Archives de catégorie : Arts

Voyage au pays de Bilal

Un petit coup de blues ? Bilal vous accueille au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau

Enki Bilal nous emmène à la découverte de son univers, à la croisée des arts, des cultures, des temps et des sociétés, réels ou fictionnés.
Maîtrisant les supports artistiques les plus diffusés, du cinéma à la bande dessinée, en passant par la peinture, l’artiste a largement participé à l’éveil politique d’une génération. Il observe avec lucidité, depuis les années 1980, l’état du monde et nous interroge aujourd’hui sur l’avenir d’une humanité qui aurait confié sentiments et libertés à des robots et des algorithmes.
Entre réalisme et fantastique, Enki Bilal exprime une conception du monde en résonance avec les grandes expressions qui ont jalonné l’histoire de l’art et ponctuent le parcours de l’exposition.


Michel-Edouard Leclerc

Un univers multiformes et multitechniques de création artistique
Autoportrait renversant au milieu des œuvres de Bilal

Adieu Gérard Fromanger

Le Rouge de Gérard Fromanger, présenté au salon UAPB du Guilvinec en 1975

Voici comment le Centre Pompidou annonçait, en février 2016, l’exposition qu’il consacrait au peintre, décédé le 18 juin 2021, à l’âge de 81 ans :

Le nom de Gérard Fromanger, aussitôt prononcé, provoque pêle-mêle des images et des références, des thèmes et des figures : Mai 68, des silhouettes rouges, des scènes de rue, Prévert, Godard, Deleuze, Foucault, le photoréalisme, la peinture et la politique. Ces associations recomposent le décor et recréent l’atmosphère dans laquelle l’œuvre de Gérard Fromanger gagne une large reconnaissance dans les années 1970. Elles ne suffisent pas à définir le projet qui, par-delà les mutations fréquentes que l’œuvre a connues, et tout au long d’un demi-siècle, affirme sa permanence : une peinture ouverture sur le monde et en même temps pleinement consciente d’elle-même.

En Bretagne, on se souvient de la première du Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture, à Landerneau qui avait proposé au public une rétrospective intitulée Périodisation, 1962-2012, du 24 juin au 28 octobre 2012. Visiteur de cette exposition, j’ai réussi à saluer Gérard Fromanger lors d’une animation. Je lui ai demandé s’il se souvenait encore de son passage dans le Finistère en 1975 — ce que peu de gens savent — lors du Salon d’art contemporain du Guilvinec organisé par l’Union des Arts Plastiques Bretagne (présidée par Claude Cléro).

Et effectivement, il n’avait pas oublié cet épisode de son riche parcours artistique, où une partie de ses œuvres avait été exposée dans un lieu improbable, au château de Kergoz, dont les salles étaient mises à disposition de l’Amicale Laïque pour son “club des jeunes”. Et pour marquer sa présence dans ce lieu, les montants d’une fenêtre de l’étage avaient été peints en rouge par les organisateurs. Scandale ! Le bâtiment étant classé aux monuments historiques, l’architecte des bâtiments de France fut saisi et la fenêtre dut retrouver sa (banale) couleur blanchâtre !

J’ai retrouvé le catalogue du Salon d’où j’ai extrait le passage suivant, écrit par Michel Foucault en février 1975 et intitulé la “Peinture photogénique”.

Les tableaux de Fromanger ne captent pas d’images : ils ne les fixent pas ; il les font passer Ils les amènent, les attirent, leur ouvrent des pas sages, leur raccourcissent les voies, leur permet tent de brûler les étapes et les lancent à tout vent La série photo-diapositive-projection peinture, qui est présente dans chaque tableau, a pour fonction d’assurer le transit d’une image. Chaque tableau est un passage ; un instantané qui. au lieu d’être prélevé par la photographie sur le mouvement de la chose, anime, concentre et intensifie le mouvement de l’image à travers ses supports successifs. La peinture comme fronde à images.

Voir aussi la page Wikipédia de Gérard Fromanger

Désirs-rade

Erick Bato, porte-parole du collectif Prim’vers et prose, le 12 juin lors de l’ouverture officielle de l’exposition à Daoulas.

Voir aussi le bel article de Florence Malésieux, journaliste à France 3 Iroise, consacré à cette journée.

Printemps des poètes : “Désirs-Rade” à Daoulas

Pour la cinquième année consécutive, le Printemps des Poètes de Daoulas va se dérouler sous les auspices du mariage entre Photographies et Poésie. Cette union va se concrétiser sous la forme d’une exposition de panneaux alliant ces deux formes artistiques dans les embruns de la Ria de Daoulas le long du chemin de l’Estacade.

L’intitulé de l’exposition « Désirs-Rade » rappelle le thème national 2021 du printemps des poètes : Le Désir

Thème d’actualité en ces temps de pandémie où chacun attend ardemment de pouvoir réaliser ses rêves.

Cette manifestation, soutenue par la commune de Daoulas labellisée « village en poésie » et la Communauté de Communes de Landerneau-Daoulas, est portée par l’association « Prim’Vers et Prose » qui œuvre depuis une dizaine d’années à la promotion de la Poésie sur son territoire.

L’exposition installée le samedi 24 avril permettra aux nombreux promeneurs de se familiariser avec cet art illustré et vice versa par la photographie (l’exposition se poursuivra jusque fin septembre). Cette exposition prolonge celle des «  balades photographiques » installée dans la commune sous l’égide de l’Abbaye.

Ce jour a aussi été choisi par la municipalité pour la signature de la nouvelle convention qui lie l’association à la commune dans l’animation du Printemps des Poètes.

L’inauguration aura lieu le samedi 12 juin à la salle Kerneis à Daoulas à partir de 15 h en présence des nombreux artistes participant à l’événement avec à la clef un spectacle musical.

