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1859 Les navires de pêche du quartier de Quimper

Dans le quartier de Quimper, il n’y a pas de bateaux pontés employés à la pêche maritime côtière.
Le tonnage maximum des chaloupes non pontées varie entre 6 Tx et 16,94 Tx.
Le tonnage minimum des embarcations non pontées est de 1 Tx et même au-dessous.

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Chaloupes au Guilvinec (Doc SDAP 29)

1862 Le vivier Pichot

Une dépêche du 31 mai 1862, du Ministre de la Marine au préfet maritime de Brest, autorise par arrêté M. Louis Pichot, expéditeur de poissons, domicilié à Plomeur à établir sur la côte de Guilvinec (quartier de Quimper) un réservoir à homards et langoustes. Il porte le n° 11 du registre des pêcheries du quartier de Quimper.
Après l’ouverture d’une enquête, un plan dressé par l’ingénieur des Ponts et chaussées, un rapport visé et approuvé par l’Ingénieur en chef de Brest et un avis favorable rendu par la commission instituée par la décision impériale du 20 mars 1861, toutes les conditions sont donc réunies pour que le projet se concrétise. Ce réservoir à poissons, de forme rectangulaire, sera établi sur la côte de Guilvinec. Il aura 40 m de longueur sur 10 m de largeur.
Le détenteur est également tenu, pour la surveillance et l’exploitation de son établissement, de n’employer que des inscrits ou des femmes, enfants, mères ou sœurs d’inscrits maritimes.
La présente autorisation, accordée à titre gratuit, ne constitue pas un droit de propriété, mais seulement un usage essentiellement précaire et révocable dont la suppression ne saurait ouvrir au détenteur aucun titre à indemnité.

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Le vivier Pichot était situé au milieu du Quai de l’Océan actuel. Il a été recouvert lors de la construction de la criée à la fin des années 1950. (Doc AD 29)

Le 12 septembre 1862, une autre circulaire fait état d’une seconde demande du même Louis Pichot, à l’effet d’obtenir l’autorisation d’établir un réservoir à poissons dans les rochers de la côte de Guilvinec, au Nord de la roche appelée Men-Meur, et d’élever sur ce point une maison de garde.
La demande du Sr Pichot n’est pas susceptible d’être accueillie, car elle est contraire aux dispositions de l’article 9 du 10 mai 1862 qui indique que les réservoirs à poissons ne peuvent être établis que sur des propriétés privées.
Toutefois, si le réservoir qu’il demande à établir n’était pas destiné à recevoir du poisson mais devait seulement renfermer des crustacés (homards et langoustes), sa demande semblerait pouvoir être instruite.
Signé De Chasseloup Laubat
SHM 3P1 32

