Sommaire 4 Édito 5 Nature L’ibis falcinelle, Des marais camarguais aux paluds bigoudènes 6 Les femmes marins pêcheurs de l’Île-Tudy au XIXe siècle 14 Louis Auffret Patron du canot de sauvetage de Saint-Guénolé 22 La langoustine, l’or rose du Pays bigouden 30 L’Atelier Boem de Françoise Kerjose 35 La sonorité de Lesconil Des enquêtes scientifiques internationales à Lesconil 42 Musée Bigouden Les collections s’enrichissent 48 La photo commentée 49 Hommages 50 Lectures
Frédéric Lorenzon réalise une série de vidéos (D’un Brest à l’autre) pour le compte de «Mon réseau grandit». Sur les conseils de Christine Berthou-Ballot, il m’a sollicité pour raconter deux pans de l’histoire de Lambézellec.
Cette interview filmée est le 2e épisode de la 5e vidéo qui aborde l’histoire de Lambézellec. Elle évoque de manière synthétique l’essor industriel et ferroviaire avec l’histoire des brasseries et celle du « train patates ».
La Brasserie de Kérinou (1891) fusionne en 1925 avec la brasserie de Lambézellec (1837) et absorbe celles de Landerneau et Morlaix. La production se déplace alors vers des installations plus modernes sur le site de celle de Lambézellec qui dispose d’un terrain de plusieurs hectares proche de la ligne de chemin de fer, le train « patates », inauguré en 1893, qui dessert sur deux lignes se séparant à Bohars, Guilers, Saint-Renan, Ploudalmézeau, Portsall et Porspoder ainsi que Gouesnou, Plabennec, Lannilis.
Illustration de Pierre Audibert de l’affiche d’une expo de Mémoire de Lambé en 2001 (Doc AMBM)Publicité de la Brasserie de Kérinou (avant la fusion avec Lambé)
Ni La Pérouse ni Pierre Loti n’ont vu celui-là ! Et pour cause, en escale à Brest, il fait son Tro Breizh avant de rejoindre la Vallée des Saints. Placé bien en évidence près du jardin des Explorateurs et en vis-à-vis du Château de Brest où repose l’ « inconnu de Vanikoro », le regard tourné vers le goulet et le grand large, il domine la Penfeld, d’où sont parties de nombreuses expéditions scientifiques, à la découverte du Monde.
Après avoir quitté Saint-Malo le 4 novembre dernier, le cotre Le Renard, réplique de celui du corsaire Robert Surcouf, est arrivé à Brest le 5 et s’est amarré au ponton de la digue La Pérouse. Une fois débarqués mature et gréement le 7, le navire a rejoint le quai n°4 le 12 novembre. Sorti de son élément par une grue, il a été transporté par la route sur une remorque jusqu’au quai Malbert.
Ce matin, 13 novembre 2025, le Renard vient de rentrer dans le hangar du chantier naval du Guip, réputé pour son expertise, pour toute une série de vérifications et de remises à neuf.
Au programme :
inspections sur la carène
réparations des bordés si nécessaire
travaux sur la partie arrière.
changement de moteur
Pour en savoir plus sur Le Renard, voir sa page Wikipédia
GUENGANT Jean-Yves – Portfolio – Les arbres, témoins de l’histoire brestoise
BEDRI Hervé – La nature dans la ville : le cas de Brest
OLIER François – Les bastides de Kervallon – Aux origines, 1686-1835 : habitat, jardins et terrasses
CISSÉ Gérard – De la batterie Filley au Jardin des explorateurs
CARDINAL Gilles – Le jardin de la laïcité à Recouvrance – 1905-1908
HASLÉ-LE GALL Brieg – Les jardins de Monsieur Mathon
HUDIN Stéphanie avec BUORD Stéphane et MAGNANON Sylvie Le Conservatoire botanique national de Brest – 50 ans au service de la flore Une aventure humaine et scientifique
KERFEUNTEUN Gurwann – Le jardin Marie Rosenbaum
PÉRON Claude – Le Clos de la Recouvrance : un lieu, des arbres, du bois et un bateau
HASLÉ-LE GALL Brieg – Autant en emporte le vent : le parc d’Éole
BEDRI Hervé – Brest, jardins de marins ou de femmes de marins ? Approche ethnographique des pratiques de jardinage de militaires de la Marine nationale
PHILIPPOT Jacques – Genèse du Jardin Extraordinaire de Brest
Autour du thème
LE CHOIX DE LA RÉDACTION
CHAURIS Louis – Un curieux exemple de polylithisme : le manoir de Keroual en Guilers (pays de Léon)
La pétition « Sauvons le Musée de la Préhistoire Finistérienne à Penmarc’h » a été mise en ligne en partenariat avec « Sites et Monuments ».
