Archives de catégorie : Mémoire

La Marie Catherine

La Marie Catherine est une chaloupe armée au quartier maritime de Quimper, syndicat de Pont-l’Abbé, allant au Pilotage extérieur. Jaugeant 5,08 Tx, elle a été construite en l’an 1846 à Quimper et appartient à Jean Etienne Le Cléach de Plomeur (Guilvinec), 40 ans, patron ayant le brevet de Pilote lamaneur.

Le rôle d’équipage de 1855 nous indique que 9 marins (8 présents au débarquement) ont été embarqués à bord de la Marie Catherine :

Jean Louis Coïc, 35 ans, de Treffiagat, matelot

Hervé Le Cléach, 32 ans, de Plomeur, frère du patron, matelot

Louis Durand, 32 ans, de Plomeur, matelot

Jacques Le Cléach, 36 ans, de Plomeur, frère du patron, matelot

Jean Stéphan, 45 ans, de Plomeur, matelot

Tudy Stéphan, 17 ans, de Plomeur, fils du précédent, novice

Jean Vincent Le Cléach, 11 ans, de Plomeur, mousse (taille : 1,20 m!)

Sébastien Le Brun, 18 ans, de Plomeur, matelot

Louis Le Quéméner, 24 ans, de Plomeur, matelot

Du 14 septembre au 23 novembre 1855, la Marie Catherine a fait la pêche à la sardine à Douarnenez.

En 1859, la Marie Catherine sera remplacée par la Marie Annette, toujours sous le commandement de Jean Etienne Le Cléach.

Source : SHD Brest 3P7 14 1856

Cap Caval, le n° 38 est paru

Le numéro 38 de la revue Cap Caval, tiré à 1 300 exemplaires, vient tout juste de sortir d’impression et est disponible dans les quelque 50 dépôts du pays bigouden.

Le magazine culturel, à parution bi-annuelle (en juillet et en décembre) est porté par la fédération Startijenn Ar Vro Vigoudenn et s’appuie sur un comité de rédaction bénévole qui la fait revivre depuis juin 2011.

La revue Cap Caval est disponible (prix 9 €) dans les Maisons de la Presse et sur abonnement auprès de la fédération Startijenn Ar Vro Vigoudenn 11, place Gambetta 29120 Pont-l’Abbé (tél.: 02.98.87.08.94)

La Marie Jeanne Mauricette

Registre d’armement de la chaloupe La Marie Jeanne Mauricette (Doc SHD Brest 3P7 1 1845)

La Marie Jeanne Mauricette est une chaloupe de pêche de 3 Tx, non pontée, construite en 1834 à Concarneau, appartenant à Jean Etienne Le Cléach de Guilvinec, commune de Plomeur, et immatriculée au quartier maritime de Quimper, syndicat de Pont-l’Abbé. Son équipage, à l’armement de 1845, est composé de 5 hommes :

Le Cléach Jean Etienne, 30 ans, patron

Berrou Jean Joseph, 43 ans, matelot,

Le Cléach Jacques, novice,

Le Cléach Joseph, mousse,

Berrou Jean, mousse,

A la fin du mois d’août, une partie de l’équipage est débarquée et trois nouveaux matelots embarquent :

Cléach Joseph, matelot,

Le Gall Louis, novice,

Tanneau Jacques, mousse.

Le document indique également que le bateau sera définitivement désarmé en janvier 1846 avant d’être détruit. C’est la confirmation que la durée de vie des chaloupes, à cette époque, dépasse rarement les 10 ans.

Cap Caval, le numéro 37 est paru

Revue Cap Caval. Penmarc’h dans la guerre.

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Le numéro 37 de la revue Cap Caval, tiré à 1 300 exemplaires, vient tout juste de sortir d’impression et est disponible dans les quelque 50 dépôts du pays bigouden. Le magazine culturel, à parution bi-annuelle (en juillet et en décembre) est porté par la fédération Startijenn Ar Vro Vigoudenn et s’appuie sur un comité de rédaction bénévole qui la fait revivre depuis juin 2011.

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La revue Cap Caval est disponible (prix 9 €) dans les Maisons de la Presse et sur abonnement auprès de la fédération Startijenn Ar Vro Vigoudenn 11, place Gambetta 29120 Pont-l’Abbé (tél.: 02.98.87.08.94)

1912, un Titanic bigouden au Guilvinec

Petit rappel : au début du mois de juin 1911, tous les journaux d’Europe et d’Amérique font leurs gros titres sur le plus grand bateau du monde. Le Titanic, dernier-né de la flottille de paquebots de la White Star Line vient d’être lancé à Belfast, le 31 mai.

