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Qui étaient les premiers habitants du Guilvinec ?

La découverte, en 1926, d’une allée couverte, construction extrêmement intéressante datant du néolithique (3000ans av JC), dont l’existence est demeurée longtemps insoupçonnée, va donner aux archéologues des éléments nous permettant de connaître une (petite et modeste) partie de la vie des anciens habitants qui ont peuplé ce coin maritime du Pays bigouden, il y a quelques milliers d’années. Voyons ce que disent les objets recueillis lors des fouilles.
Les charbons
En menus fragments, ils sont pour la plupart de consistance dure, cassante. non transformés en braise friable. En procédant comme d’habitude à leur examen à la loupe binoculaire, après avoir provoqué une cassure transversale aussi nette que possible. on constate que la structure du bois est généralement bien conservée. Les déterminations sont donc possibles avec précision.
L’étude faite a permis de reconnaître plusieurs essences :
Chêne : vraisemblablement chêne pédonculé. C’est l’espèce qui domine et à laquelle se rapporte plus de la moitié des fragments examinés.
Ajonc : cette espèce est aussi abondamment représentée (un quart ou un tiers des fragments déterminables).
Bourdaine : deux fragments assez volumineux, de structure très nette.
Saule : plusieurs petits fragments. On ne peut définir de quelle espèce de saule il s’agit.
Toutes les espèces reconnues existent encore à l’heure actuelle et leurs degrés d’abondance respective sont sensiblement dans les mêmes rapports que le nombre des fragments de charbons qui s’y rapportent dans le lot examiné.
On peut admettre qu’autour du monument étudié se trouvait une forêt claire de chênes dont les clairières étaient peuplées d’ajoncs et où croissaient aussi, comme cela s’observe de nos jours dans les parties un peu humides la bourdaine et un saule qui est le saule cendré.
Il semble que la végétation, quant aux espèces, n’a pas varié en Bretagne depuis les temps préhistoriques. Cependant, à Men-Meur, les sables ayant recouvert toute la côte, la végétation arborescente a été refoulée beaucoup plus loin.
Le pin, actuellement en grande abondance, n’ayant pas été trouvé dans les charbons recueillis, on peut sans doute encore admettre qu’il a été introduit dans la région à une époque postérieure à l’érection des monuments mégalithiques.
Les dents
L’examen des quatre couronnes sans racines, trouvées lors des fouilles, par le Docteur SIFFRE, Directeur honoraire de l’Ecole Odonlotechnique de Paris, indiquent qu’il s’agit de jeunes dents qui n’ont pas du avoir leur apex terminé, sans doute les dents d’un très jeune sujet féminin de 10 à 12 ans. Des organes dentaires trouvés ultérieurement confirmeront cette hypothèse (formation des dents non terminée et usure).

Le Guilvinec à l’époque préhistorique

Pour compléter les renseignements que nous a apportés la mise au jour de l’allée couverte de Men-Meur, il faut rappeler d’autres découvertes qui ont eu lieu depuis, à l’occasion de travaux portuaires ou de tempêtes. Pierre-Jean Berrou nous en fait une synthèse :
« L’estuaire du Guilvinec constituant un abri naturel a certainement connu une occupation préhistorique assez ancienne. Malheureusement la remontée des eaux de la mer à la fin de l’époque glaciaire a probablement détruit les campements des premiers pêcheurs et mangeurs de coquillages installés sur les rivages. De petits outils de silex ont été découverts dans le sable qui a été extrait du port lors du creusement du chenal. L’un d’entre eux, finement taillé, devait être un élément de harpon dont le manche en bois a disparu, (âge : 8000 ans au moins).
Sous la plage de Men Meur au Guilvinec est apparu après une tempête en l’an 2000, un site d’habitat néolithique qui, sur 50 m², a révélé de nombreux tessons de poterie ancienne fragile – la vaisselle cassée de nos ancêtres – et de nombreux silex ainsi qu’un poinçon en os (site étudié actuellement par l’archéologue départemental Michel Le Goffic). »

Quels renseignements peut-on tirer de ces déterminations ?