Elle est sur Change.Org et pour la découvrir vous pouvez cliquer sur le lien suivant https://chng.it/NYPSqxzcFz
Si ce n’est pas déjà fait et si vous êtes en accord avec son contenu, merci de la signer et n’hésitez pas à la relayer autour de vous.
Pour avoir un aperçu des richesses de 500 000 ans d’histoire humaine en Finistère, je vous invite à consulter la collection archéologique du musée de Penmarc’h sur le site que lui a consacré la DRAC Bretagne (Ministère de la Culture)
Vincent Scouarnec, marin-pêcheur, est né le 21 août 1788 à Plomeur (hameau de Guilvinec). Fils de Jacques Scouarnec et de Isabelle Criquet, il est marié à Isabelle Huiban, le 23 novembre 1819 à Poullan. Il aura connu une carrière riche en embarquements dans la marine française, échappant, contrairement à d’autres membres de sa famille, aux prisons anglaises1 ou à la mort2 lors des guerres, que ce soit celles de la Révolution ou de l’Empire. Son cousin Jean Scouarnec était l’arrière-grand-père d’un maire de Guilvinec au XXe siècle, Marc Scouarnec, né en 1894.
Combat du Romulus Wikimédia Commons
Une famille de marins marquée par les guerres
Son père,
Jacques Scouarnec, comme d’autres marins guilvinistes et léchiagatois, a participé à la Guerre d’Indépendance des États-Unis de 1778 à 1783 ( Anglo-French War). Des 38 inscrits répertoriés dans le port entre 1776 et 1785, 18 sont morts, soit près de la moitié: la plupart sur les vaisseaux du roi, lors de batailles navales avec les Anglais principalement, en Amérique, lors de la guerre d’indépendance des États Unis, aux Antilles ou encore en Espagne (Cadix), mais parfois aussi à Brest ou à Recouvrance.
Né le 26 octobre 1759 à Plomeur (Poulguen Kervaragan), Jacques Scouarnec se marie le 7 janvier 1784 à Treffiagat à Isabelle Criquet de Plomeur, veuve de Riagat Guiziou, marin, né le 28 février 1744 à Guilvinec. Celui-ci a participé à 2 campagnes : en 1763 sur le Diligent et en 1781 sur le Duc de Bourgogne, navire-amiral de l’escadre dont le chef était le Chevalier de Ternay (Armée de Rochambeau). Il est mort le 6 août 1781 à 37 ans à l’hôpital de Boston.
Jacques Scouarnec, lui aussi sur le Duc de Bourgogne, aide-canonnierpendant la guerre d’Indépendance américaine devient quartier-maître canonnier à 24 fr de solde par mois en 1789 et finit second-maître à 54 fr. Une belle carrière pour un pêcheur quasiment illettré3 !
En 1792, levé pour Brest, il est embarqué sur le vaisseau le Barrick, puis sur l’Engageante4. Pris en 1794, il revient des prisons d’Angleterre en 1795.
Vaisseau à deux ponts
Son frère,
Jacques Scouarnec né le 5 janvier 1786 est mort de fièvres à l’Hôpital Militaire de Naples le 11 septembre 1807. Il appartenait au 62e Régiment d’Infanterie de Ligne – 1er Bataillon – 8e Compagnie – Fusilier – Matricule n° 3889.
Son oncle
Mathieu Scouarnec, né le 31 octobre 1764 à Plomeur (Poulguen), fils de Jean Scouarnec et Anne Le Begue (Bec). Embarqué en 1791, sur la Perdrix, en 1792 sur le Républicain, en 1794 sur le Tourville.
Fait prisonnier sur le transport l’Harmonie, il connut les bagnes flottants d’Angleterre pendant quatre ans. Libéré en 1800. Muté sur la corvette la Bacchante en 1803, il retrouva les prisons anglaises, pris sur la corvette la Bacchante, le 25 juin 1803. Prisonnier en Angleterre jusqu’au 28 décembre 1812.
