Mes 10 km – avril 2021 – # 23

Pour terminer mon “tro Brest Meurgêr”, tour de Brest métropole, voire un peu plus, j’ai choisi de traîner mes guêtres dans le bourg de Plougastell. Vous remarquerez que j’utilise l’orthographe bretonne, car ici on est bretonnant et pas qu’un peu : les deux derniers maires, Dédé Le Gac et Dominique Cap, sont des bretonnants pur beurre et la commune se distingue par le nombre élevé d’enfants suivant un enseignement en breton dans les écoles bilingues publiques, privées ou par immersion, Diwan. La présence de la langue est effective dans l’espace public, que ce soit au niveau de la signalétique officielle, mais aussi dans les commerces. Cerise sur le gâteau, la médiathèque de Plougastell (où j’ai eu le plaisir de présenter une expo photos il y a une quinzaine d’années) porte le nom de la plus grande poétesse de langue bretonne, Anjela Duval.

À Plougastel-Daoulas, on n’a pas peur de la ramener et, non sans raisons.

La fraise, célébrité n°1 de Plougastell, rapportée du Chili par Amédée Frézier, est ici honorée de toutes les façons : logo, musée, déclinaisons diverses dans les noms de commerces et autres appels à idées.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 22

Plougastell, encore une fois (et ce n’est pas fini !), pour une triple escale sur sa face nord, de Keraliou au Passage en passant par le bois de Kererot et son exceptionnel site préhistorique de l’abri sous roche du rocher de l’Impératrice.

Le tombant du rocher de l’Impératrice, juste au-dessus de l’abri sous roche datant de l’Azilien (- 14000 ans)

Keraliou, petit port à l’ouest des deux ponts, est surtout connu pour sa production d’huîtres de qualité renommées bien plus loin que les rives de la rade de Brest. Une autre particularité du lieu est moins connue du grand public, à savoir la présence d’anciens vestiges du premier Monument américain de Brest, arrivés là nul ne sait comment. le sujet a été évoqué dans les cahiers de l’Iroise: “C’est un élément de décor de l’ancien monument brestois aux marins américains morts en 1914-1918. Il a été détruit par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale et reconstruit depuis à l’identique sur le cours Dajot. Le bloc déposé à Plougastel correspond à la frise haute du mémorial.” Pour en savoir plus, lire la question n°1287 sur le site de la SEBL.

À l’est des deux ponts, un espace naturel sensible dans un site classé Natura 2000, d’une surface de 25 hectares gérés par le Conseil départemental du Finistère, entoure les imposants rochers de l’Impératrice. C’est là que Michel Le Goffic, archéologue départemental, appelé sur les lieux après l’ouragan de 1987, a découvert deux lames de silex taillé dans un éboulis. Le début d’une grande aventure qui s’est continuée sous la direction de Nicolas Naudinot. Pour en savoir plus sur cette importante découverte, lire l’article de Wiki-Brest

Au Passage, comme son nom l’indique, on traversait l’Elorn pour passer de Cornouaille au sud au Léon au nord. Dès 1399, un droit devait être payé au seigneur local. Après 1865 et l’arrivée du chemin de fer à Brest, comme le train ne passait pas par Plougastell, ses habitants devaient se rendre au Relecq-Kerhuon pour pouvoir exporter leurs produits. La traversée de l’Elorn se faisait sur des bateaux à rames et à voiles. Un bac à vapeur a fonctionné de 1907 jusqu’à 1930, année de mise en service du pont Albert Louppe, puis quand une des arches du pont fut détruite pendant la guerre.

Pour en savoir plus, lire la page Wikipédia de Plougastell.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 21

Le long du goulet de Brest, lieu stratégique s’il en fut, on a construit toute sorte de fortifications depuis le célèbre Vauban, et peut-être même avant. Au sud de la commune de Plouzané, on trouve, entre autres, les forts du Mengant et celui du Dellec. En face, sur la côte nord de Roscanvel depuis la pointe des Espagnols, six anciens forts et batterie au moins constituent leur pendant pour prendre sous le feu croisé de leurs canons respectifs tout navire qui menacerait d’attaquer Brest.

L’îlot de la pointe des Capucins et son fort relié à la terre par un pont.

Passé le hameau de Kerourin, haut lieu de la sculpture, peuplé d’oiseaux de fer sortis tout droit de l’imagination de Mich Mao, on se dirige vers Killihouarn et ses belvédères où les vaches profitent d’un cadre exceptionnel avec vue sur Camaret. La présence des militaires a eu un effet bénéfique sur cette côte restée naturelle et non défigurée par le tourisme intensif. Le site reste cependant le terrain de jeu des nombreux randonneurs qui suivent le fameux GR 34.

