maritimes vont se délocaliser à Brest en 1992, pourquoi ne pas faire construire un bateau représentatif du port du Ponant ?

Hervé se charge de poser la question au Conseil d’Administration de Lenn Vor. L’idée est lancée avec Roger Goujon, qui s’est beaucoup impliqué pour sa réalisation, et une rencontre avec Yannick Michel, Adjoint au Maire de Brest, scelle le projet. Le plan s’étoffe peu à peu et la décision est prise, mais se posent maintenant plusieurs questions :

• Occasion ou neuf ?

• Choix du type de bateau, bateau de charge ou autre ?

• Construction par DCN ou par un chantier naval ?

Un plan d’action pour le projet et des compétences qui s’associent

Une première piste les mène vers le Maïté, un 3 mâts, alors en Suède, mais sa mise aux normes coûterait trop cher. La solution choisie sera de construire un bateau neuf, plus modeste, mais moins cher.

Une première hypothèse consistant à fabriquer une réplique de cotre corsaire de l’Iroise, qui nécessiterait un équipage important, compte-tenu de la manœuvre du gréement, est abandonnée.

La deuxième qui se présente, une goélette de type Iris dessinée par l’Ingénieur Hubert au XIXème siècle, est proposée par Jean Dréo, qui avait une longue expérience de la recherche au SHD (Service Historique de la Défense – archives de la Marine), qui en a retrouvé les plans. Cette solution l’emporte, car le gréement est plus adapté à un équipage réduit, le bateau pourra aussi recevoir des passagers. Son exploitation paraît devoir être plus réaliste et devrait permettre, en tant que navire ambassadeur de la Ville de Brest, d’assurer la communication de celle-ci.

Une association est créée, regroupant des personnes non seulement intéressées par le projet, mais qui vont aussi apporter leurs compétences dans différents domaines.

Le choix du chantier pour la Recouvrance

Se pose alors le choix du chantier qui construira le bateau :

• 1ère idée, DCN, qui présente un devis inatteignable

• 2ème étape, un appel à concurrence : plusieurs chantiers navals bois sont sollicités, dont celui de Saint-Guénolé-Penmarc’h (qui construit à Quimper le lougre le Corentin) et le chantier du Guip de l’Île-aux-Moines (Morbihan) qui accepte de se délocaliser à Brest.

Finalement, c’est ce dernier qui l’emportera, pour son savoir-faire dans le domaine de la la construction navale, la construction du hangar sur le quai Malbert étant compris dans le prix. Le cahier des charges exige également que le chantier soit ouvert et que le public brestois puisse suivre toutes les étapes de la construction.

La mise à l’eau de la Recouvrance sera cependant assurée par DCN lors des 1ères fêtes maritimes brestoises en juillet 1992. C’est cette même année qui voit l’élection de Hervé Grall à la présidence de la FRCM (fédération régionale pour la culture maritime) Bretagne. Il y restera 5 ans, jusqu’à 1997.

Des publications

Au début des années 2000, il commence à écrire. Suite à de fréquentes navigations à bord de la Recouvrance, qu’il a pu barrer à de nombreuses reprises, il publie aux éditions Skol Vreizh, en 2009, un livre de 160 pages, illustré de 200 photos, « La Recouvrance, Carnets de bord », préfacé par Hervé Hamon et qui obtiendra le Prix de l’Académie de Marine, le 13 octobre 2010.

Un second ouvrage, « La mémoire de Mers-el-Kébir de 1940 à nos jours », écrit en collaboration avec Martial Le Hir, verra le jour en 2011 (Marines éditions). Il est consacré au drame (1 297 morts chez les marins français) causé par l’attaque par la marine britannique, le 3 juillet 1940, d’une escadre de la marine française mouillant dans le port militaire de Mers el-Kébir (golfe d’Oran, Algérie). Le père de Hervé, Xavier Grall, Ingénieur mécanicien à bord du cuirassé Dunkerque fut l’une de ces victimes.