Après ces 9 années de captivité, à 49 ans, il était devenu un vieillard. Les conditions abominables de captivité avaient eu raison de sa santé. Quelque temps après son retour, il demanda à entrer à l’hôpital. Il est décédé le 26 novembre 1819 à Plomeur (Guilvinec), à l’âge de 55 ans.
Vincent Scouarnec, douze ans au service de l’État
Vue du port de Brest Van Vlarenberghe Musée des Beaux-Arts de Brest
À 18 ans, après quelques années passées comme mousse ou novice à la pêche sur une chaloupe, Vincent Scouarnec va rejoindre Brest en décembre 1806. Il restera à terre dans un premier temps ; pendant près de deux ans il recevra une formation de canonnier.
Après cette période, il va embarquer comme matelot sur de nombreux navires, la plupart du temps des vaisseaux de 74 canons : le Jean Bart, le Jemmapes, le Triomphant.
Après un séjour de deux ans à Toulon (1810 – 1812), incorporé au 1er équipage de la flotte, il retrouve Brest et embarque sur les vaisseaux le Scipion, le Romulus, l’Austerlitz, le Superbe et enfin le Duc d’Angoulême.
Débarqué à Brest du vaisseau Duc d’Angoulême en avril 1815, il obtient une permission de 15 jours pour aller chercher de l’emploi.
Du 9 septembre 1815 au 7 février 1817, il va embarquer à Brest sur la corvette (ou brig) l’Euryale, en partance pour l’Amérique, pour une mission scientifique d’exploration organisée en Martinique afin de mieux connaître la flore et la faune de cette île.
L’Euryale Maquette du Musée de La Rochelle Photo Patrick Janiak
Un compte-rendu publié à l’époque nous en apprend un peu plus sur les résultats de l’expédition5 :
Note sur divers objets d’histoire naturelle, apportés récemment au Jardin royal des plantes, à Brest.
Un arsenal maritime se compose nécessairement d’ateliers, de chantiers, de magasins qui, par leur étendue, leur symétrie et leur architecture, offrent un ensemble vaste, varié, quelquefois pompeux et toujours pittoresque.
Qu’on examine les superbes tableaux de marine peints par Vernet, Hue, Crépin, etc., et l’on ne sera pas moins charmé de sa beauté qu’étonné de la grandeur d’un tel spectacle.
La munificence de nos rois et de leurs ministres, surtout depuis le glorieux règne de Louis le Grand, avait réuni dans les arsenaux maritimes de Brest, Toulon et Rochefort, tout ce qui est nécessaire à la composition et à l’équipement de forces navales d’une grande monarchie ; et l’on y trouve à des distances très rapprochées, des ouvrages, des machines, des établissemens dignes de fixer en même temps les regards des curieux et l’attention des observateurs.
Un jardin royal des plantes contribue, à peu de frais, à l’ornement de chacun de ces ports : là, le marin qui veut connaître les intéressantes productions de la féconde nature, vient contempler et étudier les végétaux de toutes les parties du globe qu’il est destiné à parcourir.
En terminant ses périlleux voyages, il vient encore visiter ce lieu de ses premières études, et l’enrichir du tribut de ses recherches. C’est surtout ainsi que ces jardins se sont entretenus, et qu’on est parvenu à y rassembler tant de plantes remarquables par leur beauté, par leur rareté, ou par des propriétés utiles.
Dans l’enceinte du jardin royal des plantes, au port de Brest, on a aussi commencé à former un cabinet de zoologie, qui déjà renferme un assez grand nombre d’individus des diverses familles du règne animal.
Cette collection devient chaque jour plus nombreuse par les soins des marins en général, et en particulier par ceux des chirurgiens de la marine, qui se font un devoir d’y déposer les objets curieux et instructifs qu’ils se sont procurés dans le cours de leurs campagnes.
Jardin du Roy Hilaire Jean-Baptiste
M. Vincent, chirurgien de la corvette du Roi l’Euryale, commandée par M. le capitaine Fleuriau, a récemment apporté de la Martinique, des oiseaux, des poissons, des vers, des graines, etc., que la collection de la marine ne possédait pas encore. De ces différents objets nous citerons seulement :
1. L’ani des savanes, Crotophaga Ani (Linné), oiseau grimpeur et entomophage qui habite les Antilles, et particulièrement les hautes régions de la Solfatare de la Guadeloupe.
