Kenavo Brigitte Maillard

A Daoulas, lors du Printemps des poètes 2017. Brigitte est la première à gauche de la photo.

Femme d’une grande sensibilité qu’elle traduisait admirablement dans ses poésies, Brigitte Maillard nous a quittés la semaine passée. J’ai eu l’occasion de la rencontrer à de nombreuses reprises lors des salons du livre “Plumes de paon”, du livre bigouden de Pont-l’Abbé et à Daoulas lors du printemps des poètes organisé par l’association Prim’Vers et prose. Que la poésie lui soit douce pour toujours !

Pour en savoir plus, voir le site du Printemps des poètes

Micro-toponymes de Guilvinec (1880) 2ème partie

Il ne reste malheureusement plus de témoins de l’utilisation des noms des nombreuses petites parcelles (microtoponymes) qui composaient anciennement le territoire de Guilvinec, faute d’usage quotidien pour désigner ces lieux fréquentés pour le travail des champs essentiellement ainsi que pour la connaissance des propriétaires répertoriés au cadastre1. Celui-ci nous révèle cependant environ 150 noms, essentiellement en langue bretonne et quasiment tous perdus aujourd’hui. La consultation de ce document est un vrai régal concernant la profusion de façons de nommer les parcelles, avant que n’apparaissent les noms de rues – dans les années 1920 – en se basant sur l’observation de la nature et du paysage façonné par l’homme. Un patrimoine imagé et informatif essentiellement oral qui ne pouvait que s’accompagner d’un travail de mémorisation pratiqué au quotidien ! Un vrai lexique que cette collection de noms !

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Voyage au pays de Bilal

Un petit coup de blues ? Bilal vous accueille au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau

Enki Bilal nous emmène à la découverte de son univers, à la croisée des arts, des cultures, des temps et des sociétés, réels ou fictionnés.
Maîtrisant les supports artistiques les plus diffusés, du cinéma à la bande dessinée, en passant par la peinture, l’artiste a largement participé à l’éveil politique d’une génération. Il observe avec lucidité, depuis les années 1980, l’état du monde et nous interroge aujourd’hui sur l’avenir d’une humanité qui aurait confié sentiments et libertés à des robots et des algorithmes.
Entre réalisme et fantastique, Enki Bilal exprime une conception du monde en résonance avec les grandes expressions qui ont jalonné l’histoire de l’art et ponctuent le parcours de l’exposition.


Michel-Edouard Leclerc

Un univers multiformes et multitechniques de création artistique
Autoportrait renversant au milieu des œuvres de Bilal

Cahiers de l’Iroise 236 : en passant par Brest et le Finistère

Au sommaire :

CISSÉ Gérard – La Tour Tanguy de main en main DE KERSAUSON Rémi – Étonnant Tonnerre de Brest VOLAND Annie – Chronique scolaire de Saint-Pierre-Quilbignon (1820-1893) KERNEIS Marie-Paule et Bernard – Mais qui était Julien Prioux (1821-1900) alias Californie ? CHEVILLOTTE Jean-Paul – Une banque brestoise : le Comptoir du Finistère (1853-1890) GUENGANT Jean-Yves – Le naturien Hervé Coatmeur (1849-1944), une rupture radicale avec la société CADIOU Georges – Huelgoat, une des premières municipalités communistes en Bretagne en 1921 CHAURIS Louis – Le labyrinthe du Portzic à Saint-Pierre-Quilbignon LAOT Albert – La découverte de la pointe Saint-Mathieu

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse de la SEBL

Le chien jaune de Sant Riwall

Près du Yeun Elez, selon les légendes anciennes qu’on racontait autrefois lors des veillées dans ce coin perdu des Monts d’Arrée – Menez Arez –, se trouve l’une des portes de l’Enfer. Située à l’est, au pied du Menez Mikel, le mont Saint-Michel de Brasparts, elle est au coeur des tourbières, dans un marais sans fond, le Lenn ar Youdig – littéralement le lac à la petite bouillie – d’où tout être vivant qui y tombe n’a aucune chance de sortir. Dans le pays, parmi toutes ces légendes, on raconte facilement des histoires de korrigans, d’Ankou, de diable, de loups et de chiens. Des chiens noirs ou encore des chiens jaunes, c’est selon.

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Adieu Gérard Fromanger

Le Rouge de Gérard Fromanger, présenté au salon UAPB du Guilvinec en 1975

Voici comment le Centre Pompidou annonçait, en février 2016, l’exposition qu’il consacrait au peintre, décédé le 18 juin 2021, à l’âge de 81 ans :

Le nom de Gérard Fromanger, aussitôt prononcé, provoque pêle-mêle des images et des références, des thèmes et des figures : Mai 68, des silhouettes rouges, des scènes de rue, Prévert, Godard, Deleuze, Foucault, le photoréalisme, la peinture et la politique. Ces associations recomposent le décor et recréent l’atmosphère dans laquelle l’œuvre de Gérard Fromanger gagne une large reconnaissance dans les années 1970. Elles ne suffisent pas à définir le projet qui, par-delà les mutations fréquentes que l’œuvre a connues, et tout au long d’un demi-siècle, affirme sa permanence : une peinture ouverture sur le monde et en même temps pleinement consciente d’elle-même.

En Bretagne, on se souvient de la première du Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture, à Landerneau qui avait proposé au public une rétrospective intitulée Périodisation, 1962-2012, du 24 juin au 28 octobre 2012. Visiteur de cette exposition, j’ai réussi à saluer Gérard Fromanger lors d’une animation. Je lui ai demandé s’il se souvenait encore de son passage dans le Finistère en 1975 — ce que peu de gens savent — lors du Salon d’art contemporain du Guilvinec organisé par l’Union des Arts Plastiques Bretagne (présidée par Claude Cléro).

Et effectivement, il n’avait pas oublié cet épisode de son riche parcours artistique, où une partie de ses œuvres avait été exposée dans un lieu improbable, au château de Kergoz, dont les salles étaient mises à disposition de l’Amicale Laïque pour son “club des jeunes”. Et pour marquer sa présence dans ce lieu, les montants d’une fenêtre de l’étage avaient été peints en rouge par les organisateurs. Scandale ! Le bâtiment étant classé aux monuments historiques, l’architecte des bâtiments de France fut saisi et la fenêtre dut retrouver sa (banale) couleur blanchâtre !

J’ai retrouvé le catalogue du Salon d’où j’ai extrait le passage suivant, écrit par Michel Foucault en février 1975 et intitulé la “Peinture photogénique”.

Les tableaux de Fromanger ne captent pas d’images : ils ne les fixent pas ; il les font passer Ils les amènent, les attirent, leur ouvrent des pas sages, leur raccourcissent les voies, leur permet tent de brûler les étapes et les lancent à tout vent La série photo-diapositive-projection peinture, qui est présente dans chaque tableau, a pour fonction d’assurer le transit d’une image. Chaque tableau est un passage ; un instantané qui. au lieu d’être prélevé par la photographie sur le mouvement de la chose, anime, concentre et intensifie le mouvement de l’image à travers ses supports successifs. La peinture comme fronde à images.

Voir aussi la page Wikipédia de Gérard Fromanger