Archives de catégorie : Confinement C 19

Mes 10 km – avril 2021 – # 1

Le GR 34, le dimanche de Pâques, sur la commune de Plouzané. Une belle lumière du matin éclaire le chemin de Compostelle qui part de l’abbaye de Saint-Mathieu de Fine Terre.

Ah ! Relire “Garce d’étoile”, tout premier “Brest-seller” de l’ami Hervé Bellec. Une réponse à une nécessité absolue de liberté !

Je choisis plutôt d’explorer ce tronçon du GR 34 – Compostelle situé tout à l’ouest de mes 314 km², aux alentours de la batterie ou fort du Mengant (Men Gam, rocher courbe en breton), construite par Vauban au XVIIe siècle.

Le site de la batterie du Mengant

Même si le site n’est plus une priorité pour la Marine, il reste interdit au public. La présence de celle-ci est visible par des panneaux, mais aussi par une jolie réutilisation d’une borne de marquage octogonale, détournée pour guider les randonneurs.

Les chemins caillouteux souvent pentus sont parfois aménagés sur certains secteurs, avec des marches d’escaliers traversant les basses futaies de petits chênes tordus dans tous les sens. Un blockhaus en ruine à moitié tagué n’est pas en reste et arbore fièrement ses emblèmes colorés.

Les humains s’adonnent à leurs passe-temps préférés : marche, course ou pêche à la ligne. L’un d’eux, à qui je demandais ce qu’il pensait prendre, maquereau ou bar, m’a avoué qu’il n’en savait rien, car c’était une première fois pour lui. Espérons que le poisson d’avril lui sourira !

Le premier lézard vert de la saison traverse à toute berzingue le sentier terreux, me laissant à peine le temps de cadrer et déclencher. La nature s’est mise en costume printanier et s’éveille, éclatante de nuances de vert parsemé de jaunes d’or, de blancs et de violets. Une renaissance qui ne peut que rendre optimiste pour la suite, espérons-le !

Voir les photos sur la galerie Mengant

Le fort du Mengant sur Wikipédia

Mes 10 km – avril 2021 – # 0

Le troisième confinement vient d’être décidé. Un mois à occuper dans un rayon de 10 km autour de chez nous, dans un disque de 314 km² et une circonférence de 62.8 km. Alors, quelle attitude adopter ? Subir cet état de fait, comme tous les pleurnicheurs professionnels attitrés ? Ou alors faire preuve de créativité et mettre à profit cette contrainte pour explorer cette frontière imaginaire propre à chacun de nous, selon sa situation géographique ?

Mon territoire virtuel autorisé de 314 km², moins évidemment une partie “liquide” englobant le goulet, la rade et l’Elorn.

C’est cette deuxième hypothèse que je choisis afin de revisiter des espaces que je crois connaître, que je connais probablement partiellement ou alors carrément pas du tout. Le but final de l’opération : la création d’une œuvre picturale multiple, sans limitation de nombre et de sujets, qui sera partagée sur ce blog.

Ce concept de prises de vues (A un kilomètre de chez moi) avait déjà été utilisé et décliné en projet photographique lors du premier confinement de mars-avril 2020 par le Centre Atlantique de la Photo de Brest (pour rappel, voir les articles suivants : A 1 km de chez moi et ma proposition).

Donc, nouveau confinement, nouveau concept, nouveau projet. Comme celui d’il y a un an était très contraignant dans son principe (aller sur le cercle en tournant le dos à son domicile) – et d’ailleurs non respecté par certains participants retenus par le jury pour l’exposition finale – j’ai décidé de définir une formule plus souple alliant déplacements motorisés pour rejoindre la “zone-frontière” et à pied pour la découverte de ses abords, à l’intérieur de la limite autorisée.

Les résultats de cette quête seront visibles sur ce blog sous forme d’articles liés à des galeries de photos comportant des paysages, des éléments naturels et humains, ainsi que des plans rapprochés sur diverses matières et matériaux.

Carota no virus

Incantation (Création Claude Péron)

Carota, la carotte sauvage, ou daucus carota, comme son alter ego cultivée n’a que des vertus positives : elle a le pouvoir de rendre aimable et, accessoirement, de donner une coloration rose aux fesses des humains.

Espérons, par cette incantation, voir corona, son clone bactérien en forme de virus, muter en prenant les qualités de carota.

Nature déconfinée

Premier week-end déconfiné; du soleil, encore un peu de vent : sortie autorisée le long des sentiers côtiers du Goulet de Brest pour la belle dame, le lézard vert et un azuré.

En somme, les bourdons …

En somme, les bourdons sont un peu comme nos inactifs (chômeurs, retraités, étudiants) : leur production matérielle est proche de zéro, mais ils participent à la pollinisation, produisent du réseau, de l’information, du lien social.

Daniel Cohn-Bendit

Vert ou rouge ? Vrai ou faux ?

Warhol, reviens, ils sont devenus fous !

Il faut qu’une image se transforme au contact d’autres images comme une couleur au contact d’autres couleurs. Un bleu n’est pas le même bleu à côté d’un vert, d’un jaune, d’un rouge. Pas d’art sans transformation. Robert Bresson

Une seule de ces images est la photo d’un poivron : à vous de trouver laquelle !

Vive le travail, les travailleuses et les travailleurs !

Photo Joël Penven

N’ayant ni jardin, ni balcon où faire pousser un peu de verdure, j’ai trouvé une solution pour offrir du muguet en ce jour de 1er mai. De la part du Président de l’ADU du CRBC, un cadeau que j’ai le plaisir de démultiplier et dédier à toutes les personnes qui prennent soin de nous et aux habituels manifestants de la fête du Travail. Un brin de muguet de Lannion (bio certifié !!), pour vous souhaiter un bon premier mai, bien confinés en zone VERTE !!

Pauvres vieux

Il n’y a pas que pendant cette période de confinement imposé par la loi que sont signalés des abus de la part de certains membres zélés des forces de l’ordre. En voici un exemple daté de plus de 120 ans, arrivé à deux pépés échappés de leur EHPAD – on disait « hospice » à l’époque – et voulant se distraire un peu. A rire ou à pleurer ?

« Le 10 de ce mois, vers une heure et demie de l’après-midi, un des gendarmes de notre brigade venait de surprendre les nommés Guirriec (Corentin), 18 ans, marin-pêcheur et Bilien (Michel), 26 ans, journalier, pêchant des plies à la main, dans l’étang de Pont-l’Abbé, soumis au régime fluvial.

En s’en retournant, le gendarme vit deux vieux bonshommes, qui étaient assis sur la berge et qui, pour passer le temps s’étaient amusés à jeter dans l’eau, chacun une mauvaise ligne de fond, à laquelle étaient attachés deux hameçons. Pour les retenir, un caillou, tout ce qu’il y a de plus primitif.

Procès-verbal a été dressé contre ces deux pauvres vieux : ce sont les nommés Copias (Pierre), 72 ans, et Loussouarn (Pierre), 80 ans, tous deux pensionnaires de l’hospice, qui s’étaient rendus sur le bord de l’étang. Ces malheureux n’avaient pris aucun poisson et il est probable qu’ils n’en auraient pu prendre.

Le gendarme, sévère, a verbalisé et a confisqué la ligne de ces vieux enfants ; ils ont dû pleurer, nous en sommes persuadés. Espérons que M. le Procureur de la République saura apprécier les faits à leur juste valeur et tiendra compte à ces délinquants de l’innocence de leurs intentions. »

Journal Le Finistère 1899