Le manoir de Kergoz

A l’entrée du Guilvinec, un quadrilatère de vétustes murailles enveloppe l’ancien manoir de Kergoz, que signale de loin le colombier à calotte de pierre posé au-dessus du portail.
La principale originalité du manoir réside dans ce pigeonnier du XVIème siècle, construit au-dessus du porche de la cour seigneuriale, qui atteste l’appartenance du maître des lieux à la noblesse. La calotte de pierre qui protège le sommet et les boulins par où entrent les pigeons est parfaitement conservée. Cette tour-colombier surplombe les remparts et prend de loin l’apparence d’un donjon, complétant ainsi l’allure de maison forte du manoir.
A l’origine, le manoir de Kergoz exposait aux navires ses fortifications propres à décourager d’éventuels pillards. Par la suite, l’enceinte est devenue une protection contre les curieux et non une fortification, même si l’une des deux tours élève ses créneaux et ouvre ses archères.
La tour ouest, surélevée au XIXème siècle est crénelée et couronnée de mâchicoulis , mais une fenêtre renaissance en montre l’aspect ornemental.
Le bâtiment central est le reste d’une demeure seigneuriale dont la façade, modifiée à la suite d’un incendie, montre de larges ouvertures assez récentes; il possède une porte ogivale ornée d’une accolade fleuronnée et des acrotères sur le toit qui confirment son ancienneté. À l’intérieur, un escalier de pierre en colimaçon monte jusqu’aux combles.
La porte avec pigeonnier et le mur d’enceinte, datés du XVIème siècle, sont inscrits aux Monuments Historiques par arrêté du 11 mai 1932.

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Doc Fonds Villard SDAP 29

Kergoz, une seigneurie ancienne

Le seigneur du lieu possède toutes les terres du Guilvinec, fermes et moulins. Le toponyme kozh, vieille demeure, suggère une origine lointaine et des constructions successives sur le même site.
Yves Tanneau liste les diverses mentions faites dans plusieurs documents anciens évoquant Kergoz et ses propriétaires :
En 1380, d’après Ogée, dans son « Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, plusieurs manoirs existent à Plomeur. L’un d’eux, noté « Kercoez », serait l’édifice primitif établi à cet endroit.
En 1426, on retrouve un manoir de Kergoz appartenant à Alain Pénanlen (Réformation des terres nobles).
En 1481, un seigneur de Kergoz se présente à la revue de la noblesse de l’Evêché de Cornouaille ; il s’agit de Jehan Bennélen.
En 1536, les seigneur et dame de Kergoz se nomment Christophe de Kermoguer et Susette Kergoët (aveu au roi pour cette terre).
En 1645, Guy Autret de Missirien habite « l’hermitage de Kergoz » et y tient son « ménage d’été ». Il vend sa propriété en 1653 à Prigent de Kerlech, sieur de Kergadio. Kergoz passe ensuite à Hamon le Jacobin, sieur du Dourdu en Plougoulm, sénéchal de Léon (1670), puis à la famille de Derval (1693) jusqu’à la Révolution.
Pendant la Révolution, la famille de Derval y vit de ses terres à la belle saison. Le fils, Joseph, officier dans l’armée royale, émigre en Angleterre puis débarque à Quiberon (Morbihan) avec un corps expéditionnaire. Arrêté par les troupes républicaines de Hoche, il est fusillé. Le manoir reste propriété noble jusqu’en 1795, avant d’être vendu avec ses dépendances comme bien national à Y. Daoulas, armateur et négociant.
Le manoir est devenu propriété communale en date du 15 mars 1949.

Sources :
Yves Tanneau « Plomeur dans l’Histoire » CRBC D – 01453 – 01 et 26
Yves Tanneau Revue « Dialogue » mai 1975
http://fr.topic-topos.com/patrimoine-le-guilvinec
http://www.monumentum.fr/manoir-kergoz-pa00089991.html
Pierre-Jean Berrou (site officiel http://www.leguilvinec.com/)
http://www.infobretagne.com/guilvinec.htm