1868 La cale va-t-elle enfin voir le jour ?

Deux fois programmée, mais jamais réalisée, la cale demandée depuis près de 10 ans au port du Guilvinec va faire l’objet d’un nouveau projet.
« La dépêche du 16 juillet, approuvant la construction de deux fanaux au Guilvinec, a prescrit en même temps d’étudier le projet d’une petite jetée abri qui serait établie sur un massif de rochers situé en amont d’une crique naturelle, à l’entrée du port.
Nous avons examiné attentivement les lieux et nous avons reconnu que le point désigné était le seul sur lequel une construction de ce genre pourrait être élevé dans des conditions économiques. Nous avons en outre consulté les marins du pays sur la nature et la direction des ouvrages qui leur paraissaient principalement nécessaires pour favoriser leur industrie et assurer leur sécurité.
Ceux-ci nous ont fait connaître qu’un môle améliorerait la situation actuelle, mais que l’établissement d’une cale facilement accessible était beaucoup plus urgent et qu’à la rigueur, pendant le mauvais temps, ils pourraient se réfugier au fond de l’anse mais qu’ils n’avaient pour accoster aucun point de débarquement. »
Une première solution, consistant à réaliser une cale et un môle adossés l’un à l’autre, avec un déroctage de 2000 m3, a été abandonnée. Les raisons :
un résultat incomplet car ce projet ne permettrait, à mi-marée, que d’accueillir 100 barques (1/3 de celles qui fréquentent le port)
la dépêche ministérielle qui recommande de restreindre autant que possible la dépense.
L’ingénieur présente son nouveau choix :
« Nous nous sommes arrêtés à une nouvelle disposition plus économique qui, tout en donnant satisfaction aux besoins les plus pressants, a en même temps l’avantage de ne pas engager l’avenir. L’avant-projet que nous présentons ne conserve que la cale et le chemin d’accès. »
Le chemin envisagé devrait mesurer 81m de long et 6,35 m de large avec une première partie horizontale, la deuxième en pente pour rejoindre la cale. Il sera situé à 50 cm au-dessus du niveau des plus hautes mers d’équinoxe.
Sur demande des marins, pour éviter le ressac violent que produiraient les vents dominants, la cale fera un angle de 30° avec le chemin, dirigée vers l’est à l’intérieur de la crique. Longue de 50 m et large de 5,50 m, elle sera en pente ; sa partie la plus basse sera à 0,50 m au-dessus du niveau des plus basses mers de vives eaux. Il a paru inutile de la prolonger au-delà de la limite adoptée, le fond étant à peu près horizontal sur toute la longueur de la passe.
Un escalier est disposé au point de raccordement du chemin d’accès et de la cale ; il a 2 m de largeur et est formé de 19 marches de 020m. Les déroctages exécutés dans l’intérieur de la crique et dirigés de manière à faciliter l’accostage de la cale et de l’escalier et à assurer un mouillage sûr et commode aux barques à l’abri des ouvrages.
Par rapport au précédent avant-projet, seule une partie de la cale est construite en pierres sèches (murs intérieurs). L’extérieur et la partie qui pourra être immergée seront maçonnés avec du mortier. La surface supérieure sera couverte d’un pavage maçonné.
Toutes les maçonneries (tablettes, pavages et parements) sont faites avec des moellons provenant des déroctages.
Il faudra encore attendre un an la décision ministérielle (22 juin 1869) et (enfin) la construction en 1870 de cette cale qui est restée dans la mémoire des vieux guilvinistes sous le nom de Kal Kozh, enfouie sous le terre-plein lors de la construction de la criée à la fin des années 1950.
Mais, malgré cette amélioration, d’autres besoins auxquels il est essentiel de donner satisfaction, se font sentir : il s’agit de permettre de débarquer le poisson aussitôt que possible après le flot, puisqu’il doit être expédié à heure fixe par le chemin de fer. S’il arrive trop tard, il est perdu ; la cale actuelle est (déjà) complètement insuffisante pour atteindre ce but.
Doc AD 29

Situation de la pêche au port de Guilvinec en 1868

A l’occasion du troisième épisode du feuilleton « Cale de débarquement », les ingénieurs des Ponts et chaussées font le point sur l’évolution de la pêche au port du Guilvinec depuis 1860 :
Jusqu’ici, l’Etat n’a rien fait pour le Guilvinec : seuls quelques déroctages et une petite cale en pierres sèches ont été approuvés en 1866 malgré l’importance qu’a prise ce port qui est devenu le port de la pêche au maquereau.

Le Guilvinec qui, il y a dix ans, renfermait seulement une dizaine de barques, et qui, par les conditions peu favorables qu’il présentait, paraissait ne devoir jamais être appelé à un avenir brillant, est devenu une des stations de pêche les plus importantes des côtes de France.
Le mouvement actuel a commencé vers 1860 et, depuis cette époque, s’est rapidement accru. Dès que le maquereau est signalé, plus de 300 bateaux de Concarneau, de l’Île Tudy, d’Audierne et de Douarnenez viennent s’accumuler en quelques jours dans cette petite crique et, pendant plus de trois mois, y stationner d’une façon continue.