En sortant du sentier côtier, on peut atteindre le haut de la colline de Kerdalae où se trouve un centre hippique. Là aussi, après un chemin creux en pente raide pour atteindre un sommet sans arbres, entre les ajoncs et les genêts qui étalent leurs ors sous nos narines, on a une vue complètement panoramique sur le goulet, la rade et la campagne du sud de Plouzané.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 20

Un site cadenassé et vide ; eh oui, même les curés ne sont pas à l’abri des virus ! Pas de miracle, Milizac n’est pas Lourdes, l’eau bénite ne produit apparemment aucun effet ! Vivement qu’on décide de siffler la fin de cette récré et que les pitchounes puissent s’adonner à leurs attractions préférées.

Le célèbre parc d’attractions de Milizac a dû tirer le rideau.

Tunnel fermé par des grilles, grands parkings vides qui gardent les traces de rodéos nocturnes, la cour de récré est désertée et attend les cris d’enfants. Peu de choses à se mettre sous la semelle dans les environs proches, je décide donc d’explorer la campagne du nord de Milizac : Kerambléau, le Quinquis, les moulins de Pont Héré et Tréléon, situés sur des propriétés privées et donc, hélas, non visitables. Il ne me reste qu’à admirer les champs et les installations agricoles, de taille importante (lait et porc) avec leurs silos et autres superstructures bizarroïdes. Le bourg de Guipronvel apparaît à quelques kilomètres ; le long de la route du retour, juste quelques croix agrémentent les carrefours, le plus original étant le “calvaire” de Tréléon, probablement un ancien menhir christianisé.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 19

La vallée du Cam à Guipavas, un espace vert à redécouvrir

Site réhabilité depuis une dizaine d’années, la vallée du Cam propose un petit circuit de balade sympathique, bien que un peu pentu par endroits. Des pentes boisées, un ruisseau, le lieu est idéal pour une promenade digestive, la balade du toutou ou intégrée dans un parcours de randonnée plus conséquent.

Sur les hauteurs, en remontant vers Le Relecq-Kerhuon et Ménez-Torallan, site de combats sanglants lors de la prise de la batterie FLAK en 1944, on a une belle vue panoramique sur les activités agricoles du secteur et sur l’agglomération de Guipavas, avec à l’est, les carrières encore en activité.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 18

Le bourg de Plouzané, noyau ancien de cette commune qui fut autrefois largement rurale, mais qui l’est encore aujourd’hui dans ce secteur, n’en est plus le centre. Avec à peine 3000 habitants avant 1970, le petit village est devenu une grande agglomération urbaine, voyant sa population multipliée par quatre. Le centre administratif, trop au nord, s’est déplacé vers Castel Nevez où se trouvent les principaux services publics. En quelques dizaines d’années, un “fablab” de matière grise s’est installé progressivement autour d’Ifremer au Technopôle.

Le bourg de Plouzané, entre agriculture et lotissements

Malgré tout, à la périphérie du bourg, les curieux et les randonneurs ne doivent pas passer à côté d’un site de première importance patrimoniale, dans un coin de verdure, à l’écart des habitations, à savoir la fontaine Saint-Sané ou fontaine du Cloître. “Cette très belle fontaine est de forme ogivale et s’appuie sur un pignon en contre-courbe et surmonté d’une croix. À l’intérieur, au-dessus du réservoir accessible par trois marches, une niche abritait la statue du Saint local. Sur le muretin qui clôt le monument devant la fontaine, se trouve une statue en Kersanton de la Vierge. À l’envers du pignon on lit : « FONTES BENEDICITE DOMINO », qui signifie « Fontaines bénissez le Seigneur ».” (Site de la Ville de Plouzané)

À signaler, une particularité relativement rare, la présence de pierre tombales en réemploi sur le pourtour du lavoir.

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Kenavo Anne Rognant

Anne Rognant avec Jean Louboutin (CCQ Saint-Pierre) à la fête de la nature 2014 (Photo Cl Péron)

Anne Rognant nous a quittés, à 51 ans. Un choc pour toute la communauté scientifique et ses collègues d’Océanopolis, tous les enseignants et leurs élèves qui ont bénéficié pendant une trentaine d’années de ses actions pédagogiques dans le domaine de la connaissance des océans et de leur biodiversité. Une personne sympathique, souriante, agréable et accueillante, qui savait partager son expérience de manière accessible, efficace et ludique, sans être rébarbative. C’était toujours un plaisir de la rencontrer ; elle manquera beaucoup à tous ceux qui aiment la mer et la science.