Photographes participants invités : Jérôme Catrevaux, Marc Daniel, Elfriede Laroche, Didier Olivré, Claude Péron, Luc Sarlet, Bernard Staelen, Michel Stéphan, Maryvonne Troël, Gérard Viudès, Ronan Yver

Poètes participants invités : Anne Jullien, Hervé Eléouet, Louis Grall, Jean-Paul Kermarrec, Brigitte Maillard

Et bien entendu les poètes et photographes membres de l’association « Prim’Vers et Prose ».

  • Poétesses : Marcie Chol, Nathalie Guillerm, Marcelle Le Saint, Nicole Sarlet
  • Poètes : Laurent Guillerm, Lan Trividic, Erick Bato,
  • Photographes : Pascale Goascoz, François Grall, Nathalie Guillerm, Luc Sarlet

Voir les photos sur la galerie Désirs-Rade

I L O E

Il paraît qu’en latin « photographie » se dirait imago lucis opera expressa, c’est-à-dire image révélée, « sortie », « montée », « exprimée » (comme le jus d’un citron) par la lumière.

Roland BARTHES

Appel pour l’abbé Pierre

Photo Claude Péron

La fresque de l’abbé Pierre au port de commerce de Brest, rue de Madagascar, commence à donner de sérieux signes de fatigue. La peinture s’en va peu à peu au point où celle du graff qui occupait précédemment cet emplacement commence à réapparaître.

Voir ici l’oeuvre originale de Faki (Photo Philweb 2015) sur Wiki-Brest

Budget participatif ou autre solution pour le remettre en état ?

L’or du premier janvier

Cadeau de 2021 ou signe d’espoir ? Le goulet de Brest avait décidé de faire le spectacle ce 1er janvier au moment du coucher de soleil. Ce feu d’hiver pictural nous rassure et nous fait envisager l’avenir avec optimisme.

Esprit de Gauguin

Hier, dans l’église de Pont-Aven, la lumière du matin jouait avec les vitraux. L’esprit de Paul Gauguin serait-il encore présent au travers de ces jeux de couleurs ?

Pierre, de Logonna

Saint-Pierre, le premier des 12 apôtres figurés sur la stèle de Rungléo à Logonna-Daoulas
(Acrylique 50 x 70 Claude Péron)

Le dimanche 2 août, l’association Couleurs de Bretagne a eu la bonne idée d’organiser un concours de peinture mettant en valeur le riche patrimoine de la commune de Logonna-Daoulas.

En cette année bizarroïde, je me suis dit que ce serait une bonne occasion de participer à un événement jamais encore vécu, une nouvelle aventure.

Après des années de cours du soir aux Beaux-Arts de Brest avec le docteur Bellec, Pierre Cap, Jean-Pierre Auclair, Gilbert Caroff et Hung Rannou principalement, j’ai laissé tomber les crayons et les pinceaux après 2008.

Photo Gérard LC

C’est donc avec un grand plaisir que je me suis inscrit à cette journée. Ayant choisi, après une petite recherche sur Wikipédia, le site de Rungléo et son “menhir christianisé” des 12 apôtres, je me suis retrouvé sur place avec un couple de rennais, Claude, à l’aquarelle, et son épouse, Christiane, au pastel sec.

Habitués des ateliers d’arts plastiques de leur région et du concours Couleurs de Bretagne, ils ont été de bonne compagnie, me prodiguant conseils et critiques bien senties. Nous avons également pu échanger autour d’un verre, un apéro sympathique offert par un de leurs amis résidant à Logonna.

Nous avons aussi reçu la visite de la famille du château de Rosmorduc, trois petites filles qui ont produit chacune un dessin avec le savoir-faire inhérent à leur âge, accompagnées de leur mère et leur grand-mère. Cette dernière nous a permis d’échanger sur la généalogie, l’histoire locale et le patrimoine de la commune.

A la fin de la journée, le jury ayant délibéré, j’ai gagné le droit de retenter ma chance une prochaine fois ; mes nouveaux amis rennais eux, ont vu leur joli travail récompensé par un prix chacun. Bravo à eux !

Pour en savoir plus sur la stèle de Rungléo

La stèle de Rungléo Photo Gilbert Le Moigne Wikimédia Commons CC-BY-SA 3.0

“Célèbre entre toutes est la Croix des apôtres de Rungléo à Logonna-Daoulas. Tournée vers le Nord, elle rompt avec la règle des croix occidentées. Le bétyle en pierre ocrée extrait d’une carrière voisine, loin d’afficher l’usure qui sied aux mégalithes, n’est pas comme eux planté en terre. Il est posé sur une pierre qui, en revanche, montre, un sillon destiné, selon M. Giot lui-même, à quelque usage néolithique.

Pour comprendre cette croix sans équivalent, est-il besoin de recourir à l’art d’Irlande ignoré des anciens de nos carrières ?

Car, en définitive, ce sont eux qu’il faut interroger pour comprendre et les inviter à montrer ce qu’ils ont produit à la même époque, dans le même style et le même matériau, en l’occurrence le calvaire du Tréhou, de 1578 dont les apôtres sont analogues à ceux-ci.

Rungleo est au centre de la zone d’extraction de la pierre dite de Logonna. A six cents pas, le sanctuaire de Sainte-Marguerite accueillait le pardon des carriers.

Ainsi, sans remonter à un Xle siècle hypothétique, il n’est pas incongru de voir dans le bloc façonné sur une seule de ses faces un panneau référence élaboré de chic par un maître de carrière pour offrir à ses ouvriers l’image référence des Douze munis de leurs attributs.”

Yves-Pascal Castel, En Bretagne, croix et calvaires, Editions Minihi Levenez 1997