2500 hommes chaque jour doivent sortir du port et y entrer à peu près au même moment et, pour embarquer de vastes filets, décharger des quantités de poissons souvent énormes, ils sont réduits à accoster sur une côte hérissée de rochers avec la plus grande difficulté, en perdant un temps précieux par suite de la nécessité d’arriver à la gare à heure fixe en courant de sérieux dangers.
Cette année, durant une semaine, il a été expédié chaque jour du Guilvinec pour Paris, de 70  000 à 100 000 kg de maquereaux et les sommes payées sur place ont avoisiné 1 000 000,00 fr.

Ce sont donc des intérêts très sérieux qu’on a à desservir : l’établissement de deux feux sera un véritable bienfait pour les marins, mais il ne suffit pas de montrer aux bateaux la route à suivre pour rentrer au port ; il faut leur fournir les moyens de se livrer avec sécurité et commodité à leur industrie : c’est là le rôle des ouvrages que nous proposons aujourd’hui. Si le mouvement actuel se continue, il est probable qu’il faudra bientôt les augmenter et créer un abri : quoique incomplets, ils réaliseront toutefois une grande amélioration et permettront de faire cesser, au moins pour quelque temps, les plaintes très vives qu’ont élevées les marins du pays.

1858 Les marins-pêcheurs et l’eau-de-vie

Le Commissaire de l’Inscription maritime à Quimper, en décembre 1858, constatant « l’ivrognerie, l’abus de l’eau-de-vie, l’une des causes premières de la ruine et de la misère » des marins-pêcheurs, adresse une circulaire à ses adjoints des sous-quartiers de Douarnenez, Concarneau et Audierne afin d’enquêter sur les droits d’entrée de l’alcool, taxe encore connue sous le nom de « droits d’octroi », qui entrent pour la plus grande partie dans les caisses de l’Etat, le reste étant à la disposition des communes.
Partant du constat qu’ils « sont arrivés à boire une telle quantité qu’elle doit avoir une influence funeste pour leur santé et leur intelligence », le Commissaire recommande à ses adjoints « d’étudier sérieusement les habitudes de nos marins et de rechercher, aux points de vue physique et moral, les résultats qui sont occasionnés par une trop grande consommation d’alcool. »
Il pointe également du doigt le nombre considérable de cabarets ainsi que la baisse du prix de vente au détail de l’alcool.
Les retours de l’enquête concernant Douarnenez – Tréboul et Concarneau nous donnent des chiffres très parlants quant à la consommation alcoolique.
En 1858, on a absorbé 453,24 hl d’alcool pur à Douarnenez (4470 habitants dont 3000 marins-pêcheurs, femmes et enfants de marins) et 70 hl à Tréboul (1200 habitants dont 800 du milieu maritime).
A Concarneau, 2352 habitants dont 1802 appartenant à la classe maritime, 162,32 hl d’alcool ont été présentés à l’octroi la même année.
Si, par exemple, on évalue à 1500 le nombre de marins-pêcheurs (marins adultes et novices) à Douarnenez et si on considère qu’ils consomment l’essentiel de l’alcool comptabilisé ci-dessus, on obtient une quantité par personne et par an comprise entre 30 et 40 l.
Pour être objectif, il faut considérer qu’il s’agit là d’une fourchette haute. Mais, c’est quand même beaucoup si on compare ces chiffres avec la consommation actuelle. En 2012, on évalue à 12 l   la quantité moyenne annuelle d’alcool pur consommée par un français de plus de 15 ans.
Autre conséquence de cette alcoolisation massive des marins-pêcheurs lorsqu’ils sont à terre, l’impossibilité pour eux, outre l’habitude qu’ont les mareyeurs de leur payer en partie leur pêche en eau-de-vie, de conserver quelque économie, de « mettre de côté » un peu d’argent.
Voici le tableau, reflétant en partie la réalité et à la fois caricatural et insultant, que dresse le Commissaire de l’Inscription maritime de Quimper dans sa réponse au Commissaire Général à Brest au sujet des Associations de secours mutuels :
« En réponse à votre lettre en date du 15 décembre dernier, j’ai l’honneur de vous faire savoir qu’il n’existe, dans toute l’étendue du quartier de Quimper, aucune association de secours mutuels ou autres : il y en a une toutefois à Douarnenez, mais qui n’est qu’à l’état de projet, attendu qu’aucun marin n’en fait partie. Je vous adresse un exemplaire des statuts qui régissent cette société.
A Concarneau, Mr Alix a essayé et essaie encore de former une société de secours mutuels, mais jusqu’ici ses efforts sont restés sans résultats. Voici comment il s’exprime pour expliquer les difficultés qu’il rencontre :
1° Le peu d’intelligence des marins ;
2° Leur imprévoyance de l’avenir ;
3° et par-dessus tout, leur penchant à l’ivrognerie, penchant qui prend de jour en jour des proportions telles dans la population qu’il devient à peu près impossible de l’éclairer sur ses véritables intérêts.
Il y a lieu de reconnaître que la majeure partie de nos marins aime mieux dépenser ses épargnes au cabaret que de les déposer, en prévision de l’avenir, dans une bourse commune.
En un mot, l’ivrognerie est la plaie qui les ronge, qui les abrutit moralement et physiquement. Ces malheureux n’ont plus aujourd’hui qu’une idée quand ils ont réalisé quelques gains pendant la semaine, c’est de demander à l’ivresse leur unique récréation et d’y chercher le repos de leurs rudes travaux.
Et plus loin, il ajoute :
L’ivrognerie chez nos bretons n’est pas un défaut facile à extirper, c’est un vice du sang.
Cette opinion de Mr Alix est aussi la mienne et désormais toute position meilleure pour nos inscrits est impossible si l’on n’arrive pas à réprimer l’ivrognerie soit en frappant l’alcool d’un droit très élevé, soit en punissant correctionnellement. »
Pour information, sur un hectolitre d’alcool pur, les droits qui reviennent au Trésor (contributions indirectes) sont de 60 francs et selon les communes, de 4 à 10 francs pour l’octroi. Ces droits servent aussi de variable d’ajustement pour le budget communal : si de gros travaux ou des dépenses importantes sont programmés, le maire aura recours au Préfet pour une demande  d’augmentation de ces droits.
A la même époque, la douzaine de maquereaux est payée au marin de 4 à 10 francs.