Le paysage et le cadre de vie

Avant de tirer quelque conclusion des indices livrés par la fouille de l’allée couverte de Men-Meur, il paraît souhaitable de comprendre les évolutions qui ont eu lieu pour imaginer la situation de ce site par rapport à la mer :
« Le niveau de la mer, qui avait baissé de 100 m lors de la dernière glaciation, est remonté progressivement jusqu’à son niveau actuel pour redescendre entre 5 et 8 m plus bas entre 4500 et 3000 ans av. J.-C. Par la suite, durant le Néolithique final et l’Âge du Bronze ancien et moyen, entre 3000 et  1200 ans av. J.-C., un mouvement de transgression (montée des eaux) ramène la mer à un niveau proche de l’actuel et inondant certains habitats littoraux anciens. Cette remontée progressive du niveau marin reprend à l’Âge du Fer et se poursuit à un rythme décroissant jusqu’à nos jours. » (Yvan Pailler)
Ceci est confirmé par la situation de plusieurs menhirs du département du Finistère, en partie immergés , comme celui de Penglaouic dans la mer (rivière de Pont-L’Abbé) ou celui de  Léhan dans un étang (Léchiagat).
Avec une forêt de chênes qui serait plutôt située en arrière, des landes avec de l’ajonc, des zones humides marécageuses bordées de saules à l’arrière de dunes à un niveau plus bas qu’aujourd’hui, l’allée couverte devait se trouver à 300 ou 400 m du rivage, bien visible sur une ligne de crête et devait, de ce fait, bénéficier d’une bonne visibilité, à l’arrière du grand rocher dominant la pointe (Ar Men Meur).
On peut imaginer que celui-ci, outre son rôle de vigie et de poste d’observation privilégié, pouvait très bien servir à abriter un habitat d’été (cabanes ou tentes) des vents dominants, tout comme l’allée couverte, qui a visiblement été l’objet par la suite d’une occupation humaine avec foyer et restes de coquillages accumulés.

La vie quotidienne

Au néolithique, les principales activités sont la chasse, la pêche et les cultures (aucun indice d’élevage ici). Sur la côte, on peut rajouter la cueillette de coquillages et, pourquoi pas, d’algues. La fabrication d’ustensiles de cuisine (préparation et conservation des aliments) en poterie est facilitée par l’abondance de l’argile dans les marais ( toullou pri ).
Une autre activité, qui devait leur prendre énormément de temps, est la fabrication des outils et armes : harpon avec pointe fine en silex taillé ou hache en pierre polie. Le poinçon en os indique des travaux de couture dans l’utilisation des peaux pour l’habillement et la protection contre le froid dans les habitations.
Le matériau pour le feu ne manque pas : chêne, saule et ajonc. Le bois était-il uniquement utilisé pour le feu ou était-il travaillé ? Était-il utilisé brut pour la construction des cabanes ? L’écorce avait-elle une utilité ? Peut-on imaginer qu’au bord de la mer, les hommes, à cette époque, avaient tenté de naviguer, en creusant des troncs, par exemple ? Pour toutes ces questions, faute de preuves concrètes, on n’a aucun élément de réponse localement, mais on sait qu’ailleurs c’était possible, selon Yvan Pailler : « À ce jour, aucune embarcation néolithique n’a été découverte en Bretagne. Toutefois, l’emploi de pagaies est reconnu dès le Mésolithique en Grande-Bretagne et au Danemark ; des pirogues monoxyles existent également pour cette période en Haute-Seine. Pour la période Néolithique, des pirogues monoxyles sont également connues à Paris dans le secteur de Bercy et à Bourg-Charente aux abords de la Charente. »

Qui était la « princesse » de Men-Meur?

Les habitants, dont on ne sait pas grand-chose, sauf qu’ils ont été les constructeurs des mégalithes et ensembles mégalithiques qu’ils nous ont laissés, avaient pour alimentation principale les céréales broyées dans un mortier et cuites sur le feu dans un récipient en terre. Ils « cuisinaient » également coquillages, poissons, mammifères et sans doute oiseaux de mer.
La jeune personne de 12 ans dont on a retrouvé les restes a certainement été « ensevelie » après une cérémonie rituelle. De quoi est-elle morte ? Un accident, une maladie, un meurtre, ou un sacrifice humain ? Rien ne nous permet de le savoir, sauf à penser que c’était peut-être une sorte de « princesse », fille d’un chef d’une tribu dominante, compte-tenu du lieu d’inhumation et des offrandes rituelles déposées dans la tombe.
Autre question : y a-t-il interaction entre ce monument avec les autres sites mégalithiques du secteur proche ? On peut se demander si le menhir de Lanvar, le site de Saint-Trémeur, le tumulus de Poulguen, le dolmen de Kersidal, les mégalithes du Ster Poulguen, le menhir de Léhan, celui du Reun, etc… ont été érigés par le même peuple. En tout cas, ils devaient être nombreux, car pour monter ces monuments, il a certainement fallu des dizaines voire une ou deux centaines de bras.