2. Le Cohé ou Engoulevent à lunettes, Caprïmulgus Americanus, oiseau nocturne qu’on regarde dans l’archipel des Antilles comme de mauvais présage, opinion vulgaire qu’ont fait naître ses formes et ses mœurs qui se rapprochent de celles du chat-huant. II ne sort de son trou que vers le crépuscule et fait entendre alors un cri rauque et lugubre. Les pêcheurs croient qu’il annonce la tempête et le naufrage, et ils donnent aussi le nom de Coke, qui vient des Caraïbes, à certains endroits des côtes où les pirogues courent quelques dangers : telle est l’entrée du Lamentin, dans la baie du Fort-Royal de la Martinique.
3. Le Tamatia, Bucco Tamatia ( Linné ).
4. Le Tyran ou Titiry, Lanius tyrannus ( Linné ) ; c’est la pie-grièche des Antilles.
5. Un loxia qu’on croit être le Loxia indicator, espèce nouvelle décrite par Moreau de Jonnès.
6. L’anolys, Anolius striatus (Baudin), espèce de lézard.
7. La Grande Vipère Fer-de-lance, Vipera lanceolata ( Lacépède ), Trigonocephalus lanceolatus (Moreau de Jonnès ).
Si ces animaux n’ont pas le mérite d’être nouveaux ou très rares, ils sont néanmoins peu connus, et doivent entrer dans une collection qui, par les mêmes moyens, peut devenir, en quelques années, assez considérable et assez riche pour exciter l’intérêt des naturalistes, et pour concourir, avec les autres monuments qui décorent le port de Brest, à embellir de plus en plus ce magnifique entrepôt d’une des parties les plus essentielles de la force publique et de la puissance du monarque.
Retour à la pêche à Guilvinec
Après 1818, retour à Guilvinec où il est noté « présent au service, à la pêche sur l’Anne Louise Bon Voyage ».
Vincent Scouarnec est décédé à 48 ans le 28 avril 1837 à Plomeur (Guilvinec).
Un maire dans la famille
Jean Scouarnec, né en 1786 (fils d’André), cousin de Jacques fils et de Vincent était l’arrière-grand-père de Marc Scouarnec (né en 1894), Maire de Guilvinec.
Marc Scouarnec a été maire du Guilvinec de 1935 à 1939 (destitué en 1940 par le gouvernement de Vichy) puis de 1944 à 1965.
C’était une figure importante du mouvement communiste local et un militant syndicaliste CGTU. Embarqué sur le Guichen de 1914 à 1917, il a, comme quelques autres matelots du quartier, rencontré Charles Tillon à bord du croiseur. Dans son livre « On chantait rouge ! », celui-ci le confirme : « À Guilvinec, Scouarnec, l’ancien cambusier du Guichen, était devenu secrétaire des pêcheurs.» (en 1926)
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marc Scouarnec a été arrêté par la police française en 1942, déporté dans le camp de Voves puis de Pithiviers. À sa libération, il a été accueilli en héros par la population locale et a été réélu maire du Guilvinec, poste qu’il a occupé jusqu’en 1965, démissionnant pour raisons de santé, mais restant second adjoint de Jean Le Brun jusqu’à sa mort en 1968.
4L’Engageante est une frégate de 26 canons, de 600 t et 45 m de long, prise près de l’Île de Batz en juillet 1794 par HMS Concord, Commodore Borlase-Warren. Transformée en navire-hôpital.
Izili Ar Skol Vrezoneg zo bet degemeret gant Gwenole Fauve d’an 21vet a viz Even evit weladennin diskouezadegoù mirdi an abati kozh ha lec’hienn arkeologel
Degemeret ez eus bet 18 ezel eus ar gevredigezh e mirdi abati kozh Landevenneg evit ur weladenn heñchet e brezhoneg gant Gwenolé Fauve.
Er programm e oa :
Ar mirdi, a gont istor 1 500 vloaz istor al lec’h (patromoù, delwennoù, kizelladurioù, adsavadurioù, levrioù, dornskridoù, h.a.)
Liorzh al louzaouennoù
Dismantroù ar savadurioù liesseurt a zo bet e-pad prantadoù disheñvel ha talvoudegezh ar c’hambroù liesseurt a zo e-barzh ar mogerioù (kloastr, chapelioù, iliz, kouskvaoù, kegin, h.a.)
Laouen eo bet an holl dud o deus kemeret perzh er weladenn (sklaer hag aes da vezañ komprenet mat e brezhoneg gant an holl).
Loïk Saliou (1943-2025), professeur d’histoire-géographie honoraire, membre du conseil d’administration de la Société d’Études de Brest et du Léon, contributeur des Cahiers de l’Iroise vient de nous quitter. Cet homme savant, généreux et curieux va nous manquer.