Source : SHD Brest 3P2 2, correspondance départ du Commissaire de l’Inscription maritime de Quimper

1919 : GV, un quartier maritime

DÉCRET DU 31 MARS 1919 (extraits)
Création d’une direction de l’Inscription maritime à Quimper
RAPPORT AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
Le projet de décret que nous avons l’honneur de soumettre ci-joint à votre approbation a pour but d’apporter certaines modifications à l’organisation administrative des services de l’Inscription maritime ; il comporte la création d’une direction de l’Inscription maritime à Quimper et le transfert au Guilvinec du siège de l’actuel quartier maritime de Quimper.
L’utilité et même la nécessité de la création d’une direction de l’Inscription maritime à Quimper est un point sur lequel tout le monde est d’accord et qui ne fait plus question. Cette création a été préconisée depuis longtemps déjà et plusieurs fois mise à l’étude. L’idée de grouper sous une même autorité administrative tous les quartiers finistériens (de Morlaix à Concarneau), qui sont presque tous des quartiers d’armement pour les pêches au large, (spécialement à la sardine et au thon) et de distraire ces quartiers de la direction de Saint-Servan qui groupera, de son côté, tous les quartiers armant plus spécialement aux grandes pêches (de Granville à Lannion), paraît intéressante à divers points de vue. Sa réalisation allégera la tâche énorme de la direction de Saint-Servan qui, avec ses dix-sept quartiers de caractères très différents, doit faire face à tous les détails de l’administration de plus de 75.000 inscrits. Elle constituera, d’autre part, un premier pas fait vers une organisation de nos circonscriptions maritimes basée, non plus exclusivement sur les conditions militaires de recrutement et de mobilisation des inscrits, mais sur le caractère économique de chaque région et sur la nature des industries maritimes qui s’y pratiquent.
Par ailleurs, le transfert au Guilvinec du siège de l’actuel quartier de Quimper semble devoir être également une mesure favorable aux intérêts de la population maritime de ce quartier. En effet, alors que Quimper est à une vingtaine de kilomètres de la mer, Le Guilvinec est situé sur la côte même, et le transfert du siège du quartier dans cette localité, qui est un centre important de pêche et est en outre à proximité des principales agglomérations maritimes de la région, aura pour effet de rapprocher l’administration maritime de ses administrés.
Telles sont, Monsieur le Président, les dispositions qui font l’objet du projet de décret que nous avons l’honneur de soumettre ci-joint à votre haute sanction, en vous priant de bien vouloir, si vous en approuvez les termes, le revêtir de votre signature.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’hommage de notre profond respect.

Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, des Transports Maritimes et de la Marine Marchande, CLÉMENTEL.

Le Ministre de la Marine, G. LEYGUES.

Vu le décret du 7 octobre 1902, portant création et organisation d’un corps d’administrateurs de l’Inscription maritime ;
Vu le décret du 18 décembre 1909, portant réorganisation des services administratifs de la Marine, et le décret du 21 mai 1912 modifiant ledit décret ;
Décrète :
ART. 1er.— Il est créé une direction de l’Inscription maritime à Quimper.
Les quartiers maritimes de Morlaix, Le Conquet, Brest, Camaret, Douarnenez, Audierne, Quimper et Concarneau sont distraits de la direction de l’Inscription maritime de Saint-Servan et rattachés à la direction de Quimper.
ART. 2. — Le siège du quartier de Quimper est transféré au Guilvinec.
ART. 6. – Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, des Transports Maritimes et de la Marine Marchande et le Ministre de la Marine sont chargés de l’exécution du présent décret.
Fait à Paris, le 31 mars 1919.

POINCARÉ.
Par le Président de la République :
Le Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, des Transports Maritimes et de la Marine Marchande,
CLÉMENTEL.
Le Ministre de la Marine,
Georges LEYGUES.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-V-39015

ARRÊTÉ DU 13 AOUT 1919
Marques des bateaux du Guilvinec.
Par arrêté en date du 13 août 1919 les bateaux de pêche immatriculés dans l’ancien quartier de Quimper, dont le siège a été transféré par décret du 31 mars 1919 au Guilvinec, devront porter comme marques distinctives les lettres G. V. suivies de leur numéro d’immatriculation.
Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Sciences et techniques, 8-V-39015

Le transfert du quartier et le changement des marques d’immatriculation ne deviendront effectives que le 1er janvier 1920.

Le manoir de Kergoz

A l’entrée du Guilvinec, un quadrilatère de vétustes murailles enveloppe l’ancien manoir de Kergoz, que signale de loin le colombier à calotte de pierre posé au-dessus du portail.
La principale originalité du manoir réside dans ce pigeonnier du XVIème siècle, construit au-dessus du porche de la cour seigneuriale, qui atteste l’appartenance du maître des lieux à la noblesse. La calotte de pierre qui protège le sommet et les boulins par où entrent les pigeons est parfaitement conservée. Cette tour-colombier surplombe les remparts et prend de loin l’apparence d’un donjon, complétant ainsi l’allure de maison forte du manoir.
A l’origine, le manoir de Kergoz exposait aux navires ses fortifications propres à décourager d’éventuels pillards. Par la suite, l’enceinte est devenue une protection contre les curieux et non une fortification, même si l’une des deux tours élève ses créneaux et ouvre ses archères.
La tour ouest, surélevée au XIXème siècle est crénelée et couronnée de mâchicoulis , mais une fenêtre renaissance en montre l’aspect ornemental.
Le bâtiment central est le reste d’une demeure seigneuriale dont la façade, modifiée à la suite d’un incendie, montre de larges ouvertures assez récentes; il possède une porte ogivale ornée d’une accolade fleuronnée et des acrotères sur le toit qui confirment son ancienneté. À l’intérieur, un escalier de pierre en colimaçon monte jusqu’aux combles.
La porte avec pigeonnier et le mur d’enceinte, datés du XVIème siècle, sont inscrits aux Monuments Historiques par arrêté du 11 mai 1932.