Sources :
gallica.bnf.fr / Bibliothèque de l’INHA / coll. J. Doucet, 2010-76550
gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-G-1331 L’anthropologie Paris 1928
Société Archéologique du Finistère – SAF 1927 tome 54 – Pages 48 à 72 http://le-finistere.org L’ALLEE COUVERTE DE MEN-MEUR (GUILVINEC)
Note de M. GUINIER, Directeur de l’École Nationale des Eaux et Forêts, sur les charbons recueillis dans l’allée couverte de Men-Meur.
Note de M. le Docteur SIFFRE, Directeur honoraire de l’Ecole Odonlotechnique de Paris, sur les dents recueillies dans l’allée couverte de Men-Meur.
Pierre-Jean Berrou sur les sites web officiels des communes du Guilvinec et de Treffiagat
http://www.academia.edu/3048264/Une_régression_marine_au_Bronze_final_en_Bretagne_
(Yvan Pailler et al) http://pageperso.univ-brest.fr/~suanez/Pg_publications/PUB_pdf/2011Norois.pdf

Les premiers habitants du Guilvinec révélés par la fouille de l’allée couverte de Men-Meur en 1926

Cette découverte qui a mis au jour une construction extrêmement intéressante et dont l’existence est demeurée longtemps insoupçonnée, va donner aux archéologues des éléments nous permettant de connaître une (petite et modeste) partie de la vie des anciens habitants qui ont peuplé ce coin maritime du Pays bigouden, il y a quelques milliers d’années.
Dans la chambre Ouest, ils ne recueillent que quelques rares tessons de poterie. des éclats de silex sans caractère et de menus fragments de charbon.
Les fouilles dans la chambre Est sont peu fructueuses, celle-ci ayant été violée antérieurement, sans doute avant l’envahissement des sables. Ceci est confirmé par la présence d’un amas de coquillages assez considérable composé en majeure partie de berniques et d’ormeaux, mélangés à de nombreux fragments de poterie de charbon et de débris osseux .
Sous la terre végétale et le sable, on arrive à la couche archéologique : un dallage en grande partie détruit, quelques traces de foyer, des pierres rougies par le feu et quelques fragments de poterie dont un orné au pointillé, des silex sans retouche, plusieurs éclats de quartz paraissant taillés, un morceau de schiste vert en partie décomposé et un outil en pierre fort intéressant. Long de 10 cm et large de 4 cm il porte à chaque extrémité des traces de travail. Au tiers de sa longueur, deux cupules ont été creusées symétriquement sur deux de ses faces latérales. Au pied d’une dalle, reposant sur un lit d’argile cuite, d’infimes débris osseux très friables dont quelques-uns étaient colorés en vert.
Plus loin, sur le dallage ils recueillent de nombreux tessons de poterie, des charbons et quelques silex. Puis ils mettent au jour un squelette en tellement mauvais état de conservation qu’il n’en subsiste d’intact que quelques os des bras et quelques débris du crâne, dont un fragment de mâchoire et plusieurs dents.
« Les ossements ne sont malheureusement pas restés entiers et sont tombés peu après en poussière. Seules les dents ont pu servir d’indication sur le personnage inhumé. »

Le vase

Ensuite, c’est la découverte de deux objets placés l’un à la tête, l’autre à l’emplacement présumé des membres inférieurs : un vase apode entier en poterie noire très grossière, mesurant 11 cm de diamètre, 9 cm de hauteur et 8 à 9 mm d’épaisseur et une hache en pierre verte de Tréogat mesurant 80 mm de long sur 45 mm de large. La présence de ces objets vient donc corroborer la position probable du corps étendu dans la sépulture.

La hache

Ils vont également ramasser de nombreux tessons de poterie, qui leur permettront de reconstituer des parties de vases assez volumineuses, quelques silex dont certains portent des retouches, un broyon (instrument de broyage, par exemple pour les céréales) en quartz et un galet dont une face est fortement polie.
Plus loin encore, ils trouvent de rares débris de poteries, des coquillages, un tesson important avec une anse plate et un fragment de bronze.

1866 Après l’épidémie de choléra au Guilvinec

Retour des autorités au Guilvinec
par crainte de « collision » avec les marins douarnenistes

Le 10 mai 1866, prévenu par dépêche télégraphique, le Commissaire de l’Inscription maritime de Quimper, accompagné du gendarme de la marine, revient en tournée au Guilvinec pour « déminer » la situation en train de se créer après l’épidémie cholérique et le retour des douarnenistes.
Après avoir réuni tous les marins de la localité, il leur demande quels sont leurs griefs contre les marins de Douarnenez. Tous lui répondent qu’ils craignent que ceux-ci ne leur apportent encore le choléra et qu’ils ne veulent pas les laisser pêcher au Guilvinec. Très remontés contre les marins douarnenistes, ils regardent d’un mauvais œil ceux d’entre eux qui arrivent pendant que le Commissaire les interroge.
Son premier souci est de rassurer les guilvinistes en les informant de la disparition de la maladie à Douarnenez. Puis, il leur rappelle que c’est plutôt leur incurie, leur saleté qui avait causé l’invasion du fléau ; il en prend pour preuve les cadavres et les détritus de poissons toujours présents à la même place trois semaines après qu’il en ait ordonné l’enlèvement et prescrit le rejet à la mer. D’ailleurs, le matelot chargé de faire exécuter les ordres, et qui n’a rien fait, s’est vu infliger une punition.
Enfin, il lui a fallu faire comprendre à « ces pauvres diables encore terrifiés des ravages du fléau » qu’ils peuvent aller eux-mêmes faire la pêche à Douarnenez ou ailleurs et que, par conséquent, les marins de ce quartier ont le droit de venir pêcher sur leurs côtes.
Il obtiendra des guilvinistes la promesse qu’ils n’empêcheraient pas les marins douarnenistes de faire la pêche. Sa grande crainte est qu’ils passent leur journée dans les cabarets et qu’ils n’oublient ce qu’ils ont dit avec la probabilité qu’il y ait des rixes sérieuses.