Hervé contribue également à diverses revues : le Chasse-Marée, les Cahiers de l’Iroise et la Revue maritime (Institut français de la mer).

Le patrimoine maritime, hier, aujourd’hui et demain

Quand on interroge Hervé Grall sur ce qui s’est passé concernant le patrimoine maritime depuis le début du « renouveau » de la fin des années 70 à aujourd’hui, il en tire un bilan très positif.

Parti de rien, le département du Finistère a toujours été en pointe dans la construction d’un mouvement qui a entraîné d’autres régions de France (et de Bretagne) à s’impliquer, ce qui a créé une émulation en faveur du patrimoine maritime.

Concernant les bateaux du patrimoine, et spécialement, ceux classés « Monuments historiques », le problème est d’assurer la conservation et la présentation, par une démarche pédagogique adaptée en reconstituant les anciens savoir-faire dans les domaines de la navigation et du travail des marins et des bateaux. « La balade ne suffit pas », affirme-t-il.

Tributaires de l’argent public, les associations qui gèrent de manière autonome un (ou plusieurs) bateau(x), survivent la plupart du temps grâce au bénévolat assuré par des gens compétents. En général, la cohabitation entre les associations, aux intérêts divers, se passe bien. Le problème crucial pour l’avenir est de pouvoir renouveler les hommes, toujours dans le même esprit, et avec la même exigence de qualité.

Hervé Grall était également co-fondateur de l’Union Démocratique Bretonne en 1964.

Rhizostoma pulmo à Saint-Pabu

Ces grosses méduses de plusieurs dizaines de centimètres de diamètre ont fait leur apparition sur la plage de Korn ar Gazel. Aussi appelées « poumons de mer », elles sont réputées peu urticantes, mais il est cependant conseillé de ne pas les toucher.

Peseurt yezh ‘vez desket er skolioù brezhoneg ?

Setu amañ pennad kinnig prezegenn Erwan ar Pipeg er Skol Veur Lizhiri Brest (V. Segalen, sal B001 Yves Moraud) d’ar yaou 30 a viz Ebrel, da 18 eur. 

E galleg, digoust, digor d’an holl.

Jeudi 30 avril 2026 à 18 heures

Le breton et les pratiques pédagogiques

par le sociolinguiste Erwan Le Pipec

La chute du nombre des locuteurs du breton crée parfois une certaine inquiétude. Pourtant, outre la question du nombre, il faut souligner que l’âge des bretonnants s’est aussi spectaculairement abaissé : un sur trois a aujourd’hui moins de 40 ans. Alors, puisque les jeunes se voient souvent reprocher de parler un breton totalement différent de leurs ainés, qu’en est-il réellement ? Le travail de terrain présenté ici montre que le breton des enfants est en réalité un phénomène bien plus complexe…

Salle B001 Yves-Moraud, faculté Victor-Segalen – Brest

Entrée libre et gratuite


Guirec Soudée, les océans à l’envers en 94 jours, 21 heures et 58 minutes

Un petit curieux, le phoque « Moustache », est venu saluer l’ami Guirec samedi après-midi, sous les yeux ébahis du public de la digue Lapérouse.

Le globe-navigateur costarmoricain Guirec Soudée vient d’établir un nouveau record : celui du tour du monde à l’envers, d’est en ouest, contre les vents et les courants dominants. À 34 ans, il est le premier à boucler l’aventure sur son multicoque Ultim MACSF en moins de 100 jours.

Alexia Caoudal – la dernière Bigoudène à porter la coiffe – vient d’avoir 100 ans

Le 28 février 2026, Alexia a fêté ses 100 ans au Mambo de Penmarc’h, entourée de sa famille (trois enfants, huit petits‑enfants et quinze arrière‑petits‑enfants) ainsi que du maire Jean‑Paul Stanzel et du président de la Communauté de communes du Pays Bigouden Sud, Stéphane Le Doaré.