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Doc Fonds Villard SDAP 29

Kergoz, une seigneurie ancienne

Le seigneur du lieu possède toutes les terres du Guilvinec, fermes et moulins. Le toponyme kozh, vieille demeure, suggère une origine lointaine et des constructions successives sur le même site.
Yves Tanneau liste les diverses mentions faites dans plusieurs documents anciens évoquant Kergoz et ses propriétaires :
En 1380, d’après Ogée, dans son « Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, plusieurs manoirs existent à Plomeur. L’un d’eux, noté « Kercoez », serait l’édifice primitif établi à cet endroit.
En 1426, on retrouve un manoir de Kergoz appartenant à Alain Pénanlen (Réformation des terres nobles).
En 1481, un seigneur de Kergoz se présente à la revue de la noblesse de l’Evêché de Cornouaille ; il s’agit de Jehan Bennélen.
En 1536, les seigneur et dame de Kergoz se nomment Christophe de Kermoguer et Susette Kergoët (aveu au roi pour cette terre).
En 1645, Guy Autret de Missirien habite « l’hermitage de Kergoz » et y tient son « ménage d’été ». Il vend sa propriété en 1653 à Prigent de Kerlech, sieur de Kergadio. Kergoz passe ensuite à Hamon le Jacobin, sieur du Dourdu en Plougoulm, sénéchal de Léon (1670), puis à la famille de Derval (1693) jusqu’à la Révolution.
Pendant la Révolution, la famille de Derval y vit de ses terres à la belle saison. Le fils, Joseph, officier dans l’armée royale, émigre en Angleterre puis débarque à Quiberon (Morbihan) avec un corps expéditionnaire. Arrêté par les troupes républicaines de Hoche, il est fusillé. Le manoir reste propriété noble jusqu’en 1795, avant d’être vendu avec ses dépendances comme bien national à Y. Daoulas, armateur et négociant.
Le manoir est devenu propriété communale en date du 15 mars 1949.

Sources :
Yves Tanneau « Plomeur dans l’Histoire » CRBC D – 01453 – 01 et 26
Yves Tanneau Revue « Dialogue » mai 1975
http://fr.topic-topos.com/patrimoine-le-guilvinec
http://www.monumentum.fr/manoir-kergoz-pa00089991.html
Pierre-Jean Berrou (site officiel http://www.leguilvinec.com/)
http://www.infobretagne.com/guilvinec.htm

Guilvinec 1880, création d’une commune

Création cne GV 01

Le 6 avril 1880, la commune de Guilvinec est créée. Comme on peut le constater, “Le Guilvinec”, appellation traduite directement du breton “Ar Gelveneg”, nom du village primitif, situé quelque part entre Tal ar Groas et Ruhaor (cf ci-dessous cadastre de Plomeur de 1833), n’est pas la dénomination officielle de la commune. Ceci est confirmé par le site officiel de l’INSEE et par Wikipédia.