Loïk Saliou (Photo Collection familiale)
Les CCQ de Lambézellec et des Quatre-Moulins
Le projet « Capucins »
J’ai fait sa connaissance en 2008, en intégrant le Conseil Consultatif de Quartier de Lambézellec. Nous allons surtout travailler ensemble dans le cadre d’une commission inter-quartiers chargée de définir des propositions pour le devenir du site des Capucins, cédé à la Ville par la Marine nationale.
Dirigée par Annick Cléac’h et Jacques Quillien, animée par Grégory Guérin et une équipe des mairies de quartier de la rive droite, cette commission consultative va se réunir régulièrement et produire des contenus et des actions à mettre en place pour ce futur «Centre d’interprétation de la mémoire ouvrière et maritime de Brest». Une expérience riche qui va déboucher sur des amitiés et des collaborations qui vont s’inscrire dans divers projets, et encore jusqu’à aujourd’hui.
Ainsi, Loïk, Fred Le Duff, Jean Louboutin et moi-même avions constitué une sous-commission très active. Lorsque la restitution des travaux a eu lieu, signant la fin de l’aventure, nous nous sommes dit qu’une dynamique était née et qu’il fallait aller plus loin et la prolonger à notre niveau, dans les quartiers.
De là est née l’idée d’une rencontre au travers de randonnées inter-quartiers, telle celle, triple, que nous avons organisée pour les cinquante ans du quartier de Bellevue. Dans le même esprit, un projet de randonnées à thèmes a été mis noir sur blanc et transmis au service Patrimoines de la Ville (qui s’en est probablement inspiré pour les Balades en Ville du mardi soir).
Le petit train de Lambé
En 2012, Loïk sera, avec Annick Cléac’h, la cheville ouvrière d’une commission du conseil consultatif de quartier (CCQ) de Lambé chargée de présenter une exposition intitulée «Quand le petit train passait à Lambézellec». Son but : faire revivre le patrimoine local en partant sur les traces du petit train départemental, en activité jusqu’en 1947.
Après avoir enquêté pendant un an et demi, ils racontent l’histoire du petit train, son réseau, ses infrastructures et la nostalgie qui subsiste dans les mémoires des anciens. L’année même du lancement d’un tram à Brest, cette exposition fait sens en reliant le passé, le présent et l’avenir. Elle s’inscrit aussi dans le cadre des Journées européennes du patrimoine.
Quelques membres du CCQ de Lambé lors du vernissage de l’exposition photo intergénérationnelle (MDQ Kérinou/Ferme Jestin – EHPAD de Lambé et Foyer Horizon des Papillons blancs) – Photo Gaby Carval
Retrouvailles, de «Lambé aux 4-Moul»
En 2014, lors du renouvellement des CCQ, nous nous sommes retrouvés, Loïk et moi, pour diverses raisons, au CCQ des Quatre-Moulins. Au menu, balades patrimoine à Recouvrance, aux Quatre-Moulins et Kerbonne ainsi qu’à Quéliverzan. Nous avons essayé, avec une petite équipe de passionnés, de faire connaître aux habitants (et aux autres) l’histoire de leur quartier en marchant.
Loïk et deux bénévoles du CCQ des Quatre-Moulins sur le quai de Recouvrance lors des Fêtes maritimes de Brest 2016
Balades et Label Ville d’Art et d’Histoire
Et logiquement, lorsque la Ville de Brest a mis sa candidature au Label sur les rails, nous nous sommes retrouvés dans une commission inter-quartiers d’environ trente personnes issues des CCQ. Sa principale réalisation : les balades «Elle est où la mer ?» organisées lors des journées du patrimoine en septembre. Loïk répondait toujours pour plaisanter : «Tais-toi et rame !»
En fait, ces balades différentes, créées de toutes pièces, hors des sentiers habituels, ont permis aux participants d’explorer de manière originale le front de mer brestois, les rapports entre la terre et la mer et leur évolution.
De Saint-Marc à Océanopolis, du Guelmeur au Monument américain, du jardin de l’Académie de marine à celui de Kerbonne ou encore sur le tracé de «balcons sur la Penfeld», elles ont réuni quelques centaines de personnes, enchantées de découvrir leur ville d’une manière nouvelle.