Pendant nombre d’années, il était courant de la voir participer, en grande tenue, à des événements culturels du pays bigouden et, en particulier, en voiture de maître avec chauffeur, au défilé costumé d’Eckmühl à Saint-Guénolé au mois de juillet. Petit échantillon de photos ci-dessous.

Photos et création graphique Claude Péron

Et, en guise de clin d’œil, un petit bonus offert par votre quotidien local préféré, le seul qui dit la vérité !

© Le Télégramme

Urban zone aux Capucins

Il y avait foule ce samedi aux Ateliers des Capucins à Brest pour le festival Urban zone, festival de sports urbains, qui a lieu du 18 au 22 février 2026. Cet événement propose une découverte et des initiations à diverses disciplines sportives urbaines, ainsi que des shows, contests et démonstrations, organisés par l’UFOLEP et le service des sports de la ville de Brest.

En présence d’un visiteur de marque, Fañch ar Glav (en breton François La Pluie, car il pleut toujours quand il se déplace dans le Finistère). L’ancien Président était venu apporter son soutien à son ami François Cuillandre (Fañch an Ourmel, François Les Ormeaux, produit de la mer réputé, et très apprécié dans le secteur compris entre Plouarzel et Molène) pour sa candidature à un cinquième mandat de maire de Brest.

Trophée Jules Verne : Alexia Barrier et son équipage 100% féminin, premières femmes à terminer ce tour du monde à la voile

Alexia Barrier et ses coéquipières étaient engagées dans le tour du monde sans escale et sans assistance du Trophée Jules Verne. Les huit femmes de 7 nationalités différentes : une Française, une Britannique, une Néerlandaise, une Américaine, une Néo-Zélandaise, une Espagnole et une Australienne, ont quitté Brest le 29 novembre 2025.

Ce sont :

Alexia Barrier, Dee Caffari, Annemieke Bes, Tamara Echegoyen, Rebecca Gmuer Hornell, Deborah Blair, Molly Lapointe, et Stacey Jackson

C’est à 11 h 55 ce lundi 26 janvier qu’Idec Sport, le maxi-trimaran, a passé la ligne d’arrivée située entre le Cap Lizard et Ouessant. The Famous Project CIC et ses huit skippeuses mettent ainsi fin à leur tour du monde à l’issue de 57 jours 21 heures et 20 minutes.

Les huit coéquipières ont rejoint le quai Malbert à Brest en fin d’après-midi. L’occasion pour la skippeuse Alexia Barrier de rappeler que cet équipage féminin a ouvert une voie et que « c’est en répétant l’exercice qu’on arrivera à être meilleure et peut-être qu’un jour une femme réussira à gagner le Trophée Jules Verne ».

Source du texte : Infos FR 3

Le Tour du monde en 40 jours : un nouveau record pour Thomas Coville et son équipage

Thomas Coville et ses coéquipiers, Benjamin Schwartz, Léonard Legrand, Frédéric Denis, Guillaume Pirouelle, Pierre Leboucher et Nicolas Troussel sur le maxi trimaran Sodebo Ultim 3, viennent de franchir la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne au large de l’Île d’Ouessant à 7 h 46 et 55 secondes (heure française) ce dimanche 25 janvier 2026.

Ils ont parcouru leur tour du monde en 40 jours,10 heures et 45 minutes et 50 secondes, soit 12 h 44 min et 40 sec de moins que le temps réalisé par Francis Joyon et son équipage en 2017. Cette quatrième tentative (depuis 2020) leur a permis d’établir ce nouveau record du mythique Trophée Jules Verne, tour du monde à la voile, en équipage et sans escale. Une persévérance qui récompense le travail de toute une équipe.

Le grand voilier noir, vert et blanc a franchi la passe sud du port de commerce de Brest vers 13 h avant de s’amarrer au ponton du quai Malbert. Ses marins ont été acclamés comme il se doit par quelques milliers de Brestois et de passionnés de mer, venus parfois de loin pour saluer cet exploit.