A la fin mars 1912, sous le commandement de son premier « pacha », le Capitaine Haddock (James Herbert), on procède aux essais techniques du navire. Celui que les ingénieurs ont baptisé l’« insubmersible » est déclaré « bon pour le service ».

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1865 Vente aux enchères au village de Guilvinec

Un investissement va se concrétiser après une période d’essai concluante pour celui qui, le premier, a imaginé, anticipé et accompagné le développement de la pêche au Guilvinec ; un embryon d’industrie polyvalente qu’il a mis en place va se révéler porteur d’avenir et permettre l’expansion d’une industrie essentiellement basée sur la pêche du maquereau ainsi que, dans une moindre mesure, de la sardine et d’autres espèces, poissons et crustacés.

« Me Le Déliou, notaire à Pont-L’Abbé, va procéder, ce jour, 31 mars 1865, à la vente aux enchères par extinction de feux sur la mise à prix de 1 500 francs, le fonds d’une tenue sise au village de Guilvinec, en la commune de Plomeur.
Ce terrain était loué à M. Pichot depuis le 28 février 1861 et jusqu’au 29 septembre 1869. On peut penser que, les affaires prospérant et étant appelées à se développer encore plus depuis l’arrivée du train à Quimper, le presseur-mareyeur-armateur voulait pérenniser son implantation au port du Guilvinec sur ce terrain idéalement placé et pouvoir y construire en dur des bâtiments adéquats à son industrie, sans dépendre d’un bail.

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Ce terrain correspond au bâtiment construit plus tard, figurant sur ce plan de 1870 (AD 29)

Lors de la 1ère enchère (une bougie), les enchères montent à 2 200 francs. Plusieurs autres bougies seront allumées et la mise à prix est portée à 4 200 francs par M. Bohan Hervé, pharmacien à Pont-L’Abbé, adjudicataire pour Mr Louis Thomas Pichot, négociant et propriétaire, demeurant à Concarneau.
Pendant que deux nouvelles bougies se sont éteintes, personne n’a surenchéri et Mr Pichot emporte la mise. »

Doc AD 29

Revue Cap Caval. Gil Bizien à l’honneur

Le dernier numéro de la revue bi-annuelle du pays bigouden vient tout juste de sortir de l’imprimerie, tiré à 1 500 exemplaires et promet de beaux moments de lecture pour tous les passionnés de l’histoire locale et du patrimoine, les amoureux du parler bigouden, les inconditionnels des grandes sagas familiales ou encore les amateurs d’art contemporain. Il y en aura donc pour tous les goûts dans le numéro 35 de la revue Cap Caval, le dixième à être édité depuis sa relance en juin 2011 grâce à une fidèle équipe de rédacteurs bénévoles.

Cap Caval 35

Un éditorial de Serge Duigou et neuf articles de fond richement illustrés, en plus des rubriques mesk ha mesk ou pêle-mêle et des propositions de lecture et de musique, se partagent les cinquante pages de la revue, dont le dossier central, signé par Annick Fleitour, est consacré à un bien joli portrait de l’artiste bigouden, Gil Bizien (photo de couverture et de une, Tour Carrée au drap rouge, acrylique sur toile format 76×60, 2007).

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Pratique :
Présentation de la revue Cap Caval (n°35)
En présence des auteurs et de l’artiste Gil Bizien
Mercredi 9 décembre à 20h30
Grande salle de la Maison pour Tous de Pont-l’Abbé
Entrée gratuite et pot offert.

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La revue Cap Caval est disponible (prix 9 €) dans les Maisons de la Presse et sur abonnement auprès de la fédération Startijenn Ar Vro Vigoudenn (tél.: 02.98.87.08.94)

Le retour de l’Hermione à Brest

Grâce à Wiki-Brest, Wikimedia Commons, et le service Internet et multimedia de la Ville de Brest, j’ai réussi à embarquer, par l’intermédiaire de l’agence Rivacom, chargée de la com de Brest Evénements nautiques, sur un zodiac presse.