Pour en savoir un peu plus sur son parcours, lire l’article de Margaux Thokagevistk dans Ouest-France de décembre 2017

Mes 10 km – avril 2021 – # 17

Situé sur les communes de St-Renan et Guilers, Pontavennec, l’un des six sites issus de l’exploitation de granulats sable et gravier, est constitué de trois plans d’eau, un principal et deux petits en amont. Le plus grand a une superficie de huit hectares, les deux petits ayant une superficie de deux hectares chacun. Un site dont la configuration permet aux adeptes de la pêche de prendre du plaisir lors de la pratique de leur loisir. C’est aussi un circuit de promenade pédestre de trois kilomètres qui permet de faire le tour complet de deux des trois étangs.

Un des étangs de la vallée de l’Ildut à Saint-Renan

Les berges de Pontavennec sont très variées dont plus de 50 % avec des branches ou des arbres dans l’eau. Il existe des secteurs profonds, d’autres peu profonds, des fonds très irréguliers. Dans ce plan d’eau les pêcheurs peuvent capturer : gardons, rotengles, perches, brochets, sandres, black-bass, carpes… La carpe est classée en « No Kill », toutes les carpes capturées doivent être remises immédiatement à l’eau après photographie éventuelle.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 16

À quelques centaines de mètres du village d’Illien-ar-Gwen à Plougastel-Daoulas se trouve un site laissé à l’abandon pendant de nombreuses années. Propriété du Conservatoire du littoral depuis 2008, le fort du Corbeau, vient d’être l’objet de travaux d’aménagement en belvédère pour offrir aux nombreux randonneurs une vue remarquable sur une grande partie de la rade. Depuis que le conservatoire a fait nettoyer l’espace et l’a sécurisé, le site et les vieux bâtiments – trois casemates – se disputeront la vedette avec le désormais célèbre rocher gravé sur la grève proche, à la pointe du Caro.

Autre destination prévue pour le site, un enjeu écologique, à savoir l’accueil d’un oiseau protégé : la linotte mélodieuse. Les travaux sur le polder du Moulin Blanc l’ont chassée de son habitat naturel et on espère lui offrir ici un nouveau territoire.

Magnifique panorama su Brest et son port depuis le site du fort du Corbeau

Datant du XVIIIe siècle, ces vestiges sont ceux d’une batterie destinée à protéger le sud de la rade de Brest en collaboration avec les forts de Plougastel (pointe de l’Armorique), de Lanvéoc et de l’île Longue. Déjà, dès la fin du XVIIe siècle, la pointe du Corbeau est occupée militairement, on y installe une batterie de côte et un signal. Le cadastre ancien (section d’Illien) relève au moins quatre éléments défensifs, un fort carré au sommet topographique de la pointe et le toponyme “fort du Corbeau”.

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Mes 10 km – avril 2021 – # 15

À plus de 80 m d’altitude, la table d’orientation de Keramenez est un des points culminants de ma circonférence de 62,8 km. Sa position lui vaut d’être fréquentée par de nombreux visiteurs, car le point de vue est royal : une bonne partie de la rade, le port de l’Auberlac’h et le sillon de galets d’un côté, et de l’autre le Ménez Hom et la presqu’île de Crozon.

Entre le point de vue de Keramenez et la pointe de Doubidy se situe ma limite sud.

Le village de Keramenez comporte, comme un peu partout ici à Plougastell, des maisons anciennes avec leur style ancien ou rénovées, ainsi que de nouvelles constructions, plus géométriques. L’activité agricole est encore présente et là aussi, un point commun réunit nombre de secteurs de la commune, c’est la présence de vieux tracteurs rouges des années 60 toujours en état, à croire que les fournisseurs de matériel ont dû mettre la clé sous la porte, tant leurs engins étaient solides et inusables.

Pour rejoindre la pointe de Doubidy ou Rozegat, il faut emprunter au choix d’innombrables sentiers ou de véritables chemins creux antiques, souvent semblables à des tunnels végétaux. Et ce n’est pas sans raison que la métropole a mis un certain nombre de terrains du secteur en réserve de biodiversité. Ces chemins sont le paradis des VTTistes, mais attention aux 500 derniers mètres vers la pointe : le dénivelé de 60 m n’est aisé ni dans la descente du fait de la déclivité, ni dans la remontée qui voit les cyclistes dans l’obligation de remonter à pied, voire de mettre leur machine sur l’épaule. Un petit goût de GR 20 et de montagne corse !

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