Des mesures de police

Compte tenu de tous ces problèmes sur ce lieu important de la pêche, une nécessité s’impose :
envoyer, depuis le mois de février jusqu’à juin, un gendarme de la marine détaché de Brest qui serait chargé de la propreté de la côte et de la police, parmi cette population qui atteint parfois 4000 hommes pendant cette saison. Le bateau garde-pêche le Capelan serait également susceptible de faire quelques tournées dans les parages pendant ces 5 mois pour y maintenir l’ordre.

1866 L’épidémie de choléra au Guilvinec

Une visite des autorités de l’Etat

Le 21 avril, trois jours après le début de l’épidémie, le Commissaire de l’Inscription maritime de Quimper se rend au Guilvinec pour évaluer la situation sanitaire du petit port. Il est accompagné du Secrétaire général, remplissant les fonctions de Préfet par intérim et du médecin des épidémies.
Deux dépêches télégraphiques reçues à la Préfecture annoncent que le choléra s’est déclaré d’une manière foudroyante au Guilvinec parmi la population des pêcheurs et parmi les équipages des 200 ou 300 bateaux de Douarnenez, Audierne et Concarneau qui font la pêche au maquereau dans ces parages.
A leur arrivée, ils trouvent une situation très grave de terreur généralisée répandue dans la population ; ceux des pêcheurs qui ont des parents ou des amis en dehors de la localité déménagent en abandonnant leur maison.
Le 18, on commence à charger sur des charrettes bon nombre de marins de Douarnenez atteints du fléau pour les transporter dans leur quartier. Neuf d’entre eux sont morts dans le trajet ; le lendemain, 19 avril, le même fait a lieu et 6 meurent en route. Le 20, il ne reste plus un seul pêcheur étranger au Guilvinec dont la population a déjà perdu 13 personnes en deux jours.
12 à 15 cholériques ont été visités par le médecin et sont bien malades. Une vingtaine d’autres personnes sont également allées le consulter, n’ayant encore que les premiers symptômes du mal ; mais il craint que le choléra ne se déclare complètement pendant la nuit. Les personnes atteintes sont enlevées en 6 heures généralement et deux femmes sont mortes pendant le séjour des représentants de l’Etat au Guilvinec.

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Matricule de Joseph Le Cléac’h, mort du choléra le 19 avril 1866 à 37 ans, laissant une veuve avec trois enfants de 8, 4 et 2 ans (Doc SHD Brest)

Des mesures pour enrayer l’épidémie

Quelques mesures d’hygiène sont donc nécessaires : le Commissaire de l’Inscription maritime va charger un marin venant du service de faire la police dans le port pour empêcher que soient jetés sur la grève les cadavres de gros poissons qu’on pouvait voir là, en putréfaction.
Il engage les marins à donner la main au maire pour recouvrir de sable les nombreux tas de goémon formant fumier devant presque toutes les maisons.
Enfin, il leur conseille de boire un peu moins, car il constate une chose pénible : tous les hommes sans exception sont ivres d’eau-de-vie, près du lit de leurs femmes ou de leurs enfants, décédés ou moribonds. Les marins se plaignent beaucoup de la qualité de l’eau-de-vie que leur donnent comme prime les marchands de poissons, mais malheureusement cela ne les empêche pas de la boire quand même. Le représentant du préfet a pris note de leurs réclamations et verra ce qu’il y aura à faire pour empêcher la vente de cette boisson.
La préfecture du Finistère ayant demandé un chirurgien de marine au Préfet maritime de Brest, il a fallu lui trouver un local, ce qui a été fait difficilement avec une maison tout juste conforme à son activité. Avec l’arrivée de ce chirurgien et de deux sœurs, en plus de la dispersion de la population, le Commissaire de l’Inscription maritime espère pouvoir circonscrire le fléau en donnant des soins très prompts à tous ceux qui pourraient être atteints et de peut-être les sauver.