Il est possible d’en voir le résultat sur Wiki-Brest et Wikimedia Commons:

 

 

1869 Elections, manoeuvres et réclamations

L’activité croissante du port du Guilvinec n’est pas sans laisser indifférents les différents camps qui s’affrontent lors des élections cantonales de 1869 ; en voici un éloquent témoignage :

« Je passe à une autre manœuvre, et voici ce que je lis signé d’un homme fort honorable, témoin des faits :
« La pêche du maquereau attire dans chaque saison au petit port de Guilvinec (commune de Plomeur) un grand nombre de marins. Il s’est créé là par cette affluence un centre commercial d’une certaine importance pour l’exportation du poisson, mais qui, jusqu’à ce jour, par l’indifférence de l’administration, est resté dépourvu des conditions les plus élémentaires d’aménagement.
Les commerçants et marins du Guilvinec ne savaient, au commencement de cette année, quelle était la suite donnée à leurs réclamations, quand, dans la période électorale, ils furent visités à plusieurs reprises par des conseillers de préfecture, et notamment un jour par le secrétaire général accompagné d’agents des ponts et chaussées qui promirent hautement pour cette année le commencement des travaux.
Peu après, les agents de M. du Couëdic y firent circuler une lettre du ministre des travaux publics à ce député, lettre que nous avons vue et qui annonçait que les avant-projets étaient terminés et qu’on allait procéder à la rédaction du projet définitif. Cela voulait dire en bon français, ou plutôt en français administratif, qu’il n’y avait encore rien de fait. »
C’était, par conséquent, un démenti donné aux affirmations téméraires des agents de la préfecture. Mais pour les habitants du Guilvinec peu au courant de la procédure administrative, cela avait une autre signification ; ils n’en pouvaient conclure qu’une chose, la confirmation des assurances qui venaient de leur être données.
Cette pièce donnait à leurs espérances, qui jusque-là n’avaient été éclairées par aucun renseignement officiel, une véritable consistance. Tel était le but poursuivi par les agents de M. du Couëdic ; ils ont inévitablement spéculé sur l’interprétation qu’on ne manquerait pas de donner à ce document après la visite des agents préfectoraux, et sur ce qu’on ne manquerait pas aussi d’attribuer à leur patron l’honneur du bienfait que l’on voyait ainsi annoncé par son entremise. »

Journal officiel de l’Empire français 1869/12/24

Une tentative de pisciculture à Veilh Vor en 1865

Une dépêche du 24 octobre 1865, du Ministre de la Marine au préfet maritime de Brest, autorise par arrêté M. Eugène de Toulgoët, propriétaire à Combrit, à établir un barrage ou réservoir à poissons dans l’étang du moulin à mer de L’Estriagat (Ar veilh vor).
Cet étang appartient à M. Le Gouvello qui en a fait location à M. de Toulgoët et l’a autorisé à pratiquer des essais de pisciculture. Une enquête a été ouverte et l’ingénieur des Ponts et chaussées a dressé un plan et fait un rapport visé et approuvé par l’Ingénieur en chef de Brest. La commission permanente des pêches et de la domanialité maritime ayant rendu un avis favorable, toutes les conditions sont donc réunies pour que le projet se concrétise.

Ce réservoir à poissons, de forme irrégulière, sera établi dans une partie de l’étang, situé au fond du port de Guilvinec. Il sera construit au moyen de deux barrages d’une longueur de 70 m au plus chacun, placés vers le milieu de l’étang. Ces barrages seront formés de madriers en chêne de 2 m de hauteur et distants les une des autres de 3 cm.
Le document précise qu’il ne sera apporté aucune modification à l’état actuel de l’étang du moulin de l’Estriagat qui continuera à être alimenté par les trois ouvertures déjà existantes dans la chaussée du dit moulin. En outre, le réservoir devra être établi de manière à contenir en tout temps, la quantité d’eau nécessaire à la conservation du poisson.
L’autorisation est accordée sous la condition expresse que M. de Toulgoët ne livrera à l’alimentation que des poissons ayant les dimensions réglementaires et que le réservoir ne donnera accès qu’aux poissons qui s’y introduiraient librement ou à ceux qu’il achètera aux pêcheurs ou à d’autres détenteurs de réservoirs.

Il ne pourra transmettre à quiconque la faculté d’exploiter son établissement, sauf à en faire la demande au bureau de l’Inscription maritime de Quimper. Si la cession est accepté par la Marine, le nouveau détenteur devra en continuer l’exploitation dans les mêmes conditions.
M. de Toulgoët est également tenu, pour la surveillance et l’exploitation de son établissement, de n’employer autant que possible que des inscrits ou des femmes, enfants, mères ou sœurs non mariées d’inscrits maritimes.
Il devra aussi faciliter les investigations auxquelles les fonctionnaires ou agents de la Marine jugeraient utiles de procéder pour s’assurer des conditions de l’exploitation.