C’est aussi un des éléments, l’animation par des citoyens s’impliquant collectivement pour mener des projets de découverte du patrimoine dans l’espace public, qui ont été pris en compte par le Ministère de la Culture pour attribuer à Brest son label Ville d’Art et d’Histoire. Notre «noyau dur», avec Jean Louboutin, Bernard Monot, Jean-Luc Déniel, Dominique Autret, Philippe Saget et j’en oublie, très impliqué dans l’organisation, est très fier de ce résultat.
Loïk, qui a été pour nous une personne-ressource précieuse, y a largement contribué pour les bases historiques et le tracé des balades sur le terrain. Toutes les informations concernant les balades et le label ont été publiées par nos soins sur le site Wiki-Brest (Voir ci-dessous).
L’Université du Temps Libre et son groupe de recherches.
Autre association, autre projet, l’UTL de Brest va nous permettre, durant deux années, de 2010 à 2012, de faire connaissance au travers d’une activité d’écriture menée par un étudiant, Samuel Guillemot (devenu depuis Maître de conférences).
Loïk et Michelle Saliou (Photo Collection familiale)
Une première production
Quelques années plus tôt, en 2009, avant la métamorphose totale que va connaître le plateau des Capucins, le groupe de recherches de l’association finistérienne des Universités du Temps libre s’est penché sur son passé. Ce travail de trois années et demie de recherches aux Archives (Brest et marine), a donné naissance à un livre intitulé «Capucins… vous avez dit Capucins?». Huit bénévoles, dont Loïk et Michelle, ont participé à la restitution de cette mémoire, avec l’aide de Philippe Jarnoux, (UBO) et Christine Berthou-Ballot (Ville de Brest).
Un livre : En quête de mémoire
Dès 2010, l’AFUTL remet ça en proposant aux UTL locales de mener, sous la houlette d’un étudiant qui prépare une thèse sur le sujet, un travail d’écriture sur le récit de mémoire. Brest (Odile Kucharski, Anne Quiniou, Marie Yvonne Le Meur, Henri Moreau, Loïk et Michelle Saliou, Claude P) et Morlaix s’engageront dans le projet, avec le soutien éclairé de la sociologue Anne Guillou.
Une fois le projet défini et les thématiques d’écriture choisies, nous nous retrouvions une matinée par mois à l’ancienne école Langevin, après avoir transmis par e-mail nos productions aux autres participants. Il ne s’agissait alors pas de « critiques », mais de réécriture collective dans un esprit constructif.
Au bout d’une année, le groupe avait produit un bon nombre de textes et une réunion d’échanges avec le groupe de Morlaix a été organisé au gîte de Luzec, chez Anne Guillou. Dans la foulée, après choix des textes à publier, le recueil de ceux-ci, intitulé « En quête de mémoire » (clin d’œil au « Quêteur de mémoire » de Pierre-Jakez Hélias), sera mis en pages par Samuel Guillemot et imprimé chez Cloître à Saint-Thonan.
Saint-Thonan où nous nous réunirons une dernière fois avec les morlaisiens pour un repas au bourg, le jour de la remise des livres et une visite de l’imprimerie. L’ouvrage sera vendu en auto-édition aux adhérents de l’UTL (près de 800 exemplaires à Brest, un vrai succès).
Entrée au CA de la SEBL
Le 9 mars 2017, lors de l’assemblée générale de la SEBL, Loïk et moi-même sommes élus au Conseil d’Administration. D’autres collaborations vont se nouer dans un autre cadre avec d’autres personnes et un projet déjà ancien en perpétuel renouvellement !
Une exposition à Briec de l’Odet
En juillet 2019, Loïk et Michelle m’avaient fait le plaisir de répondre à une invitation de vernissage, comme de nombreux amis brestois amateurs d’art photographique ou d’histoire religieuse. Cette exposition d’une vingtaine de photos intitulées « Matière à réflexions » était le résultat d’une complicité avec Gérard Ferrec et la famille Trellu, propriétaire de la chapelle Saint-Sébastien depuis plus de deux siècles.
Loïc Loussouarn (marin-pêcheur-poète) et Catherine, Gérard Ferrec de dos, Loïk et Michelle
Loïk, à l’œil averti en matière d’art, avait flashé sur une œuvre qui a vite pris la route de son salon. Un bon choix, ma foi !
Merci Loïk pour tous ces instants partagés, de sympathie et de compétences construites ensemble. Ta discrétion n’avait d’égale que ton souci d’apporter ta pierre à l’édifice commun.