Une allée couverte mise au jour à Men-Meur en 1926

Cette découverte qui a mis au jour une construction extrêmement intéressante et dont l’existence est demeurée longtemps insoupçonnée, va donner aux archéologues des éléments nous permettant de connaître une (petite et modeste) partie de la vie des anciens habitants qui ont peuplé ce coin maritime du Pays bigouden, il y a quelques milliers d’années.
«  Le journal Excelsior, dans son numéro du 12 août 1926, nous apprend la découverte d’un monument mégalithique au Guilvinec, dans le canton de Pont-l’Abbé (Finistère). Ce monument est une allée couverte de 12 mètres de long. »
Ce sont Marthe et Saint-Just Péquart qui ont déblayé ce monument, inclus dans la dune, et qui ne révélait sa présence que par quatre crêtes rocheuses, avec tout le soin nécessaire aux travaux de ce genre, ce qui leur a permis de donner de cette allée couverte un plan détaillé et une reconstitution.
Au cours de l’été 1926, Marthe et Saint-Just Péquart sont mis en relation, grâce à leur ami Georges Monot, correspondant de la Commission des Monuments historiques à Pont-l’Abbé, avec Emile Le Corre, mareyeur à Guilvinec qui leur indique une portion de terrain sableux enclavée dans les maisons de pêcheurs environnantes.

Terrain avant Men-Meur

Quatre crêtes rocheuses émergent de la dune de quelques centimètres. L’agencement de ces pierres leur paraît si évident qu’ils ont l’impression d’être en présence de vestiges suffisamment intéressants pour justifier une prospection.
Le 14 Juillet 1926, munis de tout le matériel indispensable, ils sont à l’œuvre avec Georges Monot. Le terrain à explorer se trouve près du lieu dit Men-Meur, à l’extrémité Ouest de Guilvinec, à 500 mètres environ du port et à 100 mètres à peine de la laisse de mer.

Allée couverte Pors Poulhan 01

Allée couverte de Pors Poulhan (Plouhinec)

Ils vont se trouver en présence d’un monument composé de trois parties indépendantes dont il ne reste que les piliers : une grande allée centrale, composée de deux parois, longues de 10,50 m environ, bornée à chaque extrémité par une dalle transversale, et à laquelle paraissent s’accoler, de part et d’autre, d’Est et en Ouest, des rudiments de chambres adventices.
Ils vont aussi déterrer un menhir de 2,50 m de long, couché directement sur le sol naturel. Son extrémité Nord était taillée en lech sur une longueur de 1 mètre environ, tandis que le reste de la pierre, jusqu’à la base, était resté absolument brut.
Interpellés par ces particularités, les archéologues formulent les hypothèses suivantes :
« Le monolithe était le menhir indicateur de la sépulture. Au moment de la construction du monument il se trouvait érigé, comme tout l’ensemble mégalithique, sur le sol primitif. Au cours des siècles qui ont suivi, les sables ont recouvert le monument jusqu’au niveau des dalles de couverture. Le menhir, à ce moment se trouvait donc enfoui jusqu’à 1,50 m de son extrémité inférieure n’émergeait par conséquent que de 1 mètre au dessus des sables.
Il est donc plus que probable que les populations vivant à cette époque, et trouvant le monolithe surgissant de la dune, l’ont adapté à leurs coutumes en le taillant en lech. Plus tard, la guerre acharnée que les différents conciles et Charlemagne lui-même dans son édit d’Aix-la-Chapelle (789) livrèrent aux païens adorateurs des pierres, entraînèrent la destruction du lech.
La position du monolithe, reposant sur le sol primitif à 1,50 m au-dessous du niveau de la dune, indique nettement ce qui s’est passé. Voulant enfouir ce lech, les gens chargés de ce travail eurent la désagréable surprise de constater qu’ils n’avaient pas affaire, comme pour la plupart des lechs, à une pierre enfoncée de quelques dizaines de centimètres dans le sol. Ils durent descendre jusqu’au niveau primitif et enlever le calage du menhir. Puis ils l’ont basculé dans la fosse ainsi creusée. »
Le menhir sera redressé et remis en place à son emplacement primitif. Il se trouve actuellement au Musée de la préhistoire finistérienne à Pors Carn (Penmarc’h).

Monument restauré Men-Meur
Pierre-Jean Berrou suppose que ce menhir indicateur du monument a été vénéré à l’époque gauloise et seule la partie qui émergeait a été retouchée en pierre sacrée. L’enfouissement de cette pierre païenne s’explique par la vénération dont elle a continué à être l’objet à l’époque chrétienne.