La présente autorisation, accordée à titre gratuit, ne constitue pas un droit de propriété, mais seulement un usage révocable à la première réquisition de l’Administration de la Marine, sans que le détenteur puisse prétendre à aucune indemnité. Toute infraction aux dispositions qui précèdent pourra motiver le retrait de l’autorisation et s’il y a lieu, l’application des peines portées par le décret du 9 janvier 1852.

Cette tentative, comme de nombreuses autres, portées par M. de Toulgoët, ne sera jamais viable et sera abandonnée au bout de quelques années.

Doc SHM 3P1 35

Qui est M. Eugène de Toulgoët ?
Eugène François Le Goazre de Toulgoët est né le 21 septembre 1821 à Gouesnac’h. Il est le fils de Augustin Joseph Marie Gooazre de Toulgoët, propriétaire à Gouesnac’h et de Thérèse Jeanne Françoise Du Haffont. Il se marie le 10 janvier 1844 à Roscoff avec Aglaé Adèle Mallebay, fille d’un négociant de Roscoff.

En 1855, Eugène de Toulgoët fait construire le long de l’estuaire de l’Odet, à Sainte-Marine, l’une des premières grandes villas édifiées pieds dans l’eau. Cette grande demeure se dresse sur la pointe rocheuse de Beg-ar-Hoec, appellation tombée en désuétude. La mention « pointe de Toulgoët » figure désormais sur les cartes marines.
Construite en 1854, la maison prend quelques années plus tard le nom de château de Malakoff, car sa tour crénelée rappelait aux marins qui remontaient ou descendaient l’Odet un épisode de la guerre de Crimée auquel certains pouvaient avoir participé. La prise de la tour de Malakoff avait eu lieu le 8 septembre 1855.

Selon Wikipédia, Eugène de Toulgoët aurait été armateur d’une vingtaine de bateaux (les registres matricules de l’Inscription maritime conservés au SHD à Brest n’indiquent cependant que trois bateaux appartenant à de Toulgoët de Sainte-Marine : un canot, Agile, Q 18, un autre canot, Mulet, Q 72 et une chaloupe, Frisette, Q 215). Un brick, Edouard Corbière, Q 33, appartenant à un certain Malbay, nom de jeune fille de sa femme, apparaît également.
Différentes sources affirment aussi qu’il aurait exercé cette activité d’armateur à Lesconil ou Loctudy, mais les registres matricules du SHD de Brest n’en font aucune mention.
Eugène de Toulgoët se lance dans plusieurs tentatives de pisciculture sur la côte bigoudène et aux Glénan, mais apparemment la plupart de ces expériences vont tourner court, sauf peut-être celle de Kermor à l’Ile Tudy.
En 1853, grâce à la digue de Kermor, l’Ile-Tudy est relié définitivement à la terre ferme. La palud peut être “poldérisée” et c’est la naissance de trois fermes de “colonisation” : Beg ar Fry, Le Treustel, Kermor Braz ; l’agriculture prend petit à petit la place de la mer. Reste au pied de la digue un étang d’une vingtaine d’hectares d’autant plus intéressant à exploiter que la pisciculture est à la mode. Grâce à l’appui du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, ami de la famille de Cresolles, propriétaire des étangs, la demande faite en mars 1862 “d’établir des parcs à homards et langoustes et des réservoirs dans sa propriété de Kermor” est acceptée.
À la suite d’aléas divers la Société des Pêcheries de Kermor change de propriétaires et se lance dans la pisciculture ( élevage de turbots, bars et autres poissons de luxe) dans quatre bassins créés en arrière de la digue. En 1869, l’activité redevient florissante grâce à Fortuné Halna du Fretay et au nouveau directeur, Eugène de Toulgoët.
Après son départ, les réservoirs, rachetés en 1888 par le notaire pont-l’abbiste, Le Déliou, ne sont plus entretenus et se combleront. Il n’en restera plus que le plan d’eau que traverse la route départementale actuelle.

Sources:
Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Marine_%28Combrit%29
Topic Topos :http://fr.topic-topos.com/chateau-de-malakoff-combrit
Bulletin municipal Combrit de juillet 2009 :
http://www.combrit-saintemarine.fr/wp-content/uploads/2013/08/BULLETIN_07-2009.pdf