 Cadastre Plomeur 1833 Guilvinec

Document AD 29 Conseil Général du Finistère

Guilvinec 1880, naissance d’une commune, préliminaires

12 AOUT 1879
L’an mil huit cent soixante dix neuf, du mois d’août, le conseil municipal de la commune de Plomeur assisté conformément à l’article 42 de la loi du 18 juillet 1837, des plus imposés en nombre égal à celui des membres du conseil municipal en exercice et ne formant qu’un seul corps delibérant, se sont rassemblés au nombre de trente sept au lieu ordinaire des séances du conseil municipal sous la présidence de Monsieur Le Corre, maire de cette commune. Etaient présents : Membres du conseil municipal, Messieurs Le Corre, maire, Jézéquel, adjoint Volant Sebastien, adjoint Souron, adjoint Pape, Bargain, Volant Pierre, Péron, Guéguen, Brun, Tanneau, Le Roux, Larnicol, Quénet, Stéphan Corentin, Tanneau, Gloaguen, Le Cléac’h, Brun, Le Breton, Stéphan Pierre, Le Rhun.
Plus imposés, Messieurs
De Pascal Hippolyte, Corre Mathias, Guirriec Pierre, Tanniou, Allard Justin, Plouzennec Yves, Bec René, Kernaflen Jean-Marie, Diascorn Louis, L’Hénoret Noël, Andro Rolland, Derrien Georges, Quetot Pierre, Coupa Yves, Cariou Jean.
Lesquels forment la majorité et peuvent délibérer valablement en exécution de la loi du 5 mai 1855.
Monsieur le Maire, président du conseil ayant ouvert la séance et fait appel nominal, il a été procédé à l’élection d’un secrétaire en conformité de l’article 10 de la loi précitée. Monsieur Souron ayant obtenu la majorité des suffrages a été désigné pour remplir ces fonctions qu’il accepte.
Ces formalités remplies, Monsieur le Maire a donné lecture de la lettre de Monsieur le Préfet en date du 31 juillet dernier, le priant de soumettre au conseil municipal assisté des plus imposés, les diverses pièces du projet d’érection en commune de la section du Guilvinec, notamment le procès verbal d’enquête et l’avis du commissaire enquêteur, du procès verbal d’enquête des 21, 22 et 23 juillet dernier constatant que 11 habitants de la section du Guilvinec se sont présentés devant Monsieur le commissaire enquêteur et ont demandé que la section entière du Guilvinec fut érigée en commune et que seize habitants de la section de Plomeur ont déclaré accepter la séparation, si la délimitation réclamée par le conseil municipal était adoptée.
De l’avis de Monsieur le commissaire enquêteur proposant d’adopter un tracé qui laisserait à Plomeur les villages de Kersidal et Quélarun et maintiendrait au Guilvinec les villages de Kerléguer, Kerfriant et Prat an Illis.
Monsieur le Maire met aux voix ces propositions qui sont adoptées. Savoir :
1° – La séparation à l’unanimité,
2° – Délimitation des deux communes telle qu’elle est fixée par Monsieur le commissaire enquêteur à la majorité des trente et une voix contre six.
Fait et délibérée en Mairie à Plomeur, les jours, mois et an que dessus.
Le Maire,
Pierre-Jean LE CORRE
Source : http://www.plomeur.com/