Allée couverte Pors Poulhan 02

Allée couverte de Pors Poulhan

En conclusion, les archéologues nous livrent leur point de vue sur leur découverte et son avenir :
« Quoiqu’il en soit, on peut se rendre compte, par les dimensions que nous en donnons, l’importance de l’allée couverte de Men-Meur. Construite avec des matériaux de choix, dalles énormes et superbes, érigées avec une science et un soin remarquables elle apparaît comme un témoignage de la vénération dont jouissaient, de leur vivant, les personnages inhumés dans cette sépulture.
Ceci termine nos observations sur le magnifique monument de Men-Meur en Guilvinec. Il ne nous reste qu’à souhaiter de le voir longtemps sous la sauvegarde de ses heureux propriétaires qui nous ont assuré que toutes les mesures seront prises par eux en vue de sa conservation. »
Malgré ce vœu pieux, cet ensemble mégalithique de Men-Meur n’est plus visible actuellement. Cette allée couverte datant de 3000 ans avant JC, « une des plus belles du Finistère », selon Serge Duigou, a été particulièrement maltraitée :
« Amputée de ses dalles de couverture, elle a fini démontée dans le jardin du musée de Penmarc’h , où elle fut déposée par un entrepreneur peu soucieux de respecter les règles de protection des monuments.
Pourtant, plusieurs de ces énormes dalles « revivent » aujourd’hui à Pors Poulhan (Plouhinec) où elles ont servi à restaurer la magnifique allée couverte récemment mise en valeur par Michel Le Goffic. On reconnaît les dalles de Men-Meur au grain différent du granit du Cap Sizun. »

Sources :
gallica.bnf.fr / Bibliothèque de l’INHA / coll. J. Doucet, 2010-76550
gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-G-1331 L’anthropologie Paris 1928
Société Archéologique du Finistère – SAF 1927 tome 54 – Pages 48 à 72 http://le-finistere.org L’ALLEE COUVERTE DE MEN-MEUR (GUILVINEC)

Histoire du Pays bigouden Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger (Ed Palantines 2002)

1776 : 38 inscrits maritimes à Treffiagat et Plomeur

Le plus ancien document concernant le quartier maritime de Quimper, conservé au SHD Brest (3 P 3 7, matricule ouverte en 1776), recense 38 inscrits maritimes à Treffiagat et Plomeur sur un total de 305 marins pour l’ensemble Quimper-Pays bigouden ; 262 marins sont également inscrits à Douarnenez, Plouaré et Poullan, plus de 350 pour le Cap-Zizun et l’Isle de Saints.
A cette époque, le port le plus important du quartier est Quimper (ville) avec 121 marins, plus ceux de Locmaria (43). Combrit et ses trèves (Isle Tudy, Lambour) comptent 40 marins, Tréoultré et Penmarc’h 36, Ploubalanec 18, Plonivel et Loctudy 9.
Ils sont seconds maîtres ou matelots, certains ont fait l’école du canon ; le montant de leur solde est précisé (12, 24, 27 livres). Les embarquements et le nombre de campagnes auxquelles ils ont participé y sont également indiqués, avec le nom des vaisseaux du Roi.
Ceux qui font la pêche sont répertoriés comme mousses, novices ou « à la pêche depuis leur enfance ». Par contre, aucun nom de bateau de l’époque n’est indiqué dans le document ; il est donc difficile de connaître précisément l’importance de la flottille et les types de pêche pratiqués.

IMG_3035 01Le  registre matricule du quartier maritime de Quimper de 1776 (Doc SHD Brest)

Les inscrits maritimes de Treffiagat et Plomeur

De Guilvinec en Plomeur
Vincent Compeze, Sébastien Le Brun, Allain Plantec, Riaga Gueziou, Gabriel Le Brun, Jean Le Roux, Sébastien Tanniou, Guy Criquet, Charles Phily, Jacques Le Roux, Jean Daoulas, Vincent Compeze (fils)

De Plomeur
Ambroise Le Brun, Jacques Tanneau, Nicolas Nédellec, Jacques Nédellec, Jacques Le Cleac’h, Paul Tanneau, François Criquet, Joseph Criquet

natif de Plonéour
Joseph Le Gal

De Léchiagat en Treffiagat
Louis Le Lay, Pierre Tirelly, Ambroise Quernevez, Guillaume Tirelly, Corentin Pochat, Allain Tanniou, Michel Tirelly, Ambroise Quernevez (fils)

De Treffiagat
Jacques Le Roux, Nicolas Pochat, Riaga Le Roux, Guillaume Tirelly, Allain Pochat, Jacques Scouarnec

De Lesconil
Jean Le Joncourt

Non localisés
Guillaume Le Balc’h
Pierre Pochat

1866 Le choléra au Guilvinec

Au XIXème siècle, plusieurs épidémies de choléra ont touché les habitants du Guilvinec. Celle de 1849, très meurtrière dans la région de Douarnenez (plus de 500 décès), fut relativement moins violente pour les pêcheurs guilvinistes et leurs familles (10 décès).
En 1866, ce ne fut pas la même affaire. Le petit village composé de quelques hameaux, dépendant de la commune de Plomeur, commence à connaître un développement considérable grâce à la pêche du maquereau.
La population fixe est passée en 10 ans de 549 à 716 habitants. La douzaine de chaloupes du petit port — en réalité une anse naturelle prolongée par un estuaire ouvert à tous les caprices de la mer — est rejointe tous les ans, au printemps, de mars à juin, par 200 à 300 chaloupes venues de l’Ile Tudy, Audierne, Douarnenez et Concarneau.
Les familles des marins suivent avec armes et bagages et s’installent sur place pendant toute la saison du maquereau. Compte tenu du peu de maisons, tout ce beau monde s’entasse dans des conditions de promiscuité et d’hygiène très rudimentaires.
Rien de surprenant donc de voir se développer une épidémie foudroyante, d’autant plus que la propreté des rues n’était pas assurée, les ordures s’entassant partout ; un autre facteur aggravant facilitera la propagation du choléra : la consommation d’une eau chargée de toutes sortes d’impuretés.

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Notification d’un décès sur le registre matricule des inscrits maritimes (Doc SHD Brest)

Cette épidémie fera 52 morts au Guilvinec du 18 avril au 6 mai 1866. Il faut y ajouter également plusieurs dizaines de marins d’autres ports, en particulier à l’Ile Tudy où les marins venus pêcher au Guilvinec l’ont quitté avec des malades et le germe de la maladie.
Apparemment, cette épidémie aurait été importée, entre autres, de Toulon par des marins en permission ; c’est ce qui se produisit à Moëlan où on dénombra 83 morts d’octobre 1865 à février 1866. En janvier le choléra était aussi présent à Brest (715 morts) et se répandit dans les bourgades aux alentours par l’intermédiaire de marins et d’ouvriers de l’arsenal et leurs familles.
En tout, 42 communes touchées, essentiellement du sud Finistère, 1316 décès.
Source : Yves Tanneau BSAF LXXXIII, 1957, Le choléra au Guilvinec ; Wikipedia

Le Guilvinec dans la guerre de 14-18 – Les Fusiliers-marins de l’Amiral Ronarc’h

Beaucoup de personnes ignorent pourquoi, au Guilvinec, la place de l’église  ne s’appelle pas Place de l’Eglise, mais Place Dixmude.
Mobilisés dans La Brigade des Fusiliers-marins de l’Amiral Ronarc’h (né à Quimper en 1865), un grand nombre de jeunes matelots bigoudens ont combattu en Belgique dans la région de l’Yser, en particulier à Dixmude et Newport : 12 morts pour la seule commune du Guilvinec (selon notre historien, Pierre-Jean Berrou), d’où l’hommage qui leur est rendu sur cette place où a également été érigé le monument Aux enfants de la commune de Guilvinec morts pour la France sur lequel sont inscrits 161 noms de morts en 14-18.
Au début de la Première Guerre mondiale, les troupes allemandes traversèrent la frontière belge. Lorsque l’armée allemande arriva aux environs de Dixmude en octobre 1914, les Belges avaient inondé la région en ouvrant les écluses de l’Yser. La rivière devint une ligne de front.
Les fusiliers-marins vont se battre aux côtés de l’armée belge et des tirailleurs sénégalais. La résistance des Français et des Belges empêchera le percée qui menaçait Dunkerque, un lien vital entre l’Angleterre et la France.
La Brigade des fusiliers marins a perdu 3000 hommes (510 morts, 1934 blessés et 698 prisonniers ou disparus), les Allemands y ont perdu 10 000 hommes.
En ruines à la fin des combats, la ville de Dixmude fut reconstruite durant les années 1920.
Nieuport ou Nieuwport (en flamand) est une ville côtière de Belgique, dans la province de Flandre-Occidentale. Son port est situé sur l’estuaire de l’Yser, au bord de la Mer du Nord. Pendant la bataille de l’Yser, la ville fut entièrement détruite par les bombardements.
La Brigade des Fusiliers-marins de l’Amiral Ronarc’h va tenir un secteur sur le front de Nieuport jusqu’en novembre 1915, date de sa dissolution. (Brigade puis Bataillon de Fusiliers Marins)

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État nominatif des pertes guilvinistes du B.F.M.

BERROU Emmanuel, né le 3 janvier 1893 à Guilvinec, Matelot de 3ème classe sans spécialité, décédé des suites des blessures reçues au combat le 12 novembre 1914 à Avranches (Manche).
BERROU Sébastien, né le 10 décembre 1877 à Plomeur, Matelot-Fusilier-Auxiliaire, tué à l’ennemi le 28 octobre 1915 à Nieuport
BIGER Etienne, né le 13 septembre 1892 à Guilvinec, Matelot de 3ème classe sans spécialité, disparu le 4 novembre 1914 à Dixmude. Jugement déclaratif de décès rendu le 24 novembre 1920 à Quimper.
BIGUAIS Corentin, né le 11 mai 1887 à Guilvinec, Matelot de 3ème classe Fusilier auxiliaire, tué à l’ennemi 15 décembre 1914 à Nieuport
DURAND Pierre-Jean, né le 16 décembre 1895 à Guilvinec, Matelot, tué à l’ennemi le 28 octobre 1915 à Nieuport
FOLGOAS René Marie, né le 17 juillet 1892 à Guilvinec, Matelot de 3ème classe sans spécialité, disparu le 23 octobre 1914 à Dixmude. Jugement déclaratif de décès rendu le 8 décembre 1920 à Quimper.