CONSEIL GÉNÉRAL DU FINISTÈRE.
Demande d’érection de la section du Guilvinec (Plomeur) en commune
M. Voquer donne lecture du rapport suivant dont les conclusions sont adoptées :
« Messieurs,
Votre Commission des affaires diverses a été saisie de la demande en érection de la section du Guilvinec en commune.
Des documents soumis à l’appréciation du Conseil, il résulte un désir unanime exprimé par le Conseil municipal de la commune de Plomeur et accepté par la population du Guilvinec, d’obtenir cette séparation sollicitée par les deux éléments en présence, l’un essentiellement agricole qui est Plomeur, l’autre ne s’occupant que du produit de la mer, source de ses moyens d’existence.
L’importance du Guilvinec distrait de Plomeur, malgré les grandes difficultés qu’il éprouverait dans le commencement par la construction de ses édifices communaux et autres charges auxquels il sera urgent de pourvoir, laisse espérer qu’elles seront aplanies au moyen de ressources qui seront procurées en raison de la progression de son industrie et de l’augmentation de sa population.
D’après le rapport du commissaire-enquêteur, cette commune se composerait, si le projet est adopté, de onze villages qui sont : le Guilvinec, Pouliguénord, Stancou-Lin, Kerovénec, Moulin de Kergoz, Manoir de Kergoz, Rufoligou, Lanvar, Kerfriant, Kerléguer, plus Prat-an-Ilis, dont le propriétaire, qui n’y demeure pas, a voulu, pour des raisons de peu de valeur et qu’il s’est empressé d’abandonner sur les observations qui lui ont été faites après l’enquête de commodo et incommodo à laquelle il a été procédé régulièrement le 23 juillet dernier, résister à son annexion au Guilvinec. Dans ce cas, il n’était pas possible de faire la séparation des deux communes, puisque la seule église du Guilvinec qui est Saint-Trémeur, est située au milieu des dépendances de Prat-an-Ilis.
Cette création donnera au Guilvinec une population de 1 600 âmes avec l’espoir d’une augmentation rapide, en raison de l’importance de la pêche qui prend de jour en jour une plus grande extension.
Dans sa délibération du 12 de ce mois, le Conseil municipal, assisté des plus imposés, a adopté la délimitation proposée par la Commission syndicale, consultée à cet effet, et indiqué à l’extrait du plan cadastral de la commune de Plomeur, dressé par les soins de M. l’agent-voyer du canton de Pont-1’Abbé et annexé au dossier de cette affaire.
M. le Directeur des Contributions directes, consulté à cet égard, a émis un avis favorable à cette création ; d’ailleurs, le produit des impôts appelé à subir une diminution sur les tarifs des patentes et la taxe des chevaux et voitures pour les deux communes, n’aura d’effet que pour un temps limité à quelques années seulement. Par cette raison, l’accroissement rapide de la population du Guilvinec y ramènera le tarif actuel des patentes et compensera largement le déficit qui aura été éprouvé.
En considération de l’unanimité des intéressés dans l’expression de leur voeu, voulant assurer entre ces populations si différentes de moeurs et d’habitudes, des rapports amicaux de bon voisinage, votre Commission vous propose de voter l’érection en commune de la section du Guilvinec, qui devra prendre pour limites : à partir de l’étang de Saint-Trémeur, la ligne de délimitation serait la même que celle qui existe actuellement entre la section G du Guilvinec et celle de la section F de Kermathéano.
Elle se séparerait de cette dernière au point de rencontre de la route de Saint-Trémeur au bourg de Plomeur, traverserait cette route pour rejoindre, à hauteur du champ Parc-ar-Gloët, le chemin de fréquentation de Méjou Prat-an-Ilis. Elle suivrait ce chemin entre les parcelles marquées au cadastre sous les numéros 149 et 148 d’un côté et 75 de l’autre ; arrivée au Méjou, elle longerait, sur un parcours de 55 mètres, un fossé existant entre les parcelles numéros 73 et 74, passant entre les parcelles 94 d’un côté, 81 et 82 de l’autre, suivant sur une longueur de 160 mètres un sentier passant entre les parcelles 82 et 83 d’un côté, numéros 91, 90, 88, 84, 85 et 86 de l’autre, prendrait ensuite un nouveau sentier perpendiculaire au premier et passant entre les parcelles numéros 36 et 87 d’un côté, et celles numéros 970, 971, 972, 973, 974, 975, 976 et 978 de l’autre, aboutirait au chemin de Kerfriant à Kerarun, le suivrait sur une longueur de 30 mètres en allant du nord au midi et prendrait ensuite le chemin de Kerfriant à Tréffiagat jusqu’au pont nommé Toul-Car-Bras, situé à l’extrémité Est de la section de Guilvinec. »
Source : BNF Gallica
Finistère. Conseil général. Rapports et délibérations – Finistère, Conseil général. 1879

« Red eo miroud Bro Goz ! »

Bro Goz eo ur vag-chaluter kozh, ur « malamok », eus porzh ar Gelveneg, er Vro Vigouden.
Unan eus ar re ziwezhat. Bet fardet gant Emil Ar C’horr, Per Ar Beg hag ar charpantourien unvanet eus Lechiagat er bloavezh 1975. Echuet e labour pesketañ gant ar vag-se er miz du 2014. Aet eo Bernez Marechal, maestr ar vag, war e leve.

IMG_5499 Bro Goz

« Dao e vefe non pas zistrujañ Bro Goz, eme Jos Coïc, kabiten kozh listri Ifremer ha skrivagner. Gwelloc’h e vefe kas anezhan er vered-bagoù, ba Penn ar Ster, e Lechiagat, e kichen chanter e lec’h ma oa ganet ar vag. »
Dedenet gant istor ar peskerezh hag ar glad, Jos Coïc n’eus c’hoant sevel ur gevredigezh evit lakaat ar raktres-se da vont war-raok.

Pellgomz : 06 67 42 70 27 postel : j.coic@laposte.net