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GADONNAY Michel, né le 20 février 1890 à Guilvinec, Matelot, tué à l’ennemi le 10 novembre 1914 à Dixmude
GUICHAVOI Jean Louis Marie, né le 31 juillet 1888 à Guilvinec, Matelot de 3ème classe sans spécialité, tué le 15 mars 1915 par une grenade qu’il reçut sur la tête, à Lombartzyde,  Fortin du Boterdyck Nieuport
LE LOEUFF Pierre Louis né le 1er février 1891 à Guilvinec, Matelot, tué à l’ennemi le 23 octobre 1914 à Dixmude
VIGOUROUX Jacques né le 14 septembre 1893 à Guilvinec, Matelot, tué à l’ennemi 16 décembre 1914 à Nieuport
VOLANT Olivier, né le 20 janvier 1892 à Guilvinec, Matelot de 2ème classe Fusilier, décédé le 21 novembre 1914 à l’Hospice civil de Dunkerque des suites des blessures reçues. Inhumé au cimetière de Dunkerque, tombe 1419.

(D’après les sites web répertoriant les fusiliers-marins morts en 14-18)

Un port de plaisance de 500 places à l’arrière-port du Guilvinec-Léchiagat ?

Le 2 février 2012, les lecteurs de Ouest France pouvaient lire, avec une  certaine stupéfaction, les quelques lignes – reproduites ci-dessous – qui vantaient l’excellence d’un projet dont une lourde promotion avait déjà été orchestrée, alors que rien n’en avait encore été divulgué : le creusement d’un port de plaisance de cinq cents places dans la ria située en arrière du port du Guilvinec et la destruction envisagée du pont reliant les deux communes.
En voici quelques extraits :
« Les 2 communes signataires d’une charte de gestion durable et intégrée du littoral … maîtrise totale des impacts sur le milieu par intégration du futur port dans un corridor écologique …. éco-conception de l’ensemble, tout ouvrage côtier immergé devenant outil de préservation de la biodiversité ».

Le collectif  Au Nom du Steir n’entend pas laisser la parole aux seuls promoteurs de ce projet qui viendrait effacer une zone naturelle fonctionnelle, alors même que ces milieux sont reconnus pour leur extrême importance biologique.
Trois associations s’y sont regroupées, Sur un air de Terre, Sauvegarde du Littoral Guilviniste et Bretagne Vivante auxquels est venue se joindre en 2014 Eau et rivières de Bretagne.
Ce collectif est ouvert et demande que le projet fasse l’objet d’une concertation et d’études, tant au plan de la biodiversité qu’au plan patrimonial dans son acceptation la plus large possible.
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Détruire un milieu vivant, au nom d’une éternelle fuite en avant ?
Quelles sont les implications d’un tel projet ?
Quelle nécessité de plus en plus évidente à maintenir le fonctionnement des grands équilibres naturels ?
Quel intérêt à transmettre à nos enfants les éléments culturels, paysagers et la mémoire de nos aïeux ?

Pour plus d’informations, voir le site du collectif Au Nom du Steir

la page Wikipédia consacrée à l’arrière-port du Guilvinec-Léchiagat

Exposition « Amiral Ronarc’h – bataille de Dixmude »

Le Service Historiqe de la Défense (SHD) de Brest propose au grand public l’exposition « Amiral Ronarc’h – bataille de Dixmude » présentée à bord du BPC Dixmude lors des commémorations de la bataille de Dixmude qui se sont déroulées dans la première quinzaine d’octobre 2014.
Cette exposition, réalisée par des élèves du lycée Amiral Ronarc’h de Brest, en partenariat avec la Marine nationale, est labellisée par la Mission du Centenaire. Elle est composée de quinze panneaux explicatifs et d’objets remarquables issus de fonds privés et de la Marine.

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Une des vitrines de l’exposition (Photo Cl Péron)

Le SHD de Brest offre la possibilité aux Brestois de découvrir un épisode décisif de la Grande Guerre au cours duquel les fusiliers marins se sont particulièrement illustrés sous le commandement de l’Amiral Ronarc’h.
Du lundi 8 décembre 2014 au jeudi 29 janvier 2015
Hall d’accueil du SHD, du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h à 17h30

Source : Cols Bleus Marine Nationale